Bruxelles, 18/09/2007 (Agence Europe) - A ce stade, les fondamentaux de l'économie européenne restent globalement bons, mais les incertitudes se multiplient et inquiètent BusinessEurope. Lors d'une conférence de presse, lundi 17 septembre, son président, Ernest-Antoine Seillière, a assuré n'avoir « aucun doute » sur la capacité à restaurer le bon fonctionnement du système bancaire. Si une réappréciation du risque sur les marchés financiers a pu constituer une correction nécessaire, il est désormais essentiel de restaurer la confiance, souligne l'organisation, qui appelle les décideurs politiques à agir en ce sens, mais sans opter pour une approche réglementaire.
La croissance de l'UE devrait se situer autour de 2,5% du PIB cette année, une performance quoi qu'il en soit inférieure à celle de 2006, observe la Confédération européenne des entreprises. Les investissements et les exportations sont actuellement les éléments les plus dynamiques de la croissance, alors que la consommation privée progresse plus lentement. Comme le montrent les récentes prévisions intérimaires de la Commission (EUROPE n° 9499), les différences de performances entre Etats membres sont toutefois significatives. L'Autriche, l'Espagne, le Royaume-Uni et la Suède affichent une croissance supérieure à 3%, alors que le Danemark, la France, la Hongrie, l'Italie et le Portugal atteignent péniblement 1,5%. Avec le ralentissement de l'économie américaine et les récentes turbulences sur les marchés financiers, les risques se sont par ailleurs considérablement appréciés ces derniers mois.
L'Europe ne sortira indemne d'un ralentissement marqué de la croissance aux Etats-Unis que si elle est capable de générer une demande intérieure plus forte et plus durable tout en tirant mieux parti de la bonne santé de l'économie asiatique notamment, insiste BusinessEurope. De même, la perte de confiance entre banques commerciales, qui a résulté de la crise du marché américain du crédit hypothécaire à risque, accentue aussi l'incertitude relative aux conditions de financement des entreprises européennes. Saluant l'action rapide et décisive de la Banque centrale européenne (BCE), BusinessEurope se félicite de l'indépendance de l'institution de Francfort, qu'elle appelle néanmoins à rester pragmatique sur les taux. La BCE devrait notamment prendre en compte le contexte monétaire international avant de prendre sa décision, juge l'organisation, alors qu'une baisse des taux par la Federal Reserve américaine était fortement attendue lors de sa réunion ce mardi 18 septembre. Or, des mouvements de taux d'intérêt en sens opposés de part et d'autre de l'Atlantique (une baisse aux Etats-Unis mais une hausse dans la zone euro) ne se sont jamais produits depuis le lancement de l'euro. Cela pourrait provoquer une volatilité des taux de change et accentuer l'appréciation de la monnaie commune par rapport au dollar notamment, constate BusinessEurope, qui affiche ainsi ses préoccupations.
Souhaitée par certains, l'amélioration du cadre réglementaire actuel ne doit pas nécessairement passer par plus de réglementation. Dans ce débat, l'organisation plaide pour une approche fondée sur l'auto-régulation et des codes de conduite volontaires de l'industrie, mais reconnaît le besoin de plus de transparence (pour les discussions des ministres des Finances de l'UE à ce sujet, voir EUROPE n° 9503). Des solutions ne peuvent en tout état de cause être initiées qu'à l'échelon international (au FMI à la Banque des règlements internationaux, etc.) et être discutées dans des instances comme le G7. (ab)