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Bulletin Quotidien Europe N° 9500
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/serbie

Inflexible sur son opposition à l'indépendance du Kosovo,
M. Kostunica demande à l'UE de respecter le droit international et l'ONU

Bruxelles, 12/09/2007 (Agence Europe) - L'Union européenne aurait tort de penser qu'une éventuelle accélération du processus d'intégration européenne de la Serbie, comme l'a récemment suggérée le Premier ministre italien Romano Prodi, pourrait inciter Belgrade à changer son opposition à l'indépendance du Kosovo, car les deux questions « ne sont pas liées » et ne peuvent donc pas faire l'objet d'un « marchandage », a déclaré mercredi le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica. « Notre position (sur le Kosovo) est une position de principe », pas question donc d'envisager un « deal » qui mélangerait ce dossier avec celui de l'intégration de la Serbie dans l'UE, a-t-il dit devant la presse à l'issue d'une entrevue avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le commissaire chargé de l'élargissement, Olli Rehn.

Pour Belgrade, il ne peut y avoir de solution imposée qui soit contraire au droit international et aux principes de base des Nations unies, dont notamment le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des Etats, a dit M. Kostunica qui met en garde contre une déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo et son éventuelle reconnaissance par la communauté internationale: une telle « violation » du droit international et de la Charte des Nations unies serait une menace pour la paix et la stabilité dans la région et causerait un « dommage à beaucoup de pays, pas seulement dans les Balkans » qui auraient alors à faire face à des revendications d'indépendance du même genre au sein de leurs frontières. « Mais ce seraient les Nations unies qui subiraient le plus grand dommage », a-t-il ajouté.

Quelques heures auparavant, à l'issue d'une entrevue avec le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, M. Kostunica avait précisé que contrairement à certains malentendus parus dans la presse la semaine dernière, la Serbie ne menace pas d'avoir recours à la force au cas où les Kosovars albanais devaient déclarer unilatéralement leur indépendance. « La Serbie ne menace aucun pays dans la région. Par contre, les déclarations en provenance de certaines capitales en faveur d'une indépendance unilatérale du Kosovo constituent des menaces à l'égard de la Serbie. Nous sommes inquiets d'entendre ce genre de messages dirigés contre l'intégrité territoriale de notre pays ». Il est indispensable que le statut du Kosovo soit arrêté par une décision du Conseil de sécurité de l'ONU, a insisté le Premier ministre devant la presse.

Les dirigeants européens et M. Kostunica ont aussi évoqué l'accord de stabilisation et d'association (ASA) sur lequel les négociations techniques ont été accomplies cette semaine (EUROPE n° 9499). La signature du texte dépendra désormais seulement de la pleine coopération de Belgrade avec le Tribunal pénal international sur l'ex-Yougoslavie (TPIY). « Nous sommes conscients de nos obligations » dans ce domaine, a dit M. Kostunica, en rappelant qu'un grand nombre de fugitifs a déjà été arrêté et transféré à La Haye. Javier Solana a dit qu'il avait « confiance » dans les autorités serbes que ce dernier critère sera rempli le plus rapidement possible, permettant alors la signature de l'accord. Carla del Ponte, le procureur général du TPIY, se rendra à Belgrade « dans les prochains jours » et fera rapport à la Commission européenne dès son retour. (hb)

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