Bruxelles, 10/11/2008 (Agence Europe) - Réunis au lendemain du Sommet régional de Nairobi sur les moyens d'une solution négociée à la crise dans l'est de la République démocratique du Congo, aussitôt suivi d'une reprise des combats entre les forces gouvernementales et les rebelles du général Laurent Nkunda, les ministres des Affaires étrangères des 27 ont réitéré, le 10 novembre à Bruxelles, leurs préoccupations les plus vives face à la recrudescence du conflit armé entre forces gouvernementales et rebelles et à leurs graves conséquences humanitaires (EUROPE n° 9778). Informé par Bernard Koucher, président du Conseil, des efforts diplomatiques déployés par l'UE, et débriefés par le Commissaire Louis Michel sur les résultats du sommet de Nairobi, les 27 ont unanimement salué l'implication directe de la diplomatie africaine dans la résolution du conflit dans le Nord Kivu par une solution négociée. Car c'est bien à la résolution politique du conflit dans le cadre existant des accords de Nairobi I et de Goma que l'UE donne la priorité, l'engagement de troupes européennes n'étant manifestement pas à l'ordre du jour. Force est de constater que les volontaires pour répondre à l'appel du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à 3000 soldats supplémentaires pour renforcer les rangs de la MONUC (17 000 hommes actuellement), ne sont pas légion. Bernard Kouchner l'a reconnu, à l'issue de la session.
« Nous avons eu une discussion difficile sur la RDC. Nous sommes tous devant de belles difficultés de choix et de sinistres restrictions qui nous sont imposées», a déclaré M. Kouchner à la presse, en précisant « à un moment donné, les capacités européennes ne sont pas suffisamment disponibles. Il faut un renforcement de la PESD ». En dépit des efforts diplomatiques déployés, « la situation continue de se dégrader. C'est un vrai crève-cœur. Les camps de déplacés ne cessent d'augmenter. Les conditions y sont de plus en plus difficiles. Nous en avons conclu que la solution doit être politique et qu'il faut donner la priorité à la Monuc », a précisé le Président en exercice. Répondant aux journalistes, Bernard Kouchner a reconnu que les États membres sont « réticents, voire négatifs » à l'idée d'envoyer des troupes. « Qu'est-ce qu'une armée, même entraînée pourrait faire ? Nous sommes dans une configuration où tout est mélangé, où différents groupes rebelles et l'armée nationale participent à des exactions ». M. Kouchner juge « très difficile de convaincre les gens de s'engager dans un temps très court dans une situation qui dure depuis quatorze ans ». Le ministre belge Karel de Gucht a annoncé que 1 200 soldats indiens pourraient peut-être répondre à l'appel. C'est, selon M. Kouchner, « une bonne nouvelle ». Notant qu'au Comité politique et de sécurité de l'UE, le 7 novembre, toutes les options étaient encore évoquées (y compris l'option militaire), M. Kouchner, juge que « tout n'est pas perdu. J'ai dit qu'on pourrait trouver une contribution européenne utile » pour sécuriser certaines zones et faciliter ainsi la distribution d'aide humanitaire.
Dans ses conclusions, le Conseil appelle au renforcement de la coopération entre l'UE, ses États membres et la MONUC, et souligne l'importance des débats à venir sur le renouvellement du mandat et le renforcement des capacités d'action de la MONUC. L'Union européenne est engagée à travailler conjointement avec la conférence internationale sur la région des Grands lacs et l'Union africaine à la stabilisation de la situation dans l'est de la RDC, souligne le Conseil. (A.N.)