Bruxelles, 24/07/2007 (Agence Europe) - L'UE et le Maroc ont tenu lundi 23 juillet à Bruxelles, au niveau ministériel, la 6ème session de leur Conseil d'association précédée par la signature de deux documents: l'un sur la coopération dans le domaine de l'énergie et un protocole sur le financement de la coopération (EUROPE n°9473). Les deux parties ont fait le point sur l'état de la coopération bilatérale et l'UE a « félicité » le Maroc pour son « choix stratégique en faveur d'un plus grand rapprochement ». L'UE a aussi souligné que « le partenariat de plus en plus étroit » développé dans des domaines multiples est un « exemple » pour la région. Cette coopération comporte, a dit la Présidence portugaise, une « valeur fondamentale dans une région où subsistent des sources d'instabilité » car elle est « construite sur l'attachement à des valeurs communes et des intérêts mutuels ». Dans cet esprit, l'UE a promis de « tracer la voie dès à présent pour examiner les possibilités d'un renforcement substantiel des relations dans la perspective d'un statut avancé » réclamé par le Maroc qui, lui, est plus enclin à privilégier les relations bilatérales plutôt que d'être noyé dans la diversité de l'espace euroméditerranéen, même si le royaume affirme la volonté d'y jouer un rôle actif. Ceci d'autant plus que les relations UE/Maroc comportent un « agenda riche » soutenu par l'engagement de ce pays dans divers programmes communautaires (Galileo notamment), grâce aussi à ses bons résultats économiques et dans les réformes de ses structures. Le Maroc est, constate la Commission européenne, « le premier bénéficiaire de l'assistance financière européenne parmi les pays de la politique de voisinage » (654 millions d'euros pour la période 2007-2010).
La priorité est accordée à la mise en œuvre du « plan d'action » au titre de la politique européenne de voisinage (PEV). Lundi, la création d'un groupe de travail a été décidée pour en faire l'évaluation et en enrichir le contenu en fonction des « idées » nouvelles « exprimées dans divers fora », non désignés. Sur cette base, l'UE n'exclut pas que soient assignés de « nouveaux objectifs » au partenariat, « y compris la possibilité de nouveaux liens contractuels ». Un satisfecit général est concédé au Maroc que l'UE « félicite » d'avoir accepté la mise en place du sous-comité « Droits de l'homme, démocratisation et gouvernance » qui s'est réuni en novembre 2006. L'UE l'« encourage à persévérer » dans la voie de la démocratisation et espère que les élections législatives du 7 septembre « démontreront l'ancrage de la pratique démocratique ». Satisfaction européenne également pour l'engagement marocain dans la coopération dans les domaines de la justice et de la sécurité. « Les travaux menés par le Maroc et l'UE ont permis d'avancer sur plusieurs sujets tels que la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée et la drogue ». La coopération dans le domaine migratoire a été « intensifiée », note l'UE qui estime que la conférence ministérielle euro-africaine de Rabat de juillet 2006 a « donné le signal d'un véritable partenariat ». Les efforts du Maroc pour « faire face à l'immigration illégale » sont salués et l'UE espère l'achèvement des négociations pour un accord de réadmission.
Le rôle de l'Union du Maghreb arabe (UMA) a également été rappelé. Pour l'UE, « les pertes dues à l'absence d'intégration, surtout dans le domaine économique, sont considérables alors que les synergies pourraient être nombreuses dans des domaines tels que le transport, l'énergie, l'agriculture et le tourisme ». Cependant, elle se félicite de l'entrée en vigueur de l'Accord d'Agadir (premier accord « Sud-Sud », regroupant les partenaires méditerranéens-arabes signataires d'accords d'association) qui offre aux entreprises marocaines de nouvelles opportunités de développement à l'exportation. L'UE se réjouit par ailleurs de l'avancement des travaux préparatoires pour le deuxième Sommet UE-Afrique de Lisbonne en décembre prochain. Sur le Sahara occidental, l'UE a « noté avec intérêt que les parties se sont déclarées prêtes à s'engager réellement et de bonne foi dans des négociations ». (fb)