Bruxelles, 16/10/2008 (Agence Europe) - Les chefs d'État et de gouvernement de l'UE, réunis jeudi en Conseil européen à Bruxelles, ont convenu de définir au prochain sommet en décembre « les éléments d'une solution et une voie commune à suivre » pour sortir de la crise causée par le « non » irlandais au Traité de Lisbonne. D'ici le Conseil européen des 11/12 décembre, le gouvernement irlandais poursuivra ses consultations en vue de contribuer à l'élaboration d'une perspective de résolution de la situation, est-il stipulé dans les conclusions des dirigeants adoptées le 16 octobre.
Brian Cowen, le Premier ministre irlandais, a confirmé qu'il ferait une proposition de solution en décembre mais il a jugé « prématuré » de spéculer sur la possible issue. « Mon objectif est que nous aurons identifié en décembre les mesures à prendre l'année prochaine », a-t-il affirmé devant ses pairs. Avec l'ambition d'avoir le Traité de Lisbonne en vigueur encore avant les élections européennes de juin 2009, comme le réclame le Parlement européen ? A ce stade, rien ne permet d'espérer que le gouvernement irlandais tentera un second référendum au printemps 2009 pour pouvoir respecter l'échéance de juin. Selon des diplomates, il est même devenu un peu plus évident au sommet que le nouveau traité ne sera très probablement pas en place pour le scrutin européen. Brian Cowen s'est juste dit conscient de la nécessité de clarifier rapidement les choses (Traité de Lisbonne ou Traité de Nice ?), non seulement pour les élections européennes mais aussi pour le renouvellement de la Commission en novembre 2009. « Je suis très conscient qu'il y a des rendez-vous importants dans le courant de 2009 qui nécessitent de la clarté, suffisamment à temps. Nous continuerons à travailler avec nos partenaires afin d'assurer que nous pourrons mettre fin à l'incertitude qui règne pour l'instant », a-t-il dit.
Nicolas Sarkozy, qui préside actuellement le Conseil européen, a dit mercredi qu'il était prêt à se rendre en Irlande une nouvelle fois pour aider le gouvernement à trouver une issue. « Dans les semaines à venir, j'aurai l'occasion, à la fois sur le plan juridique et sur le plan politique, de faire des propositions et sans doute devrais-je retourner moi-même en Irlande », a dit M. Sarkozy devant la presse. Il a aussi dit espérer que d'ici la fin de l'année, tous les pays membres restants - Suède et République tchèque - auront ratifié le nouveau traité.
Dans sa présentation mercredi soir, M. Cowen a reconnu qu'une renégociation du traité était définitivement exclue. « En même temps, il faut être également clair que nous devons obtenir une réponse satisfaisante aux inquiétudes irlandaises si nous voulons avancer », a-t-il ajouté. Le Taoiseach en a cité quatre: - la future composition de la Commission européenne et la fin prévue du système d'un commissaire par pays ; - la défense et la tradition de neutralité de l'Irlande ; - les « questions éthiques et sociales » (allusion faite à l'interdiction de l'avortement en Irlande) ; - la fiscalité sur les entreprises établies en Irlande. La Présidence française a demandé au service juridique du Conseil de l'UE d'examiner les possibilités permettant de satisfaire l'Irlande sur ces points sans modifier le Traité de Lisbonne.
Pologne. Devant la presse, le président polonais Lech Kaczynski a réaffirmé qu'il ne signerait pas la loi de ratification polonaise du nouveau traité (que le parlement polonais a déjà approuvé en avril) tant que l'Irlande ne l'aurait pas ratifié. « Je signerai le traité volontiers, le moment venu et ce moment viendra lorsque les Irlandais diront oui », a-t-il dit dans un entretien à la télévision TVN24. Le Premier ministre polonais Donald Tusk a annoncé à la presse que Nicolas Sarkozy sera en Pologne (à Jurata, près de Gdansk) le 6 décembre prochain pour convaincre personnellement le président Kaczynski de signer l'acte portant ratification du traité. (H.B.)