Bruxelles, 11/03/2008 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté, mardi 11 mars, la position commune arrêtée par le Conseil permettant la création de l'Institut européen d'innovation et de technologie (IEIT) qui devrait pouvoir débuter ses travaux dès cet été. Après des négociations informelles, un accord avait pu être trouvé avec le Conseil sur un compromis prenant en compte les points soulignés par le Parlement lors de sa première lecture. Le rapport de Reino Paasilinna (PSE, finlandais) a été approuvé à une large majorité, le Parlement n'ayant pas suivi l'avis du groupe des Verts/ALE qui avait déposé un amendement visant à rejeter la position commune (129 voix pour, 496 contre et 15 abstentions), estimant que l'Institut serait incapable de fonctionner avec un budget tel que celui qui a été établi. « Le compromis met l'accent sur le rôle de l'innovation, le domaine dans lequel nous avons du retard à rattraper », a souligné pour sa part M.Paasilinna. « Je suis ravi de ce pas décisif vers la création de l'IEIT », s'est de son côté exclamé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso qui, le premier, avait évoqué la création de l'Institut lors de la révision à mi-parcours de la stratégie de Lisbonne en 2005.
L'IEIT aura une structure à deux entités avec un comité directeur et un ensemble de « communautés de la connaissance et de l'innovation » (CCI). Le comité directeur sera chargé de sélectionner les établissements d'enseignement supérieur, les organismes de recherche, les entreprises et les autres parties prenantes aux CCI. Chaque CCI sera composée d'au moins trois organisations partenaires établies dans au moins deux Etats membres différents et comptera au minimum un établissement d'enseignement supérieur et une société privée. Dix-huit mois après la mise en place de l'IEIT, deux ou trois CCI seront sélectionnées dans les domaines qui représentent les plus grands défis pour l'Union européenne comme le changement climatique, les énergies renouvelables et les technologies de l'information et de la communication. D'autres CCI seront ensuite sélectionnées après l'adoption du premier « programme stratégique d'innovation », qui définira les domaines prioritaires dans lesquels l'IEIT s'engagera pour ses initiatives futures. Le premier programme doit être élaboré pour le 30 juin 2011 au plus tard, ensuite sur une périodicité de sept ans. Suivant l'avis de la Commission, le Parlement estime que l'Institut nécessitera un budget de 2,4 milliards d'euros pour six ans, financés par des ressources publiques et privées. Le 18 décembre 2007, le Parlement et le Conseil se sont accordés pour réviser le cadre financier pluriannuel 2007-2013 afin de garantir le financement de Galileo et de l'IEIT et octroyer une enveloppe financière d'un montant de 308,7 millions d'euros pour permettre le démarrage de l'Institut. Pour ce qui concerne les prochaines étapes: la Commission a établi début février un comité d'identification chargé de nommer, pour le mois de juin, les 18 experts composant le comité directeur (voir EUROPE n° 9596). Ce comité vient de lancer une consultation ouverte sur les principaux critères à prendre en considération à cet effet. Le Conseil doit maintenant décider du lieu d'établissement du comité directeur, qui sera défini peut-être déjà en juin. Certains députés avaient proposé, en première lecture, la ville polonaise de Wroclaw, la capitale hongroise Budapest ou encore Munich en Allemagne. La capitale autrichienne Vienne a ensuite posé sa candidature. Lors du débat ayant précédé le vote en deuxième lecture, deux députés du groupe ALDE, Jorgo Chatzimarkakis (allemand) et Lena Ek (suédoise), ont proposé pour leur part les bâtiments du Parlement à Strasbourg. (I.L.)