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Bulletin Quotidien Europe N° 9775
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/Économie

M. Juncker s'engage à « tout faire » pour sortir l'Europe de la crise et accepte l'idée de soutenir le secteur automobile

Bruxelles, 04/11/2008 (Agence Europe) - « Mes priorités pour mon troisième mandat à la tête de l'Eurogroupe seront de gérer la crise et de tout faire pour que l'on s'en sorte et que l'on retrouve le chemin de la vertu et de la croissance », a déclaré Jean-Claude Juncker lors d'un bref passage, mardi 4 novembre à Bruxelles, devant la commission parlementaire des affaires économiques et monétaires. Il s'est prononcé contre un vaste plan de relance européen, mais pour une aide des Européens à l'industrie automobile. Jean-Claude Juncker est opposé à une institutionnalisation de l'Eurogroupe au niveau des chefs d'État et de gouvernement (voir autre nouvelle).

Revenant sur les mesures prises en octobre par les pays de l'UE pour gérer la crise financière, M. Juncker a expliqué que l'aide publique en faveur des banques « n'a pas été généreuse sans raison ». « Notre souci n'était pas de faire des cadeaux aux banques mais d'assurer le fonctionnement des marchés financiers et sauver les dépôts des ménages », a dit le Premier ministre luxembourgeois. Il a confirmé que le Pacte de stabilité et de croissance permet une certaine flexibilité en cas de crise, mais cela ne veut pas dire que « tout est permis ». Il ne faut pas « laisser filer les déficits publics », a-t-il martelé.

« On évoque l'idée d'un grand plan de relance, du type keynésien. Tous les ministres sont d'accord pour ne pas s'engager dans une telle démarche », a précisé M. Juncker.

M. Juncker a admis que « nous nous sommes lourdement trompés sur les différentes séquences de cette crise ». La Commission estime que la zone euro est déjà entrée en récession et s'attend à une croissance au point mort (+0,1%) en 2009. « Nous ne pensons pas que le moment soit venu de rester les bras croisés devant le ralentissement conjoncturel, devant la récession qui nous guette et dont nous avions pensé qu'elle ne nous guetterait pas », a-t-il encore dit.

En répondant à José Manuel Garcia-Margallo y Marfil (PPE-DE, espagnol) sur la souplesse du Pacte de stabilité et de croissance, Jean-Claude Juncker a dit: depuis que cet instrument a été « vertueusement » aménagé, un pays peut, en cas de circonstances exceptionnelles, dépasser le seuil de 3% de déficit public. Mais il doit respecter deux limites: ce dépassement doit être « temporaire et rester proche de la valeur de référence ». Proche de cette valeur ne veut pas dire 3,9% ou 4 ou 5%, s'est risqué à commenter M. Juncker. Ensuite, dans son choix de lancer ou non une procédure pour déficit excessif, la Commission analysera si le dépassement est dû aux circonstances exceptionnelles où s'il est causé par des « erreurs politiques ».

Elisa Ferreira (PSE, portugaise) a noté que M. Juncker s'oppose à un vaste plan de relance européen, mais a demandé ce qu'il préconisait pour sortir de la crise. Il faut que les pays de l'UE choisissent dans la boîte à outils les mesures pour stabiliser les marchés financiers et il faut qu'ils choisissent dans une autre boîte à outils les éléments politiques à mettre en œuvre, sans oublier les réformes contenues dans l'Agenda de Lisbonne. Et de rappeler que les gouvernements européens, et notamment ceux qui ont suffisamment de marge budgétaire pour cela, devaient « prendre des mesures ciblées pour que, sur le court terme, nous ne glissions pas vers un stade de récession prononcée, voire vers une véritable dépression ». Parmi les mesures, il a cité des réductions fiscales ciblées pour augmenter le pouvoir d'achat ou le préserver », notamment pour les Européens « les plus vulnérables ».

Olle Schmidt (ADLE, suédois) a demandé au président de l'Eurogroupe d'insister sur les avantages qu'auraient la Suède et le Danemark à rejoindre la zone euro. « Les pays en dehors de la zone euro doivent découvrir que le fait d'appartenir à cette sphère de solidarité présente des avantages, même pour des citoyens danois et citoyens » hostiles à la monnaie unique, a répondu M. Juncker. Les pays doivent être « là où les décisions se prennent », autrement dit au sein de l'Eurogroupe, selon le Premier ministre luxembourgeois, pour qui l'euro est un « élément stabilisateur » en cette période de crise. Cette crise aurait eu de graves conséquences monétaire, économique et en termes d'emplois si « nous avions encore 15 ou 16 monnaies différentes », a tenu à rappeler le président de l'Eurogroupe. Par ailleurs, il s'est prononcé en faveur d'une « solidarité accrue » envers l'Islande, mais ce pays doit respecter les obligations prises par ses établissements financiers.

L'administration américaine a déboursé 25 milliards d'euros pour « remettre les voitures sur les routes » (autrement dit, pour soutenir son industrie automobile). « Il n'est pas pensable, pas raisonnable, que les Européens ne réagissent pas », a dit M. Juncker. « Les Européens ne doivent pas prendre une mesure identique, mais des mesures ciblées vers les secteurs industriels », afin de maintenir « la compétitivité », a-t-il jugé. (L.C.)

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