Bruxelles, 10/11/2008 (Agence Europe) - Réunis le week-end dernier à São Paulo, les ministres des Finances et les banquiers centraux du G20 ont préparé le Sommet de Washington du 15 novembre au niveau des chefs d'État consacré à la réforme de l'architecture financière internationale (voir EUROPE n° 9778). Ils ont adopté une série de principes devant guider l'action visant à garantir la stabilité financière mondiale. Les pays émergents ont revendiqué une meilleure représentation au sein des instances et organisations économiques internationales.
Dans un communiqué, les grands argentiers mondiaux ont estimé que les défis les plus urgents consistaient à résoudre la crise financière de manière durable et à réduire l'impact de cette crise sur l'économie mondiale à travers la prise de mesures coordonnées. Ils s'engagent à jouer un rôle clé dans l'élaboration de mesures qui iront dans ce sens, réduiront la volatilité des marchés et restaureront les niveaux de crédit. Le G20 reconnaît la nécessité d'améliorer la supervision et la gouvernance des institutions financières, d'élargir le Forum sur la stabilité afin d'y inclure les économies émergentes et donner plus de voix à ces économies au sein des institutions de « Bretton Woods », à savoir le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. Il demande aussi à tous les pays de résister à la tentation du protectionnisme et réitère son soutien à une conclusion rapide du cycle de négociations commerciales de Doha.
La veille de la réunion de São Paulo, les quatre principaux pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine) avaient lancé un appel conjoint exposant leur volonté de jouer un rôle accru dans le système financier international. « Les pays émergents sont prêts à assumer les conséquences financières d'une participation plus grande au FMI », avait notamment indiqué le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega. En avril dernier, le FMI a entériné une réforme de son système des quotes-parts et de représentation afin d'accorder une place plus importante aux économies émergentes (voir EUROPE n° 9637 et n° 9642). Celles-ci estiment que la réforme, que le Congrès américain n'a pas encore ratifiée, ne va pas suffisamment loin. (M.B.)