Bruxelles, 17/02/2009 (Agence Europe) - Après Damas, Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne aux Relations extérieures, a entamé, lundi en fin de journée, une visite de travail de deux jours à Beyrouth.
En Syrie, elle a eu des entretiens avec le président Bashar Al Assad, le vice-président Farouk Al Sharaa, le vice-Premier ministre chargé des Affaires économiques Abdullah Al Dardari et le ministre des Affaires étrangères Walid Al Moallem. Ces rencontres ont permis de faire le point sur les relations bilatérales dans l'attente de la signature de l'accord d'association paraphé le 14 décembre dernier et actuellement soumis à l'examen des États membres. La signature devrait avoir lieu courant 2009, a affirmé devant la presse Mme Ferrero-Waldner, sans plus de précisions. Un premier paraphe avait eu lieu en 2004 mais la Syrie avait été mise sur la sellette après l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais, Rafiq Hariri. Il a fallu ensuite adapter le texte avant de mettre la touche finale aux négociations, fin 2008. Tout porte à croire que l'attitude syrienne face à la commission d'enquête internationale après l'assassinat de Hariri et les progrès dans ses entretiens indirects avec Israël, suspendus depuis la crise de Gaza, détermineront la durée de la procédure de signature. Le vice-premier ministre Dardari a espéré une relance de la coopération. La Commission indique qu'elle a consacré, entre 2007 et 2010, des aides d'un montant total de 130 millions d'euros afin de soutenir les réformes économiques, sociales et administratives. Pour 2009, 40 millions d'euros seront consacrés à des mesures visant à promouvoir la décentralisation, à la réforme de la protection sociale et à la modernisation du système de santé. Outre les montants indiqués ci-dessus, la Commission a octroyé, depuis 2007, 60 millions d'euros pour la mise en œuvre de projets destinés à répondre aux besoins des très nombreux réfugiés irakiens en Syrie. La Commissaire a également abordé l'évolution récente de la situation sur le plan régional. Le gouvernement syrien est félicité pour son « attitude constructive » dans l'assainissement de ses rapports avec le Liban et avec Israël. « Je suis heureuse de voir que les autorités syriennes se sont dites prêtes à poursuivre les discussions avec un nouveau gouvernement israélien dès qu'il aura été mis en place », a-t-elle ajouté. De son côté, le président syrien a estimé que l'UE a un rôle accru pour régler les problèmes au Proche-Orient.
Au Liban, le programme de la Commissaire prévoit une rencontre avec le chef de l'État, Michel Sleiman, le président du Parlement Nabih Berri, le Premier ministre Fouad Siniora, le ministre des Affaires étrangères Faouzi Salloukh, et d'autres membres du gouvernement. Mme Ferrero-Waldner a félicité, avant son départ de Bruxelles, le gouvernement libanais pour les progrès réalisés dans la réconciliation nationale et pour les efforts déployés au titre des réformes économiques encadrées par le programme adopté à Paris il y a deux ans. L'intention est également d'offrir au Liban un appui au processus électoral imminent. Des élections législatives auront lieu le 7 juin dans une ambiance politique fiévreuse. 4 millions d'euros ont été mis à disposition pour la réforme du système électoral de 2008 et pour préparer les élections. En 2009, un montant de 43 millions d'euros sera consacré à aider le Liban à réformer son secteur de l'enseignement, à améliorer la gestion des prisons et à poursuivre son action dans le domaine des droits de l'Homme et de la réforme électorale. Une partie de ce montant sera également destinée aux opérations de déminage classées parmi les priorités libanaises. (F.B.)