Bruxelles, 17/02/2009 (Agence Europe) - Le Parlement européen, qui se réunit en mini-session, examine, mercredi 18 février à Bruxelles, le rapport sur l'UpM (Union pour la Méditerranée) dont le rapporteur Pasqualina Napoletano (PSE, Italie) souligne qu'il a fait l'objet d'un très large consensus, en décembre 2008, en commission des Affaires étrangères. Cet examen, qui sera scellé par un vote en session jeudi 19 février, devait avoir lieu en janvier mais il a été reporté en raison de la situation à Gaza. Il y a eu depuis « un accord avec tous les groupes politiques du Parlement européen pour ajouter trois nouveaux amendements, qui tiennent compte de la nouvelle situation dans la région et des conséquences du conflit sur l'esprit du partenariat », a indiqué Mme Napoletano dans une interview.
Globalement, le texte proposé au vote conforte la voie suivie pour l'instauration de l'UpM, laquelle « n'affaiblit pas la portée plus large » de la politique euro-méditerranéenne, « en en renforçant la dimension politique et le développement en commun ». « Il importe, suggère le Parlement, de remodeler et d'approfondir considérablement, et en privilégiant les résultats, les relations entre l'UE et les pays méditerranéens ». Ce renforcement devrait partir du « principe de l'égalité entre tous les partenaires et de la valorisation des acquis, mais en tenant également compte des limites et des insuffisances des politiques mises en œuvre jusqu'ici et, notamment, du bilan décevant du processus de Barcelone ». Le projet pointe du doigt « les limites de la politique de voisinage (...) qui, en privilégiant les relations bilatérales, s'avère déséquilibrée et incapable de contribuer à un processus commun de réformes significatives dans la région ». Il souligne positivement le fait que l'UpM englobe tous les États membres de l'UE et qu'elle ait été « promue dans le cadre des institutions européennes ». Le texte propose de renforcer le caractère paritaire décidé par la conférence ministérielle de Marseille, en novembre dernier. Il demande le renforcement de la dimension parlementaire ainsi que l'implication des collectivités locales et des sociétés civiles. Il demande que l'accent soit davantage mis sur les droits de l'Homme et la promotion de la démocratie dans lesquels « aucun progrès substantiel » ne serait noté. Il comporte par ailleurs la recommandation de prêter plus attention aux politiques migratoires comme au « dialogue entre civilisations ».
Au plan économique, le projet conforte l'orientation en cours mais estime « nécessaire d'évaluer et de tenir compte systématiquement de l'impact social des processus de libéralisation, notamment en termes de sécurité alimentaire». La création d'une banque euroméditerranéenne est soutenue et le recours aux financements communautaires devra se faire, selon les parlementaires, en sus des apports des pays membres et du secteur privé. « Il convient d'adopter la formule des 'pactes de programmes', qui, à partir du principe de subsidiarité, définissent clairement les responsabilités des divers niveaux institutionnels sur le plan du financement, de la gestion et du contrôle », recommandent les eurodéputés. Dans l'ensemble, le projet de résolution, qui appelle à la consolidation de l'acquis, conforte la voie suivie et ne comporte que peu de réserves, si ce n'est au plan des structures: la conviction étant que « le caractère intergouvernemental ne suffit pas pour aborder l'ensemble des relations politiques entre les pays de la région euro-méditerranéenne ». Les parlementaires affirment également qu'il est « indispensable de ne pas multiplier ni superposer les instruments, politiques et niveaux institutionnels déjà existants et de garantir la cohérence de l'ensemble du système des relations euro-méditerranéennes ».
L'important à noter serait que cet examen en plénière a lieu, au terme d'un processus interne de consultations de différentes commissions parlementaires (commerce international, institutionnelle, droits de la femme, en particulier). Mais il intervient dans un contexte doublement difficile, celui né de la situation à Gaza et de la quasi-mise en veilleuse du dialogue en raison du boycott du groupe arabe qui a affecté toutes les réunions depuis janvier en gelant le calendrier. La vie propre de l'UpM semble affectée par le doute. La parité instaurée entre les deux groupes de pays ne semble pas être, selon des sources concordantes, correctement pratiquée au sein de chacun de ces groupes. La co-présidence égyptienne est critiquée, de manière feutrée jusqu'à présent. La co-présidence européenne, assurée par la France, est invitée à plus de transparence. Mais on sait déjà, selon des sources sûres, que la Suède, présidente en exercice au second semestre de l'année, ne reprendra pas à son compte l'accord tacite conclu par Paris et Prague pour une sorte de délégation de pouvoirs non institutionnalisée. (F.B.)