Vichy, 04/11/2008 (Agence Europe) - À l'issue d'une réunion des ministres européens responsables de l'intégration, qui s'est tenue à Vichy, les 3 et 4 novembre, le ministre français de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement, Brice Hortefeux, a annoncé qu'il allait promouvoir une « boîte à outils » destinée à faciliter l'intégration des nouveaux immigrés. Ces outils sont destinés à servir trois priorités: l'apprentissage de la langue, le respect des valeurs et l'accès à l'emploi. Cette réunion, à laquelle quatorze pays de l'UE étaient représentés par leurs ministres chargés de l'Intégration, et treize par des fonctionnaires des ministères, a également accueilli des représentants de la Suisse et de la Norvège.
La déclaration finale identifie des « engagements et suites à donner à la conférence ministérielle »: - informer les immigrants nouvellement arrivés, selon les modalités propres à chaque État membre ; - faire connaître le site web de la Commission relatif à l'intégration, qui sera inauguré en mars 2009 ; - soutenir, selon leurs propres règles, les principales étapes et dimensions du parcours d'intégration des immigrants que les pays accueillent ; - promouvoir et valoriser le rôle des associations ; - développer les outils permettant de faciliter l'accès à l'emploi ; - mettre en place des dispositifs incitant à la prise en compte effective de la diversité dans le monde du travail et renforcer les dispositifs d'information.
« Nous sommes partis du constat qu'en Europe, les politiques d'intégration ont globalement toujours été un échec », avait estimé Brice Hortefeux en ouvrant la réunion. Et le ministre de poursuivre: « Nous sommes différents et pourtant nous rencontrons tous les mêmes difficultés et les mêmes défis ». Il a appelé ses homologues à faire preuve d'« humilité » devant des systèmes d'intégration nationaux « à bout de souffle ».
Au cours de la réunion, le président de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen, Gérard Deprez (ADLE, belge), a notamment souligné l'importance d'utiliser les moyens déjà disponibles pour favoriser l'intégration des immigrés, comme le Fonds européen pour l'intégration, doté d'un montant global de 825 millions d'euros pour la période 2007-2013, et créé par le Conseil en juin 2007. « Ce fonds souffre d'un démarrage potentiellement laborieux », a-t-il souligné devant les ministres avant d'ajouter: « À ce jour, le taux d'engagement des crédits de paiement est inférieur à 10%. Les crédits disponibles pour 2008 viennent d'ailleurs d'être amputés de 15 millions d'euros suite à une proposition de virement de la Commission ». Par ailleurs, il a estimé que « l'adhésion à l'Union fonctionne comme une pompe aspirante en matière d'immigration ». Autrement dit, tous les pays européens sont touchés par ce phénomène.
Le commissaire à la Justice, la Liberté et la Sécurité, Jacques Barrot, a pour sa part prôné le développement de modules européens communs pour l'intégration et l'évaluation des politiques d'intégration, pour « mener à bien l'élaboration de programmes d'intégration dans toute l'Europe ». Il a aussi plaidé pour la « mise au point d'indicateurs et de méthodes d'évaluation ». « La capacité de collecter d'analyser et de diffuser des informations relatives à l'intégration doit désormais être renforcée plus systématiquement », a-t-il souligné.
La réunion de Vichy est la troisième du genre, après celles de Groningue (Pays-Bas), en 2004, et de Potsdam (Allemagne) en 2007. La prochaine conférence de l'intégration devrait avoir lieu sous présidence espagnole, au premier semestre 2010. (L.B.S.)