Bruxelles, 22/05/2008 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté, mardi 20 mai à Strasbourg, le rapport d'Anne Van Lancker (PSE, Belgique), sur « les lignes directrices pour les politiques de l'emploi des États membres », par 584 voix pour, 72 contre et 11 abstentions. Ce faisant, le Parlement demande essentiellement aux États membres de poursuivre leurs efforts pour atteindre les objectifs de plein emploi, de qualité des emplois, d'égalité des chances et de cohésion sociale. Il préconise également de concentrer les efforts sur le renforcement de la dimension sociale de ces lignes directrices et sur leur mise en œuvre rapide. Ce vote entérine le travail de la commission de l'Emploi du PE qui, lors de sa réunion du 6 mai dernier, avait amendé le texte de la Commission, suivant en cela les souhaits exprimés par Mme Van Lancker dans son projet de rapport (EUROPE n° 9657 et 9611).
Pour atteindre les objectifs, le PE a notamment amendé le texte comme suit: les États membres doivent: (1) concentrer les efforts sur « le renforcement des lignes directrices pour l'emploi et sur la mise en œuvre prompte et efficace, en accordant une attention particulière aux objectifs qualitatifs et quantitatifs » ; (2) chercher à « favoriser une approche fondée sur le cycle de vie à l'égard du travail, en luttant contre la discrimination fondée sur le sexe et l'âge, en adoptant des mesures pour que la prise en charge d'un proche ne soit pas pénalisée plus tard en termes de prestations de retraite et de sécurité sociale, ou encore en encourageant les travailleurs à prolonger leur vie active s'ils le désirent, retardant ainsi les départs à la retraite ; (3) assurer « l'insertion sociale active de tous et combattre la pauvreté et l'exclusion sociale en garantissant un revenu suffisant et un meilleur accès à des services sociaux de qualité en même temps qu'un meilleur accès au marché du travail grâce à l'augmentation des possibilités d'emploi et de formation professionnelle initiale ou continue » ; (4) accroître les possibilités d'apprentissage tout au long de la vie grâce entre autres à « une réduction maximale du nombre d'élèves en décrochage scolaire pour éviter les sorties sans qualification induisant des risques élevés de chômage ».
Le Parlement a également adopté les objectifs et critères suivants dans le cadre de la stratégie européenne pour l'emploi: (1) « offrir un nouveau départ à tout jeune chômeur avant qu'il atteigne 4 mois de chômage et à tout chômeur adulte avant qu'il atteigne 12 mois de chômage, sous forme de formation, de reconversion ou d'expérience professionnelle » ; (2) « intégrer 25% des chômeurs de longue durée dans un programme de mesures actives d'ici à 2010 » ; (3) « accroître de 5 ans, au niveau européen, l'âge moyen effectif de sortie du marché du travail d'ici à 2010 (par rapport à l'âge moyen de 59,9 ans relevé en 2001) » ; (4) « mettre en place des structures de garde d'enfants, d'ici à 2010, pour au moins 90% des enfants âgés de 3 ans et plus, jusqu'à l'âge de la scolarité obligatoire, et pour au moins 33% des enfants âgés de moins de 3 ans » ; (5) « réduire, au niveau européen, le taux moyen de jeunes abandonnant prématurément l'école à 10% » ; (6) « d'ici à 2010, au moins 85% des jeunes de 22 ans devraient avoir terminé l'enseignement secondaire supérieur » ; (7) « au moins 12,5% en moyenne de la population active au niveau européen (la tranche d'âge entre 25 et 64 ans) devrait suivre un apprentissage tout au long de la vie ».
A l'issue des travaux, le commissaire à l'Emploi, Vladimir Spidla, a noté que la stratégie européenne en faveur de l'emploi a enregistré des résultats tangibles: (1) les taux de chômage et d'emploi sont bien meilleurs actuellement que depuis les années '80 ; (2) la qualité de l'emploi s'est améliorée ; (3) le lien entre inclusion sociale, revenu suffisant et emploi doit être maintenu. L'inclusion active est « une mesure concrète de réaction de la Commission à ce phénomène. La politique d'inclusion doit être bien plus large que ne l'est le marché du travail lui-même ». (G. B.)