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Bulletin Quotidien Europe N° 9775
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/eurogroupe

L'Eurogroupe pose les jalons menant à la définition d'un cadre général pour des actions nationales de soutien à l'activité économique

Bruxelles, 04/11/2008 (Agence Europe) - Réunis à Bruxelles lundi 3 novembre au soir, les ministres des Finances de la zone euro ont repris à leur compte les prévisions économiques pessimistes que la Commission européenne avait présentées plus tôt dans la journée (voir EUROPE n° 9774). Ils se sont interrogés sur l'opportunité de définir un cadre général dans lequel s'inscriraient des mesures nationales de soutien à l'activité économique qui seraient plus portées sur une politique d'investissement que sur des aides à la consommation.

« Les ministres des Finances sont d'accord avec les prévisions de croissance de la Commission » pour la zone euro et pays par pays, a déclaré le président de la zone euro, Jean-Claude Juncker. C'est une « quasi-certitude », la croissance moyenne des quinze États membres ayant adopté la monnaie unique sera de « 0,1% en 2009 », a-t-il ajouté, en remarquant également « un très net ralentissement » de l'emploi en 2009 par rapport à cette année. Il a en revanche accueilli favorablement les prévisions relatives à l'inflation, qui atteindrait en moyenne 2,2% l'année prochaine contre 3,5% en 2008, retrouvant ainsi un niveau « proche du canal creusé par la Banque centrale européenne ». Face à la diminution des risques pesant sur l'inflation tels que le prix élevé du baril de pétrole, la BCE pourrait décider, jeudi 6 novembre, de baisser ses taux d'intérêt.

Face à un contexte économique marqué par une grande incertitude, la situation budgétaire se détériorera en 2009, sept États membres (parmi lesquels France, Italie, Lettonie, Roumanie) devant en effet dépasser le seuil des 3% de déficit public inscrit dans le Pacte de stabilité et de croissance (PSC). « L'heure n'est pas venue de s'engager dans une spirale déficit/endettement/hausse de la fiscalité », a averti M. Juncker. Il a insisté sur la nécessité pour les États membres de respecter les objectifs de retour à l'équilibre des finances à moyen terme. Il a admis qu'au cas par cas les dates de résorption du déficit seraient repoussées après 2010, mettant officiellement un terme aux lignes directrices fixées en 2007 à Berlin. Et le président de l'Eurogroupe de marteler: « Nous ne comptons pas assouplir les règles du Pacte. Nous allons appliquer tout le Pacte, rien que le Pacte ». Révisé en 2005, le PSC autorise une certaine flexibilité dans le calendrier d'ouverture d'une procédure de déficit excessif et dans la programmation d'un retour à l'équilibre des finances publiques. Cette flexibilité s'appliquera surtout aux États membres, comme l'Allemagne, qui disposent d'« une marge de manœuvre » budgétaire dégagée en période de croissance, a souligné le Commissaire Joaquín Almunia chargé des affaires économiques, en fixant quatre éléments à prendre en compte pour en bénéficier: la mise en place de trajectoires budgétaires durables, l'existence d'une marge de manœuvre, des réformes structurelles ambitieuses et l'adoption de mesures ciblées et temporaires.

Que faire au niveau européen pour soutenir l'activité économique ? « Nous ne pensons pas qu'il faille un plan de relance généralisé » mais que des « mesures ciblées et de court-terme » peuvent être prises, a réitéré M. Juncker. Le Premier ministre luxembourgeois a lancé un appel solennel aux banques: les garanties publiques n'ont pas été accordées pour « la beauté des yeux » des banquiers mais impérativement pour financer l'économie réelle. La hausse cumulée des déficits budgétaires pour 2009 équivaut à « un stimulus fiscal significatif » et équivalent à « la moitié du budget communautaire » (soit 50 milliards d'euros), a observé M. Almunia. Il a souligné l'importance de coordonner au niveau européen l'action des États membres afin d'optimiser les effets de ce stimulus qui pourrait permettre d'accélérer les réformes, d'investir dans les infrastructures (ex: réseaux transeuropéens, interconnexion des réseaux énergétiques), de venir en aide aux catégories de population les plus fragiles et d'épauler les petites et moyennes entreprises. Dans la lignée de sa récente communication (voir EUROPE n° 9772) et à la lumière des travaux au Conseil, la Commission présentera, mercredi 26 novembre, des mesures visant à renforcer l'action des États membres.

À ce stade, il ne s'agit pas de passer en revue tous les types de mesures sectorielles qui pourraient être prises au niveau national. Des secteurs tels que l'automobile et l'aviation sont parfois évoqués. « Il faut qu'en décembre, le Conseil européen constate qu'ont été adoptées des mesures ou qu'a été adopté un cadre général dans lequel s'inscrivent des mesures nationales », souffle un diplomate. Mais d'abord, il convient de construire un consensus sur les avantages que procurerait la définition au niveau européen de ce cadre général devant inspirer les États membres dans leur recherche de solution au ralentissement économique. Quant aux mesures qui en découleraient, elles devraient davantage soutenir l'investissement que la consommation.

Une coordination européenne des politiques nationales passe-t-elle par la désignation d'une présidence de l'Eurogroupe au niveau des chefs d'État et de gouvernement ? Il serait « peu utile d'institutionnaliser une réunion à un si haut niveau », a estimé M. Juncker. Il n'est en revanche pas opposé à la convocation de telles réunions lorsque la gravité des circonstances l'exige, comme ce fut le cas lors du premier sommet de la zone euro à Paris début octobre afin de construire un consensus sur les mesures d'urgence à adopter pour mettre fin à la paralysie des marchés financiers. Quant à l'identité de la personne, elle importe « très peu » au président de l'Eurogroupe dont l'humour cachait mal un certain agacement. Avant, le débat théologique portait sur l'organisation d'un Sommet de la zone euro, désormais il porte sur l'identité d'un éventuel président, s'agira-t-il ensuite de débattre d'un futur secrétariat, s'interroge ce diplomate. Qui, pragmatique, ajoute: lorsque les circonstances l'exigeront, « on trouvera un arrangement ». (M.B.)

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