Bruxelles, 18/09/2007 (Agence Europe) - La Commission européenne propose de sceller entre l'UE et les pays en développement une nouvelle alliance pour aider les Etats les plus pauvres de la planète, qui, de surcroît, se trouvent être les plus exposés au réchauffement, à se préparer au changement climatique, s'y adapter et en atténuer les effets.
En adoptant, le 18 septembre, une communication intitulée « Créer une alliance globale pour la lutte contre le changement climatique entre l'UE et les pays en développement », le Collège a donné son feu vert à une initiative prise par Louis Michel, commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire, en accord avec Stavros Dimas, commissaire à l'Environnement, et Benita Ferrero-Waldner, vice-présidente de la Commission, responsable des relations extérieures.
Par alliance, il faut comprendre un dialogue structuré permanent sur le changement climatique avec les pays en développement, et une coopération concrète sur un large éventail d'actions que l'UE contribuerait à financer par le canal de sa politique européenne de développement.
« Cette communication répond à une demande pressante et légitime des pays les plus pauvres, qui sont en même temps les plus sévèrement touchés par le changement climatique. C'est dans les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires en développement que les impacts du changement climatique sont les plus dramatiques », a déclaré Louis Michel en présentant cette initiative à la presse. C'est donc sur ces pays, en priorité, que porteront les efforts.
L'augmentation du nombre et l'ampleur croissante des catastrophes humanitaires liées à des conditions climatiques extrêmes dans les deux derniers mois suffisent à convaincre de la nécessité d'agir, souligne le commissaire. Et de rappeler qu'en juillet et août derniers, la Commission a dû prendre un nombre « sans précédent » de décisions de financement pour fournir une aide humanitaire d'urgence de 24, 5 millions d'euros, notamment pour les inondations au Népal, en Inde, au Bangladesh et au Soudan, la sécheresse en Moldavie, les ouragans de force 5 dans la Caraïbe, deux en l'espace de trois semaines - du jamais vu.
L'alliance globale que propose la Commission trouverait sa traduction dans cinq domaines d'action:
l'appui à la mise en œuvre de mesures concrètes d'adaptation comme des plans d'action, l'appui aux recherches innovantes comme les systèmes d'irrigation intelligente ou les systèmes d'alerte précoce ;
la réduction des émissions de carbone dues au déboisement, notamment par « le renforcement de FLEGT (Forest Law Enforcement Governance and Trade) », a précisé Louis Michel en faisant allusion aux accords volontaires conclus avec certains pays en développement pour la mise en œuvre du plan d'action communautaire contre l'exploitation forestière illégale et le commerce du bois illégalement abattu ;
l'appui aux pays pauvres pour accroître leur participation au marché mondial du carbone via le mécanisme de développement propre qui permet le transfert de technologies propres en provenance des pays industrialisés ;
l'aide à la préparation aux catastrophes naturelles ;
l'intégration des préoccupations climatiques dans les stratégies de développement et de lutte contre la pauvreté.
La Commission européenne a déjà alloué à cette alliance 50 millions d'euros comme mise de départ pour la période 2008-2010, mais, si l'on totalise les ressources communautaires disponibles, quelque 300 millions d'euros pourraient être mobilisés sur cette même période. Ces fonds, en provenance du Fonds européen de développement pour les pays ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique) « ont déjà été identifiés dans la programmation commune pour financer des mécanismes d'alerte rapide. Mais ce n'est qu'un début. Davantage de ressources sont nécessaires pour couvrir les besoins de manière adéquate », a précisé Louis Michel. D'où l'appel lancé par la Commission aux Etats membres pour qu'ils consacrent au financement de l'alliance globale contre le changement climatique une partie des ressources additionnelles qu'ils se sont engagés à fournir pour porter leur aide publique au développement à 0,51% du PIB en 2010 et à 0,7% en 2015.
A un journaliste qui lui demandait s'il comptait proposer une législation contraignante pour interdire dans l'UE les importations de bois tropical abattu illégalement, comme le réclame le Parlement européen, Louis Michel a répondu qu'il y était tout à fait favorable, à la différence des Etats membres. Une lettre adressée par le Commissaire en début de mandat à tous les Etats membres pour les sonder n'a pas fait mouche: « Il n'y a même pas une moitié d'Etats membres qui m'a répondu ». Ceux qui ne sont pas favorables invoquent les difficultés à mettre en place un système de certification permettant avec certitude d'empêcher le commerce triangulaire du bois d'origine illégale. (an)