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Bulletin Quotidien Europe N° 9620
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/commission

Débat sur les priorités stratégiques 2009

Bruxelles, 11/03/2008 (Agence Europe) - Le Parlement européen, réuni en séance plénière à Strasbourg, a débattu mardi 11 mars de la « stratégie politique annuelle pour 2009 » que la Commission européenne a présentée le 13 février dernier. Dans ce document, résumé dans EUROPE n° 9602, la Commission annonce pour l'année prochaine une multitude d'initiatives et de propositions dans six domaines: croissance et emploi ; développement durable et changement climatique ; politique d'immigration ; simplifier la vie des citoyens ; l'UE dans le monde ; mieux légiférer ; communiquer avec les citoyens sur l'Europe.

2009 sera une année courte pour José Manuel Barroso et ses commissaires, dont le mandat expirera fin octobre. Ce sera aussi une année particulière pour au moins deux autres raisons: l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne et le renouvellement du Parlement européen (élections européennes). L'année prochaine marquera par ailleurs le 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin et le 5ème anniversaire du « grand » élargissement de l'UE aux dix pays d'Europe centrale et orientale et de la Méditerranée, a rappelé M. Barroso mardi en ouvrant le débat. Il a réitéré la volonté de sa Commission de dialoguer et coopérer étroitement avec le PE en vue de préparer le programme de travail législatif 2009 et de faire des progrès vers une « Europe des résultats, une Europe qui soit au bénéfice des citoyens ».

Pour le groupe du PPE-DE, l'Allemand Hartmut Nassauer a salué les priorités stratégiques de la Commission qui, a-t-il dit, « ont le plein soutien de notre groupe ». Le député du CDU voudrait cependant que l'équipe de M. Barroso agisse avec plus d'efficacité contre les excès de bureaucratie et les charges administratives créés par des législations européennes. La Commission doit développer une « nouvelle culture de la subsidiarité » et faire passer ce message aux citoyens, de préférence avant les élections européennes, a-t-il dit.

Pour le groupe du PSE, Hannes Swoboda (autrichien) a plaidé pour une Europe sociale, écologique et durable. Il est évident que, dans un contexte de mondialisation, l'UE doit renforcer sa compétitivité économique mais cet objectif est « parfaitement compatible » avec celui d'une Europe sociale et durable, a-t-il dit. Sur le plan des relations extérieures, M. Swoboda a insisté sur la nécessité de soutenir le développement économique et social des pays des Balkans occidentaux. La stabilité à long terme de cette région cruciale pour l'UE dépendra de son développement économique et social, a-t-il martelé. Il a aussi demandé qu'en ce qui concerne l'idée d'une Union pour la Méditerranée, la Commission fasse « clairement » savoir aux Etats membres qu'un tel projet n'est envisageable que s'il englobe tous les pays de l'UE et tous les pays méditerranées intéressés. Le groupe du PSE attend aussi de nouvelles initiatives de la Commission en faveur de la région de la mer Noire, a dit M. Swoboda.

Diana Wallis (britannique, ALDE) a salué la stratégie de la Commission pour 2009 en mettant l'accent sur les progrès qui restent encore à faire pour compléter le marché intérieur. Elle estime aussi que l'UE devrait faire plus pour assurer la stabilité financière en Europe, « un sujet qui inquiète beaucoup les citoyens ».

Brian Crowley (irlandais, UEN) soutient entièrement la stratégie 2009 ainsi que la priorité donnée par M. Barroso à une « Europe des résultats ». Il faut tenir compte des préoccupations des citoyens, à commencer par l'emploi et la croissance économique, a dit le député du Fianna Fail qui a aussi souligné que son parti allait tout faire pour que, lors du référendum prévu pour fin mai/début juin, le peuple irlandais approuve le Traité de Lisbonne.

Eva Lichtenberger (autrichienne, Verts/ALE) a été plus critique. Pour elle, la stratégie 2009 est « trop vague, trop hésitante », en particulier sur l'environnement. On peut avoir l'impression que la Commission fuit la confrontation à un moment où, dans la perspective des élections de 2009, les citoyens attendent des « déclarations claires » de sa part, a-t-elle dit. La députée verte a aussi fustigé les « contradictions » entre les objectifs énergétiques et environnementaux de la Commission et les priorités budgétaires dans le domaine la recherche et du développement « où l'on continue à soutenir le développement de l'industrie nucléaire, alors qu'il faudrait investir dans la recherche en faveur des énergies alternatives et propres ».

Catherine Guy-Quint (française, PSE) s'inquiète du financement des priorités. Il est louable de fixer des stratégies ambitieuses « mais où va-t-on trouver l'argent » pour financer ces politiques, s'est-elle interrogée, constatant que « les moyens budgétaires font défaut ». L'UE ne se donne pas les moyens de ses ambitions, regrette-t-elle. Ingeborg Grässle (allemande, PPE-DE) aurait aussi préféré que la Commission indique déjà, dans sa stratégie politique pour 2009, quels moyens budgétaires elle prévoit pour ses priorités et d'où l'argent devrait venir. Véronique de Keyser (belge, PSE) s'est plainte d'un « manque d'ambition » dans le domaine de la politique étrangère. « J'aurais voulu savoir comment la Commission prévoit d'améliorer l'utilisation des instruments financiers » pour faire de l'UE un « soft power » dans les crises internationales « et comment elle entend mieux utiliser la conditionnalité ». « Jamais nous n'avons versé autant d'argent à la Palestine, mais les gens sur place n'ont jamais été aussi pauvres qu'aujourd'hui. En plus, nous finançons tellement de choses qui sont aussitôt détruites », déplore la députée belge. Jacek Saryusz-Wolski (polonais, PPE-DE), qui préside la commission des Affaires étrangères, a critiqué le « silence dramatique » de la Commission sur la nécessité de développer une politique de sécurité énergétique. « Nous avons urgemment besoin d'une telle politique commune et je regrette que cette priorité ne se trouve pas dans la stratégie 2009 de la Commission », a-t-il dit. Lutz Goepel (allemand, PPE-DE) et John Bowis (britannique, PPE-DE) ont aussi exprimé des regrets. Le premier sur l'absence de référence dans la stratégie de la Commission à l'approvisionnement et la sécurité alimentaire ; le deuxième sur le manque de référence à la politique de santé. « Nous devons faire plus pour permettre les soins transfrontaliers car sinon, ce sera la Cour de justice qui décidera à notre place », a estimé M. Bowis. Helmuth Markov (allemand, GUE/NGL) a mis en cause le concept même de la libéralisation économique et la stratégie de Lisbonne « qui ne fonctionnent pas dans l'intérêt des citoyens ». Sa critique vise aussi la politique de communication de la Commission. « On veut communiquer avec les citoyens mais on leur refuse le droit de se prononcer, via référendum, sur le Traité de Lisbonne », a-t-il dit. Frank Vanhecke (belge, NI) a rejoint les critiques de M. Markov sur le manque d'implication directe des citoyens. «Le citoyen n'est jamais et nulle part respecté. La Commission est un collège de fonctionnaires politiquement nommés qui pensent qu'ils savent tout mieux que les citoyens et qui agissent au-dessus de leur tête », a-t-il fustigé réclamant, lui aussi, un référendum sur le Traité de Lisbonne. Jens-Peter Bonde (danois, IND/DEM) est allé dans le même sens. Nous parlons ici d'un programme stratégique défini par des « fonctionnaires non élus », alors que ce devrait être aux représentants des citoyens de fixer les priorités stratégiques de l'UE, a-t-il souligné. « A ce moment-là, l'UE serait une véritable démocratie plutôt que ce mélange entre Machiavel et Mussolini qu'elle est aujourd'hui », a lancé M. Bonde. (H.B.)

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