Bruxelles, 10/11/2008 (Agence Europe) - La voie est libre pour la reprise des négociations entre l'UE et Moscou sur un nouvel accord renforcé, en dépit de l'opposition de la Lituanie. À quatre jours du sommet UE/Russie qui se tiendra le 14 novembre à Nice, 26 des 27 ministres des Affaires étrangères de l'UE ont donné lundi leur approbation politique à la relance rapide des pourparlers. La date exacte n'est pas encore connue, mais la Commissaire Benita Ferrero-Waldner a annoncé que la prochaine séance de négociation avec les Russes devrait être convoquée rapidement après le sommet de Nice et après la prochaine discussion à Genève sur la sécurité en Ossétie du Sud et en Abkhazie, programmée pour le 18 novembre. « Nous sommes tous d'accord, à l'exception d'un pays » pour dire que les négociations doivent être reprises, a déclaré Bernard Kouchner lundi à l'issue du Conseil Affaires générales/Relations extérieures, saluant devant la presse cet « accord quasi général ». Il faut poursuivre le dialogue avec les Russes, « il n'y a pas d'autre alternative », a estimé le président en exercice du Conseil. La négociation avec Moscou sert les intérêts de l'UE et est, à terme, « le seul moyen pour elle de poursuivre ses objectifs, de promouvoir ses principes et ses valeurs et de défendre fermement ses intérêts », a dit M. Kouchner. Lancées le 4 juillet 2008, les négociations avaient été suspendues par le Conseil européen du 1er septembre en guise de protestation contre l'incursion militaire russe sur le territoire de la Géorgie lors du conflit en août. Lundi, M. Kouchner a souligné qu'aucune décision formelle du Conseil n'était requise pour permettre à la Commission de reprendre les pourparlers. Avoir le feu vert de 26 des 27 pays est « assez », a-t-il estimé.
La Présidence française de l'UE estime que la Russie a respecté ses engagements, y compris celui du retrait de ses troupes sur les positions occupées avant le déclenchement de la guerre avec la Géorgie. Cependant, pour rassurer la Pologne et les autres pays récalcitrants (Estonie, Lettonie, République tchèque, Royaume-Uni, Suède), la Présidence française a fait lundi au Conseil une déclaration dans laquelle elle affirme notamment que: - les conclusions du Conseil européen du 1er septembre et des 15 et 16 octobre sur le retrait des troupes russes de Géorgie et la mise en œuvre des accords du 12 août et du 8 septembre restent « pertinentes dans tous leurs éléments, y compris en ce qui concerne l'accès à certaines zones » ; - la Russie doit poursuivre la mise en œuvre de ses engagements et s'impliquer de façon constructive dans les discussions internationales qui se sont engagées à Genève ; - l'UE continuera à soutenir pleinement l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Géorgie ; - l'évaluation de la relation UE-Russie sera poursuivie, notamment à la lumière du comportement russe. Elle sera prise en compte dans la poursuite des négociations du nouvel accord et dans d'autres aspects de la relation ; - la poursuite des négociations sur le nouvel accord ne légitime en rien le statu quo en Géorgie ou les comportements russes (en particulier la reconnaissance de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, Ndlr) contraires aux valeurs et principes de l'UE.
La Commissaire Benita Ferrero-Waldner a salué la « bonne décision » du Conseil. « Reprendre les négociations est dans l'intérêt de l'Union. Maintenant est le bon moment pour le faire », a-t-elle dit. La semaine dernière, la Commission avait déjà plaidé pour la poursuite immédiate des négociations. Pour Mme Ferrero-Waldner, le « très fort » appui politique exprimé lundi au Conseil est suffisant pour aller de l'avant. « Reprendre les négociations ne signifie pas que nous allons être coulants avec la Russie ni que nous acceptons le statu quo en Géorgie », a-t-elle noté. La Commission se tiendra strictement au mandat de négociation (décidé par le Conseil à l'unanimité) qui prend en compte les sensibilités de tous les pays membres, a souligné Mme Ferrero-Waldner. (H.B.)