Bruxelles, 16/10/2008 (Agence Europe) - L'UE et quatorze États du Cariforum ont signé formellement, le 15 octobre à Bridgetown (Barbade), un accord de partenariat économique (APE) préparatoire au libre-échange, donc compatible avec les règles de l'OMC. Un motif de soulagement pour l'UE car, au terme de six ans de négociations, c'est le premier APE complet, du moins du point de vue de son contenu, à être signé avec une région du groupe ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique). Mais Haïti ne l'a pas signé. Ce pays, comptant parmi les moins avancés, bénéficiera de l'accès au marché européen à droits nuls pour la quasi-totalité de ses produits. Le Guyana a laissé planer le doute jusqu'à la dernière minute. Son nouveau gouvernement, qui à la veille de la signature estimait encore qu'un tel accord est contraire à ses intérêts de développement (EUROPE n° 9761), a finalement signé l'accord. Complet, l'APE l'est parce qu'il libéralise progressivement les échanges des marchandises sur une période de 25 ans, mais aussi les échanges dans le secteur des services.
La Commission a salué cet accord comme une occasion de faire de la Caraïbe « un marché attractif pour le commerce et l'investissement, avec des retombées en termes d'opportunités de croissance et de sécurité des investissements ».
Oxfam a réagi à cette nouvelle par la consternation. Luis Morago, chef du bureau d'Oxfam International à Bruxelles accuse l'Union européenne d'avoir « trahi sa rhétorique de développement et manqué à sa promesse d'offrir un arrangement commercial qui place au premier plan les intérêts de développement des pays en développement », et d'avoir exercé des pressions indues sur les pays réticents à signer un accord d'une telle portée ». (A.N.)