Bruxelles, 12/09/2007 (Agence Europe) - La crise internationale qui secoue actuellement les marchés financiers s'invite à l'ordre du jour de la réunion informelle des ministres des Finances de l'UE qui se tiendra les vendredi 14 et samedi 15 septembre à Porto (Portugal). Décideurs politiques - ministres et commissaires européens - et Gouverneurs des banques centrales aborderont cette question lors d'un échange de vues consacré à la situation économique générale et à la stabilité financière. La France, dont les prévisions de croissance présentées mardi par la Commission européenne ont été fortement revues à la baisse, présentera aux douze autres États membres de l'Eurogroupe (plus Chypre et Malte en tant qu'observateurs) son programme de stabilité actualisé annoncé en juillet dernier par le président Nicolas Sarkozy (voir EUROPE n° 9499 et 9465). Ce document indiquera comment le gouvernement français compte s'y prendre pour réduire ses déficits et tenter de respecter l'engagement d'un retour à l'équilibre budgétaire que les ministres européens des Finances ont pris conjointement en mai dernier à Berlin (voir EUROPE n° 9411)
Situation économique. Les ministres feront ensemble le point sur la situation économique dans l'Union européenne, pour la première fois depuis les événements du mois d'août qui ont fortement perturbé les marchés financiers et ont conduit notamment la Banque centrale européenne (BCE) à maintenir ses taux inchangés début septembre (voir EUROPE n° 9483 et 9496). Désireux de ne pas tirer des conclusions trop hâtives qui risqueraient de miner davantage la confiance des investisseurs, ils s'interrogeront sur les réponses à apporter à la crise et sur les conséquences que celle-ci pourrait avoir sur l'économie de l'UE. « L'analyse de la situation actuelle de l'économie et des marchés financiers sera, à mon avis, un des thèmes qui retiendront une attention spéciale de la part des ministres des Finances et des Gouverneurs des banques centrales », a déclaré mercredi 12 septembre Fernando Teixeira dos Santos, ministre portugais des Finances, dans une interview accordée à l'agence de presse nationale Lusa. « J'espère que, de cette analyse conjointe, résultera une position commune » de la part des ministres, a-t-il ajouté, même si à ce stade il n'est pas sûr que cette position commune soit entérinée par écrit. Le président en exercice du Conseil Ecofin s'est également dit convaincu que la réunion informelle servira à « renforcer la confiance sur l'évolution future des marchés financiers », dans un contexte où « les fondamentaux de la croissance économique demeurent solides et robustes ». Mardi, la Commission a elle aussi insisté sur cette solidité des fondamentaux économiques (voir EUROPE n° 9499), même si elle a revu légèrement à la baisse ses prévisions de croissance économique pour 2007 dans l'UE et n'a pas exclu que les effets de la crise puissent se faire davantage ressentir à partir de l'année prochaine. À noter également que la valeur de l'euro a battu, mercredi, un nouveau record face à celle du dollar.
Stabilité financière. Les ministres procéderont samedi à un échange de vues sur les moyens d'améliorer l'efficacité des mécanismes de stabilité financière. Régulièrement, ils font le point lors de réunions informelles sur la mise en œuvre du « memorandum of understanding » de 2005 sur la gestion de crises sur les marchés financiers (voir EUROPE n° 9262 et 8948). À Porto, les analyses porteront particulièrement sur les opérations dites « post marché » - à savoir la compensation et le règlement-livraison des valeurs mobilières - sur la base d'un rapport spécifique de la Commission. Devrait également être évoqué le projet « Target 2 Securities » de la BCE visant à mettre au point d'ici à 2013 une plate-forme technologique unique pour toutes les opérations de règlement de livraison des titres à l'échelle de la zone euro (voir EUROPE n° 9372).
Qualité des finances publiques. Le Conseil Ecofin reviendra sur le dossier de la qualité des finances publiques, et notamment l'impact positif qu'une gestion financière efficace de l'administration publique peut avoir sur le climat des affaires. Wilhelm Molterer, ministre autrichien des Finances, présentera à ses collègues l'expérience de son pays dans ce domaine. Michael Klein, vice-président de la Banque mondiale, abordera cette question sous l'angle de l'analyse comparative, méthodologie utilisée par la banque pour rédiger son rapport « La pratique des affaires » (« Doing business ») qui classe chaque année plus d'une centaine de pays en fonction de la facilité d'y conduire des affaires.
FMI. Le déjeuner de vendredi sera consacré aux défis qui attendent le Fonds monétaire international (FMI): la réforme de la gouvernance de l'institution financière internationale et le choix du successeur de Rodrigo Rato à sa tête. D'ici à 2008, les pays membres du FMI devront redéfinir la répartition actuelle des droits de vote octroyés à chacun d'entre eux afin d'accorder une meilleure représentativité aux pays émergents. En septembre 2006, ils ont marqué leur accord sur une nouvelle formule de calcul des quotes-parts qui détermine notamment le niveau de leurs contributions financières au budget de l'institution ainsi que le montant des financements auxquels ils peuvent prétendre (voir EUROPE n° 9268). À Porto, les ministres seront aussi informés du niveau de soutien accordé par les pays membres du FMI à Dominique Strauss-Kahn, le candidat français de l'UE à la succession de Rodrigo Rato (voir EUROPE n° 9496 et 9465).
EuroMed. Samedi, les ministres européens des Finances se réuniront avec leurs homologues de la zone EuroMed, deux ans après leur première rencontre à Skhirat au Maroc (voir EUROPE n° 8963). La réunion, qui fera l'objet de conclusions communes, s'articulera autour de trois thèmes: - la réforme des finances publiques et son impact sur la croissance et l'emploi ; - le développement de marchés financiers performants ; - le bilan de la mise en œuvre des priorités définies à Skhirat. (mb)