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Bulletin Quotidien Europe N° 9581
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/presidence slovene

Soutien des députés européens aux priorités slovènes

Bruxelles, 16/01/2008 (Agence Europe) - Rarement une présidence entrante de l'Union européenne a été accueillie au Parlement européen avec autant de sympathie et de messages d'encouragement que la Présidence slovène en ce début de premier semestre 2008. Jeune et petit pays avec des ressources administratives modestes, et premier des « nouveaux » Etats membres à piloter l'UE, la Slovénie peut compter sur le soutien des principaux groupes politiques au PE, comme l'a montré le débat des eurodéputés avec le Premier ministre slovène Janez Jansa, mercredi 16 janvier à Strasbourg. « Notre présidence ne sera peut-être pas aussi spectaculaire que la Présidence allemande ou celle d'autres grands pays. Peut-être serons-nous parfois un peu naïfs, un peu trop directs, mais nous ferons tout pour parvenir à des résultats », a dit M. Jansa qui présidera le Conseil européen jusque fin juin. L'objectif est de faire en sorte que, grâce à des progrès tangibles dans les différents domaines, « il y ait, chaque mois, davantage de citoyens satisfaits de l'UE », a-t-il dit.

Votre pays est un exemple à plusieurs titres, a souligné le chef du groupe PPE-DE, Joseph Daul. Non seulement parce qu'il est considéré comme « premier de classe » parmi les douze Etats membres ayant adhéré en 2004/2007, mais aussi en raison de la manière dont il a pu se libérer de la dictature communiste yougoslave pour devenir une démocratie prospère. En outre, estime M. Daul, en raison de sa situation particulière entre l'Europe centrale, les Balkans et la Méditerranée, la Slovénie joue le rôle de « pont entre les cultures » faisant de cette Présidence de l'UE un « promoteur idéal » du dialogue interculturel. La Slovénie ne doit pas avoir de complexe en raison de sa petite taille, même si le défi de la Présidence de l'UE est de taille, a rassuré M. Daul: « L'expérience du Luxembourg ou de l'Autriche a démontré que les performances des Présidences ne se mesurent pas à la taille du pays ». Même crédo du côté du groupe ALDE. « La Slovénie est peut être petite en taille, mais grande en esprit », a dit son président, Graham Watson, pour qui « les Davids de l'Europe font souvent de meilleures Présidences que les Goliaths ». Pour Martin Schulz, le chef du groupe socialiste, la Slovénie, en raison de sa lutte pour l'indépendance, pourra « démontrer aux citoyens européens qu'à terme la liberté gagne toujours sur la dictature ». M. Schulz a aussi salué la modestie et la méthode de travail très discrète, mais efficace, de M. Jansa. Ce style devrait être un « exemple » pour la Présidence française de l'UE qui suivra au second semestre 2008, a dit M. Schulz, en faisant allusion au président français Nicolas Sarkozy. « Au moins, avec vous, nous parlons de politique et pas d'affaires privées », a-t-il dit à M. Jansa. Auparavant, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, avait lui aussi réitéré sa confiance dans le programme de travail et les capacités de la Présidence slovène, promettant une « coopération étroite » dans tous les dossiers.

Dans son exposé introductif devant les eurodéputés, M. Jansa a rappelé les principales priorités de la Présidence slovène (EUROPE n° 9570, N° 9574 et N° 9575).

Traité de Lisbonne. L'objectif reste son entrée en vigueur le 1er janvier 2009, « mais il reste du pain sur la planche » pour terminer à temps le processus de ratification, a dit M. Jansa.

Paquet énergie/climat. L'UE doit traduire en décisions concrètes les engagements pris lors du Conseil européen de mars 2007 où elle a « gagné beaucoup en crédibilité », a souligné M. Jansa. Le travail au Conseil commencera le 23 janvier, quand la Commission présentera ses propositions.

Balkans occidentaux. La perspective européenne des Balkans, définie en 2003 à Thessalonique, doit être « confirmée » afin de donner un nouvel élan à l'intégration européenne de ces pays. Cela ne veut pas dire qu'il faille assouplir les critères d'adhésion ou accélérer le calendrier, mais seulement « mieux les soutenir » sur leur voie européenne, a affirmé M. Jansa. Sur le Kosovo, il n'a pas fourni d'informations nouvelles sur les discussions en cours au sein du Conseil - ni sur l'envoi de la mission civile PESD, ni sur la question de la reconnaissance d'un futur Kosovo indépendant par les Etats membres. Il a plaidé pour une « solution stable et durable » et souligné que le cas du Kosovo sera en tout cas « incomparable » avec toute autre situation en Europe. La Bosnie-Herzégovine mérite une « attention particulière », a dit M. Jansa, qui a insisté notamment sur une solution au problème du retour des réfugiés. Certains députés l'ont interrogé sur ses propos récents affirmant que la situation en Bosnie-Herzégovine était plus dangereuse pour la stabilité dans les Balkans que celle au Kosovo (EUROPE n° 9574). « Je n'ai pas dit que la Bosnie était plus importante pour la sécurité dans les Balkans que le Kosovo », s'est rattrapé M. Jansa. Il a tout de même insisté sur l'existence de « problèmes graves » en ce qui concerne le retour des réfugiés en Bosnie-Herzégovine.

Stratégie de Lisbonne. Le lancement du nouveau cycle (2008-2010) en mars sera une étape importante qui renforcera davantage la compétitivité européenne, laquelle s'est déjà renforcée grâce à la stratégie de Lisbonne. La croissance a repris, la productivité s'est améliorée et les marchés du travail se modernisent, s'est félicité M. Jansa, favorable aussi à la mise en place rapide de la «cinquième liberté »: la « libre circulation des idées », celle des étudiants et des chercheurs en Europe.

Elargissement et politique de voisinage. Les négociations d'adhésion avec la Turquie et la Croatie seront poursuivies, « car l'élargissement de l'UE, qui est un véritable succès, n'est pas encore terminé ». En même temps, des pays tels que l'Ukraine, la Moldova ou les pays du Nord de l'Afrique « ne doivent pas être oubliés », d'où l'importance de la politique européenne de voisinage. Faisant directement allusion à la proposition de Nicolas Sarkozy de lancer une Union méditerranéenne, le président du Conseil européen a mis en garde: ne faisons pas de doublons, nous n'avons pas besoin d'institutions nouvelles qui soient « rivales » à celles de l'UE déjà existantes pour la coopération méditerranéenne.

Lors du débat qui a suivi la présentation de M. Jansa, la très grande majorité des intervenants a appuyé les priorités slovènes. Martin Schulz (PSE) s'est félicité en particulier du « refus catégorique » de l'idée d'une Union méditerranéenne. « Le groupe socialiste vous soutient dans ce refus », a-t-il dit. Le PSE appuie aussi l'engagement « très clair » de la Présidence en faveur de la poursuite des négociations d'adhésion avec la Turquie, avec comme objectif ultime l'adhésion du pays. La prochaine Présidence française de l'UE doit, elle aussi, être claire sur cette question fondamentale, a réclamé M. Schulz. A propos de la stratégie de Lisbonne et la compétitivité économique de l'UE, Graham Watson (ALDE) a insisté sur l'importance d'achever le marché intérieur, y compris pour l'énergie, les services, les traitements médicaux. « C'est comme cela que nous créerons des emplois » tout en augmentant les choix des consommateurs, a-t-il dit. Le groupe des Verts/ALE a salué que le paquet énergie/climat soit l'une des priorités, mais craint que la Présidence slovène ne soit victime de « manœuvres et pressions » visant à réduire l'impact des mesures, a dit Monica Frassoni.

Sur la Serbie, le groupe ALDE a une position très ferme, a dit M. Watson: pas de signature de l'accord de stabilisation et d'association tant que Belgrade ne coopère pas entièrement avec le TPIY. Parmi les nombreux intervenants sur la question du Kosovo, certains, notamment Elmar Brok (CDU) et le socialiste bulgare Kristian Vigenin, ont estimé que la Slovénie peut, mieux que d'autres, faciliter le dialogue avec ce futur Etat et avec tous les pays des Balkans. Le socialiste autrichien Hannes Swoboda a affirmé que, tout en montrant de la compréhension pour les problèmes de la Serbie, il faut parler un langage très clair avec le Premier ministre serbe Kostunica: s'il devait penser que l'avenir de son pays est avec la Russie, il ne servirait pas les intérêts de ses concitoyens. Véronique De Keyser (socialiste belge) a été la seule à évoquer le problème du Moyen-Orient, en invitant à assurer aux personnes qui y vivent une vie décente.

Plusieurs élus slovènes sont intervenus dans le débat pour exprimer leur soutien à la Présidence (nous allons jouer loyalement avec elle, a affirmé Borut Pahor, représentant de l'opposition sociale-démocrate, même si des élections sont prévues dans six mois), mais aussi pour plaider en faveur de la liberté d'expression (en citant la pétition présentée par un quart des journalistes slovènes), exiger des éclaircissements sur les déclarations concernant la Bosnie-Herzégovine, et demander qu'elle s'occupe d'autres dossiers (la santé, et en particulier la lutte contre le cancer, qui doit être prioritaire selon l'élu PPE-DE Alojz Peterle). Jelko Kacin (ALDE, slovène) regrette qu'en parlant des Balkans et d'autres régions, la Présidence ait apparemment « oublié » le Nord de Chypre. Or, selon M. Kacin, Chypre devrait se trouver cette année au cœur même du dialogue interculturel. Le dialogue interculturel a aussi été évoqué par le socialiste français Bernard Poignant qui plaide pour que davantage d'importance y soit attribuée. « Dominée par la Bavière, aspirée par Venise, occupée par Napoléon, intégrée dans l'Empire austro-hongrois et ensuite dans la fédération yougoslave », la Slovénie lui semble très bien placée pour favoriser ce dialogue. (H.B./L.G.)

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