Bruxelles, 10/10/2007 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté, mercredi 10 octobre, deux propositions, l'une destinée à doper le développement et la commercialisation de véhicules à hydrogène, et l'autre concernant la mise sur pied de l'initiative technologique conjointe (ITC) pour les piles à combustible et l'hydrogène. Ces propositions devront dorénavant être examinées par le Parlement et le Conseil.
Même si un certain nombre de voitures à hydrogène sont, dès à présent, prêtes à être introduites sur le marché, celles-ci ne sont actuellement pas incluses dans le système de réception UE par type de véhicule, ce qui, selon la Commission, entraîne des procédures de réception complexes et coûteuses et empêche les véhicules d'être commercialisés sur une base uniforme dans l'ensemble de l'UE. La proposition vise donc à intégrer ces véhicules dans le système de réception par type et donc à garantir que les véhicules à hydrogène mis sur le marché sont au moins aussi sûrs que les véhicules classiques. « La fixation de normes communes favorisera l'introduction de ces véhicules et assurera un niveau de sécurité élevé aux citoyens. Elle donnera également un coup de fouet à la compétitivité des constructeurs européens », a déclaré le commissaire chargé des entreprises et de l'industrie Günter Verheugen. Tout repose entre les mains du secteur privé: « C'est une technologie fort prometteuse », a-t-il souligné, estimant toutefois qu'il était « impossible » de remplacer les véhicules actuels par des voitures à hydrogène dans un délai de 5 ou 6 ans. Vu les incertitudes qui entourent la création par les entreprises d'un marché des voitures à hydrogène, M. Verheugen n'a pas pu certifier que c'était la technologie qui allait permettre de mouvoir la voiture du futur. « C'est une option technologique », a-t-il dit. Il reviendra également aux producteurs d'hydrogène de distribuer leur produit, via la mise en réseau de pompes à carburant. Pour M. Verheugen, ce n'est pas aux autorités publiques de le faire. Par ailleurs, l'hydrogène présente des caractéristiques différentes de celles des carburants classiques. Il ne produit aucune émission de carbone (monoxyde de carbone, dioxyde de carbone, hydrocarbures non brûlés ou particules), ni de gaz à effet de serre. « L'introduction de véhicules à hydrogène est susceptible de rendre l'air plus propre en Europe et de réduire la dépendance de cette dernière vis-à-vis des carburants fossiles », a poursuivi M. Verheugen. Selon lui, il faut cependant veiller à ce que la production de l'hydrogène lui-même n'entraîne pas de hausse des émissions de CO2. Ce résultat peut être atteint en produisant l'hydrogène à partir de sources d'énergie non fossiles ou par séquestration du CO2. Alors, quid de l'énergie nucléaire ? Malgré son opposition au nucléaire, le commissaire a déclaré qu'il ne pouvait pas être « contre » la production d'hydrogène grâce l'énergie nucléaire, puisque l'UE n'a pour l'instant pas de « politique anti-nucléaire ». Il est « trop tôt » pour décider ce que serait une politique de l'hydrogène de l'UE tant que d'autres technologies ne sont pas disponibles, a-t-il encore précisé.
La deuxième proposition vise à créer un partenariat de recherche public-privé sous la forme d'une initiative technologique conjointe en faveur du développement de l'hydrogène et des piles à combustible, avec à terme l'ambition de mettre ces technologies sur le marché. Ce partenariat public-privé, ayant pour moteur l'industrie européenne, sera mis en œuvre au cours des six prochaines années, grâce à une contribution financière de l'UE de 470 millions d'euros au titre du 7e programme-cadre de l'UE. Cette enveloppe sera complétée par un apport d'un montant identique de la part du secteur privé. « L'Europe est confrontée à des défis majeurs pour garantir son approvisionnement énergétique, tout en luttant contre le changement climatique, en préservant l'environnement et en conservant une économie compétitive. Des technologies telles que les piles à combustible et l'hydrogène peuvent nous aider à marquer des points sur tous les tableaux », a estimé le commissaire à la Recherche Janez Potoènik. Grâce à l'ITC, le commissaire a dit vouloir « réduire le temps d'accès à la commercialisation » des technologies de l'hydrogène dans « un délai de 2 à 5 ans ». Et d'ajouter que « dans le secteur automobile, cela nous mènera à 2012 - 2015 ». Les piles à combustible sont des dispositifs très efficaces de conversion d'énergie. Elles peuvent, par exemple, trouver des applications dans toute une série de produits, tels que les téléphones mobiles et les ordinateurs portables, les voitures, les bus, les bateaux et les avions, ainsi que les installations fixes de production de chaleur et d'électricité dans les secteurs domestique et industriel. Divers obstacles techniques ou non doivent toutefois encore être levés, avant que ces technologies ne puissent devenir largement disponibles dans le commerce. À cet égard, il convient de citer, par exemple, le coût et la longévité des piles à combustible, la production durable d'hydrogène, de même que la distribution et le stockage sûrs et efficaces de l'hydrogène, pour les applications mobiles notamment. Les ministres de la Recherche des Vingt-sept avaient trouvé fin septembre un consensus sur la forme que devront avoir les ITC à l'avenir, à savoir des organismes communautaires (EUROPE n° 9512). La base juridique des ITC est l'article 171 du traité. Le seul projet conjoint lancé sur la base de cet article est l'entreprise commune Galileo. (bc)