Bruxelles, 22/05/2008 (Agence Europe) - La Pologne et la Suède préparent une initiative conjointe en vue de renforcer la « dimension orientale » de l'Union européenne. Les ministres des Affaires étrangères polonais et suédois, Radoslav Sikorski et Carl Bildt, ont l'intention de présenter lundi 26 mai au Conseil Relations extérieures une proposition commune pour un « Partenariat oriental » avec les pays voisins de l'Est. Les Premiers ministres Donald Tusk et Fredrik Reinfeldt tenteront ensuite de faire approuver l'initiative par le Conseil européen des 19/20 juin prochains.
Après la « dimension septentrionale » de l'UE, qui existe déjà depuis 1997, et les récentes propositions de la Commission sur le lancement de l'Union pour la Méditerranée (EUROPE n°9664), la Pologne et la Suède estiment que les pays voisins à l'Est méritent, eux aussi, une attention particulière. « Maintenant que l'UE renforce ses liens avec la région méditerranéenne, nous aimerions qu'elle fasse de même pour les pays de l'Est », soulignent des sources polonaises. Varsovie et Stockholm s'inspirent directement des conclusions du Conseil européen de décembre 2007, qui a demandé aux prochaines Présidences de l'UE de « développer les dimensions tant orientale que méridionale (de la politique européenne de voisinage, PEV) dans un cadre bilatéral et multilatéral, sur la base des communications et propositions pertinentes de la Commission ».
Des diplomates polonais expliquent que le nouveau « Partenariat oriental » comprendrait tous les 27 pays membres de l'UE ainsi que les cinq pays d'Europe orientale actuellement couverts par la politique européenne de voisinage (PEV): Ukraine, Moldavie, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan. Une fois que la situation démocratique se sera améliorée à Minsk, le Bélarus pourrait également s'y joindre. La Russie pourrait aussi être invitée à participer à des projets de coopération spécifique, par exemple à Kaliningrad.
Le nouveau « Partenariat oriental » serait géré et financé dans le cadre de la PEV qui resterait d'application dans sa forme actuelle. « L'intention n'est pas de créer de nouvelles institutions », ni même un secrétariat comme ce sera le cas pour l'Union pour la Méditerranée, « ni de remettre en question la PEV », insistent les Polonais (il est cependant proposé qu'un haut fonctionnaire de la Commission européenne soit nommé « coordinateur spécial » et que des réunions conjointes puissent être organisées à l'avenir). L'objectif est juste de « corriger un certain déséquilibre » dans la PEV qui, aux yeux de Varsovie, permet aujourd'hui des coopérations régionales plus poussées avec et entre les pays du Sud que ce n'est le cas pour les pays voisins d'Europe orientale. « Notre initiative vise surtout à apporter une valeur ajoutée au niveau de la coopération régionale avec et entre les pays d'Europe de l'Est », par exemple dans le domaine de la libéralisation du commerce et du régime des visas, l'environnement, l'éducation ou la culture. Cette coopération régionale renforcée s'ajouterait aux projets bilatéraux que la Commission européenne réalise déjà avec chacun des bénéficiaires de la PEV sur base des plans d'action individuels. Même si Varsovie souhaiterait que l'UE offre une « perspective européenne » tangible à l'Ukraine, la Géorgie et la Moldavie (l'actuelle PEV n'offre pas une telle perspective, Ndlr), le « Partenariat oriental » ne se prononcerait pas sur cette question. (H.B.)