Bruxelles, 15/01/2008 (Agence Europe) - La phase active du passage à l'euro à Chypre et Malte est pratiquement terminée, se félicite la Commission européenne dans un communiqué publié lundi 14 janvier. L'opération s'est déroulée rapidement et en douceur, précise-t-elle, notamment en raison de l'enthousiasme manifesté par la population dans les deux pays et d'une préparation intensive et systématique. Le succès est tel que les anciennes monnaies ont pratiquement disparu des portefeuilles et porte-monnaie. Tirant les leçons de précédents passages à l'euro, la Commission a adopté une nouvelle recommandation pour les futures opérations de ce type.
Deux semaines après l'introduction de l'euro, quelque 90% des paiements en espèces dans les commerces chypriotes et maltais s'effectuent en euro. A Malte, les commerçants rendent la monnaie exclusivement en euros et 99% d'entre eux font de même à Chypre. Samedi 12 janvier, en fin de journée, neuf citoyens sur dix n'avaient presque plus que des euros dans leurs portefeuille et porte-monnaie (93% à Chypre et Malte pour les billets, et respectivement 87% et 96% pour les pièces). De fait, Chypriotes et Maltais ont montré une belle célérité pour convertir leur monnaie nationale en euros depuis le 1er janvier.
Les autorités chypriotes et maltaises ont, en collaboration avec des associations de consommateurs, mis en place des mécanismes de surveillance systématique destinés à détecter les cas où les prix convertis en euros seraient arrondis de manière excessive. Cette surveillance porte même sur des augmentations d'un cent d'euros après conversion. Les consommateurs ont été appelés à rester vigilants et à signaler tout cas de conversion suspecte des prix aux autorités ou aux associations de consommateurs.
Par ailleurs, tirant les conclusions des passages à l'euro de 2002, 2007 et 2008, la Commission européenne vient d'adopter une nouvelle recommandation en vue de faciliter les prochaines opérations de ce type. Les principales nouveautés introduites par cette recommandation (par rapport à celle de 2000) sont: 1) une indication claire de la durée de la période de double circulation (de 6 mois à 1 an après l'introduction de l'euro) et l'affirmation de la nécessité de mettre fin à la double circulation à la fin de cette période ; 2) la fourniture significative d'euros aux banques et, ensuite, au secteur du commerce de détail et aux citoyens (pour les pièces de monnaie). Les banques et des magasins devraient notamment être incités à offrir des conditions attractives de prélèvements différés ; 3) la fourniture de petites coupures pour les retraits liquides faits à la banque dans les deux semaines précédant et suivant le changement ; 4) l'ouverture des principales agences bancaires pendant les premiers jours du changement et des heures de travail prolongées durant la période de changement pour faciliter l'échange ; 5) et un ensemble de mesures pour empêcher les abus et les fausses perceptions de l'évolution des prix. La Commission recommande aussi que le droit national prévoie: - le double affichage obligatoire des prix après l'adoption officielle du taux de conversion ; - un affichage obligatoire séparé des charges éventuelles pour un paiement en euro pendant la période comprise entre l'adoption du taux de conversion et la date officielle de l'introduction d'euro ; l'utilisation obligatoire de l'euro pour les transactions dans les points de vente dès le premier jour du changement. (O.L.)