Bruxelles, 22/05/2008 (Agence Europe) - Tout en se félicitant de la consultation publique sur l'avenir de la stratégie de l'Union européenne à l'égard des régions ultrapériphériques (RUP), le rapport de Margie Sudre (PPE-DE, France) intitulé « La stratégie de l'UE pour les régions ultrapériphériques (RUP): bilan et perspectives » formule un ensemble de recommandations concernant les principaux domaines d'activités: agriculture, pêche, commerce, transports, centres d'excellence. Le Parlement européen a adopté ce rapport, mardi 20 mai à Strasbourg, avec 592 voix pour, 70 contre et 22 abstentions.
Le Parlement demande principalement que: (1) les interventions de l'UE produisent l'effet d'un catalyseur de l'esprit d'initiative pour développer, à partir des RUP, notamment dans le cadre de partenariats public/privé, des pôles d'excellence en s'appuyant sur les secteurs qui valorisent leurs atouts et leur savoir-faire, tels que la gestion des déchets, les énergies renouvelables, l'autosuffisance énergétique, la biodiversité, la mobilité des étudiants, la recherche dans le domaine climatique ou encore la gestion des crises ; (2) le soutien communautaire à l'agriculture des RUP fasse l'objet de réflexions poussées sur l'identification des enjeux réels, la nécessité d'évoluer vers une autosuffisance locale, le niveau de revenu des agriculteurs, le soutien aux organisations de producteurs pour promouvoir la commercialisation de leurs produits, l'importance de la dimension environnementale et la prise en compte de l'impact de l'ouverture commerciale mise en œuvre par les accords de partenariat économique (APE) et par les futurs accords de libre-échange en cours de négociation avec plusieurs régions d' Amérique latine; (3) les RUP doivent être placées au cœur de la politique maritime de l'Union. Le débat sur cette question doit être axé sur le rôle que peuvent jouer les RUP en matière d'exploitation durable des mers, océans et zones côtières, ainsi qu'en matière de gouvernance maritime internationale ; (4) les moyens de surmonter l'exiguïté des marchés locaux, l'environnement compétitif de plus en plus ouvert, l'accès difficile à des débouchés vers le marché continental européen ou dans leurs zones géographiques respectives, l'amélioration de l'articulation des financements Fonds européen de développement régional/Fonds européen de développement (FEDER/FED) et Fonds européen de développement régional/Instrument de financement de la coopération au développement (FEDER/ICD) pour les projets de coopération avec les pays voisins, soient également des domaines prioritaires de réflexion, de même que la participation effective des RUP aux politiques européennes d'innovation et de lutte contre la fracture numérique, pour garantir le plein accès des populations de ces régions aux médias et aux moyens de communication offerts par les nouvelles technologies, comme par exemple l'accès à l'internet à large bande.
Le Parlement demande en outre à la Commission, au Conseil et aux autres institutions de l'Union concernées d'assurer de manière efficace et adéquate le financement communautaire de la stratégie de l'Union en faveur des RUP dans le futur, et de la compensation des handicaps relatifs à l'ultrapériphéricité.
Par ailleurs, les députés regrettent le désintérêt de prime abord affiché par la DG Commerce pour la prise en compte des spécificités ultrapériphériques lors de la négociation des accords de partenariat économique (APE), et demandent instamment à la Commission de continuer à rechercher des compromis respectueux des intérêts des RUP concernées dans le cadre des accords définitifs qui seront conclus avec les pays ACP. Ils s'inquiètent aussi de certaines mesures proposées par la Commission dans le domaine des transports, particulièrement l'évaluation des besoins spécifiques, ou la prise en compte des externalités environnementales ; ils réaffirment la nécessité d'un traitement différencié pour les RUP sur ce sujet, notamment pour ce qui concerne l'inclusion de l'aviation civile dans le système européen d'échange de quotas d'émission (Emission Trading Scheme, ETS), afin de ne pas remettre en cause les efforts réalisés pour compenser leur déficit d'accessibilité. Ils soulignent également l'importance des services publics pour la cohésion économique, sociale et territoriale des régions ultrapériphériques, notamment dans les secteurs des transports aériens et maritimes, de la poste, de l'énergie et des communications.
En ce qui concerne plus particulièrement les pôles d'excellence, un amendement a été adopté en plénière demandant que les efforts jusqu'ici engagés en direction des RUP soient poursuivis pour « accroître la mise en place de dispositifs locaux de recherche à la hauteur des potentiels, d'une part, et favoriser et aider le développement d'universités attractives, performantes, dotées de réels moyens, et à la hauteur des universités présentes sur les territoires de l'UE, d'autre part », indique un communiqué du PE.
En commentant l'adoption de son rapport par la plénière, Mme Sudre a espéré qu'il contribuerait à la réflexion en vue de l'élaboration d'une meilleure stratégie pour les RUP après 2013. Pour l'élue de la Réunion, cette stratégie devrait « valoriser nos atouts ». Elle a mentionné les énergies renouvelables (solaire, géothermie, etc..), la biodiversité et la recherche agronomique ainsi que le traitement des déchets. En réponse à EUROPE, elle a reconnu que la principale responsabilité dans l'utilisation des crédits européens incombait aux régions ultrapériphériques qui privilégient encore trop souvent des actions qui ne sont pas porteuses de développement ou des « projets pharaoniques » comme la construction d'un tram-train à la Réunion. (G.B./O.J.)