Bruxelles, 18/09/2007 (Agence Europe) - Experts et décideurs politiques se sont rendus à l'évidence: en dépit des risques géopolitiques et de la forte hausse de la demande mondiale notamment alimentée par les besoins effrénés des pays émergents, le gaz et le pétrole resteront, pour plusieurs décennies encore, des sources d'énergie indispensables pour répondre aux besoins énergétiques de l'Europe. En effet, si les tendances actuelles se poursuivent, d'ici 2030, la dépendance de l'UE aux importations d'hydrocarbures pour couvrir ses besoins énergétiques devrait atteindre 65%. Devant ce constat, il est impératif de produire et d'utiliser les énergies conventionnelles de façon plus sûre en adoptant des technologies innovantes et propres ainsi que de recourir au nucléaire. C'est ce que conclut le rapport d'initiative de l'Allemand Herbert Reul (PPE-DE) sur « les sources d'énergie conventionnelles et les technologies énergétiques » adopté, jeudi 13 septembre, par la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie (ITRE) du PE par 37 voix pour, 7 contre et 3 abstentions.
Compte tenu des engagements de l'UE à combattre le changement climatique, la commission ITRE appelle donc l'UE, ses Etats membres et ses entreprises énergétiques à intensifier leurs efforts en matière de R&D dans le domaine de l'énergie pour réduire l'impact environnemental, garantir les technologies existantes et développer les techniques de stockage des énergies renouvelables, les réacteurs nucléaires de nouvelle génération et les nouvelles technologies énergétiques. Saluant les communications relatives à la production énergétique durable à partir de combustibles fossiles, au Programme indicatif nucléaire ainsi qu'au Plan stratégique pour le développement des technologies énergétiques (paquet « énergie et climat » de janvier 2007, EUROPE n° 9341), la commission ITRE invite la Commission européenne à: - soumettre rapidement des propositions législatives sur la technologie de la capture et du stockage de carbone (CSC) pour répondre aux questions juridiques en suspens autour du stockage et du transport de CO2 ; - présenter un concept pour promouvoir la R&D dans le domaine de la technologie CSC qui, bien que reposant sur des éléments techniques, ne fait pas encore l'objet d'un concept global sur le plan industriel.
S'appuyant sur le constat que l'énergie nucléaire contribue, dans des proportions importantes, à la production d'électricité dans de nombreux Etats membres, la commission ITRE souligne par ailleurs l'importance de cette source d'énergie pour couvrir les besoins énergétiques de base de l'UE à moyen terme. Si elle reconnaît, à l'instar du Conseil européen, la nécessité d'un vaste débat « sans a priori » sur ses avantages et ses risques, la commission ITRE souligne, néanmoins, que l'énergie nucléaire est actuellement « la plus grande source d'énergie pauvre en CO2 en Europe » et qu'elle joue « un rôle majeur dans la lutte contre le changement climatique. « En cas de renoncement au nucléaire, les objectifs en matière de réduction des gaz à effet de serre et de lutte contre le changement climatique ne pourront être atteints », insiste-t-elle.
Enfin, la commission ITRE met l'accent sur l'impact significatif de la génération d'énergie provenant de la biomasse, la nécessité pour l'UE de soutenir les technologies en matière de carburants de synthèse et, en vue de la diversification des importations de gaz, l'importance du gaz naturel liquéfié (GNL).
Le rapport Reul sera mis aux voix en plénière lors de la session d'octobre à Strasbourg. (eh)