Bruxelles, 28/04/2009 (Agence Europe) - La Commission européenne adopte, ce mercredi 29 avril, une communication et un rapport consacrés au défi du vieillissement démographique dans le contexte de la crise économique et financière. Les enjeux économiques, budgétaires ou sociaux liés au vieillissement de la population européenne ont été examinés à plusieurs occasions par le passé, mais la récession actuelle coïncide avec l'arrivée vers l'âge de la retraite de la première cohorte de baby boomers et les effets du vieillissement commencent à se faire sentir. S'il existe une fenêtre d'opportunité d'environ 10 ans pour adopter les réformes nécessaires et faire face à ces enjeux, la situation économique actuelle ne doit surtout pas conduire à l'inaction, plaide la Commission. L'Europe ne peut se permettre de connaître « une décennie perdue » dont le coût pourrait s'élever à 10% du PIB par habitant d'ici 2020, ferait exploser la dette publique et compromettrait son adaptation aux besoins d'une société vieillissante, ajoute la communication.
Des défis similaires mais un constat différencié par État membre. D'ici 2060, la population totale de l'UE devrait être environ la même, mais elle sera bien plus vieille. Le ratio de quatre personnes en âge de travailler (entre 15 et 64 ans) pour une personne en âge de la retraite (65 ans et plus) passera à deux pour une seulement. La productivité sera le principal facteur de croissance économique, dont le niveau potentiel déclinera fortement au sein de l'UE, avec d'importantes différences selon les pays. Dans le même temps, le poids des transferts et services en faveur de la population vieillissante augmentera de manière significative pour les finances publiques des États membres. L'impact budgétaire du vieillissement démographique sera apparent au cours de la décennie à venir et devrait représenter jusqu'à 4,75 points de pourcentage du PIB en plus d'ici 2060 dans l'UE et plus de 5 points de pourcentage dans la zone euro. Là aussi, certains États membres seront plus touchés que d'autres. Neuf d'entre eux devraient connaître une hausse des dépenses publiques liées au vieillissement de plus de 7 points de pourcentage (Luxembourg, Grèce, Slovénie, Chypre, Malte, Roumanie, Espagne, Irlande et Belgique), huit autres une hausse entre 4 et 7 points (Pays-Bas, Finlande, République tchèque, Lituanie, Slovaquie, Royaume-Uni, Allemagne et Hongrie) et les dix restants de 4 points de pourcentage ou moins (Bulgarie, Suède, Portugal, Autriche, France, Danemark, Italie, Lettonie, Estonie et Pologne). Les réformes déjà menées dans le domaine des retraites, des systèmes de santé et des soins de santé de longue durée ont toutefois contribué à réduire la pression.
Des priorités inchangées en temps de crise. Avec la crise, la première priorité doit consister à mettre en place les politiques qui empêcheront l'UE de s'orienter de manière permanente sur la voie d'une faible croissance des emplois et de la productivité. Les objectifs définis par le Conseil européen de Stockholm en 2001 (- réduire la dette rapidement ; - augmenter les taux d'emplois et de productivité et - réformer les systèmes de pensions, de santé et de soins de longue durée) et ceux inclus dans la communication de la Commission d'octobre 2006 (EUROPE n° 9285): - promouvoir le renouvellement démographique en améliorant les conditions de vie des familles ; - promouvoir les emplois et un allongement de la vie professionnelle de qualité ; - rendre l'Europe plus productive et dynamique ; - recevoir et intégrer les migrants en Europe ; - assurer des finances publiques saines et durables) restent ainsi d'actualité. « Les dommages causés par la crise économique sur les finances publiques rendent d'autant plus important de garder à l'esprit les besoins à long terme de l'UE et de renforcer les réformes structurelles visant à s'attaquer au défi démographique », insiste la communication. La situation actuelle doit donc être vue comme un « temps pour l'innovation sociale », inspirée par les succès et les réformes déjà effectuées dans les États membres.
Une détermination renouvelée dans plusieurs domaines. Action et coordination sont nécessaires, selon la communication, qui propose une feuille de route listant les prochaines initiatives de la Commission dans: - le domaine des retraites, des systèmes de santé et de soins de longue durée. Avec les États membres, elle souhaite continuer à mettre l'accent sur l'efficacité des dépenses sociales dans le cadre du Pacte de stabilité et de croissance, de la méthode ouverte de coordination et plus généralement de la stratégie de Lisbonne (des orientations pour la stratégie post 2010 seront publiées fin 2009). Plusieurs communications sont aussi prévues en 2009 (sur la « viabilité à long terme des finances publiques dans l'UE » et sur « la solidarité dans la santé: réduire les inégalités de santé dans l'UE ») et 2010 (sur l'adéquation et la viabilité des régimes de retraite dans le cadre de la méthode ouverte de coordination
(MOC), sur la manière de développer davantage des soins de longue durée universels, abordables et de haute qualité, ainsi qu'une nouvelle stratégie en matière de handicap suite à l'actuel plan d'action, etc.) ; - le domaine des services financiers et de la fiscalité. L'amélioration du fonctionnement des marchés financiers est essentielle pour soutenir la croissance et l'emploi, mais aussi pour protéger les actifs financiers investis au titre des régimes de retraite complémentaire (2ème et 3ème piliers) et d'assurance maladie complémentaire ; - le domaine de l'éducation, de la formation et de la R&D. La Commission cherchera notamment à améliorer l'identification des besoins en qualifications futurs en vue de promouvoir des systèmes d'éducation et de formation efficaces et équitables. Une communication sur l'évaluation de l'efficacité de l'enseignement supérieur dans les États membres et des mesures destinées à augmenter la productivité est prévue pour 2010. De même, en matière de recherche, une communication sur l'élaboration d'une stratégie renouvelée pour la R&D et l'innovation après 2010 sera présentée d'ici la fin de 2009. Une proposition de recommandation du Conseil sur les maladies neuro-dégénératives (y compris Alzheimer) est également envisagée, ainsi qu'une communication sur l'avenir des transports dans une perspective à long terme (en 2009) et une feuille de route pour la politique énergétique d'ici 2050 (en 2010). (A.B.)