Bruxelles, 17/02/2009 (Agence Europe) - Javier Solana, le Haut Représentant de l'UE pour la PESC, sera à Minsk ce jeudi 19 février pour un entretien avec le président Alexandre Loukachenko, le Premier ministre Sergueï Sidorski et plusieurs membres de son gouvernement. M. Solana rencontrera aussi l'opposition (notamment son principal dirigeant, Alexandre Milinkevitch) ainsi que des représentants de la société civile. Il s'agit de la première visite d'un Haut représentant de l'UE au Bélarus depuis 1997 quand le Conseil avait gelé l'accord de partenariat et de coopération (signé en 1995 mais jamais entré en vigueur) et suspendu le dialogue politique avec le régime Loukachenko devenu autoritaire.
La visite de M. Solana confirme la poursuite de la politique de « dégel » entamée par les Vingt-sept en octobre dernier quand - en réponse à certaines améliorations sur le plan des droits de l'Homme et de la démocratie (libération de tous les prisonniers politiques, admission d'observateurs internationaux lors des élections législatives) - le Conseil a décidé de suspendre pour six mois, jusqu'en avril 2009, l'interdiction de visa contre les principaux dirigeants bélarusses, y compris le président Loukachenko (EUROPE n°9760). Le message politique attaché à cette décision du 13 octobre 2008 était clair: si les autorités de Minsk poursuivent sur la voie de l'ouverture démocratique et du respect des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, l'UE est prête à revoir ses relations avec le Bélarus, jusqu'à l'inclure dans la politique européenne de voisinage (PEV) et dans le futur « Partenariat oriental » destiné à renforcer la dimension orientale de la PEV.
C'est exactement ce message que Javier Solana transmettra jeudi au président Loukachenko. « Il y a une opportunité de relancer nos relations. L'UE est prête à avancer sur cette voie mais il faut que les autorités biélorusses poursuivent une politique d'ouverture démocratique » en respectant les libertés fondamentales y compris la liberté d'expression et les droits de l'opposition, explique un diplomate européen. Depuis octobre dernier, de nombreux contacts ont eu lieu à différents niveaux pour préparer le terrain pour une reprise du dialogue politique et une coopération sectorielle accrue: des visites diplomatiques à Minsk, deux rencontres entre la troïka de l'UE et le ministre des Affaires étrangères Sergueï Martinov, un entretien téléphonique Solana/Loukachenko, etc.. A Bruxelles, on note aussi avec satisfaction l'attitude « exemplaire » du président Loukachenko lors de la récente crise de gaz entre la Russie et l'Ukraine (il n'y a eu aucune coupure du transit vers l'Europe à travers le Bélarus). « Maintenant, il doit continuer à nous convaincre, par des actes concrets, qu'il veut réellement changer les choses » et rapprocher son pays de l'UE, dit encore le diplomate européen. Deux récompenses importantes pourraient attendre le Bélarus. D'abord, les sanctions en place contre ses dirigeants (interdiction de visas et gel des avoirs) pourraient rester suspendues, voire même être entièrement levées à l'occasion de la prochaine révision prévue au Conseil « Relations extérieures » en avril. Ensuite, politiquement plus important, le Bélarus pourrait être invité à intégrer le Partenariat oriental que l'UE lancera le 7 mai lors d'un sommet des chefs d'État et de gouvernement à Prague. Aucune décision n'a encore été prise quant à la participation éventuelle de M. Loukachenko à ce sommet, a expliqué mardi la Présidence tchèque de l'UE. Elle attendra la discussion au Conseil en avril avant de dresser la liste définitive des invités. (H.B.)