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Bulletin Quotidien Europe N° 9471
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/environnement

La Commission amorce le débat sur les moyens les plus efficaces de s'attaquer au défi de la pénurie d'eau et des sécheresses en Europe

Bruxelles, 18/07/2007 (Agence Europe) - Comment lutter contre la pénurie d'eau et les sécheresses en Europe, dont le nombre et l'intensité vont croissants ? Il faut économiser l'eau et en assurer l'utilisation durable. La Commission européenne n'a pas de recette miracle mais tente d'amorcer un débat sur le sujet, à l'échelle européenne, via une communication adoptée le 18 juillet par le Collège. Ce document, intitulé « Comment s'attaquer à la pénurie d'eau et aux sécheresses » se préoccupe exclusivement du phénomène en Europe, en souligne la gravité et expose une première série d'options stratégiques envisageables pour garantir la disponibilité des ressources en eau, un bien commun d'importance vitale pour l'ensemble des activités humains, économiques et sociales.

« Nous devons adopter une approche intégrée dans le domaine de l'eau car l'utilisation durable de cette ressource est absolument vitale si nous voulons garantir la disponibilité de l'eau pour tous les Européens et toutes les activités économiques », déclare Stavros Dimas, Commissaire à l'environnement, dans un communiqué.

Le décor planté par la Commission est sombre: au cours des trente dernières années, les sécheresses ont affecté 82 millions de personnes en Europe (le nombre de régions et de populations touchées a augmenté de près de 20% entre 1976 et 2006, et les évolutions récentes laissent penser que l'eau devrait encore se raréfier en Europe), ainsi que tous les secteurs économiques utilisateurs d'eau ou dépendants de cette ressource (agriculture, tourisme, industrie, énergie et transports), avec un coût pour l'économie européenne estimé à quelque 100 milliards d'euros, soit quatre fois plus qu'il y a trente ans, et des effets négatifs sur la biodiversité, la qualité de l'eau, les risques d'incendies et l'appauvrissement des sols.

Les sécheresses (baisse temporaire de la disponibilité en eau) et la pénurie d'eau (demande excédant les ressources exploitables dans des conditions durables) sont des défis majeurs que le changement climatique risque d'aggraver. Le phénomène n'est d'ores et déjà plus confiné au Sud de l'Europe. Dans les années qui viennent, le Sud- Est, le Centre et l'Est de l'Europe subiront les conséquences du manque d'eau. Il suffit pour s'en convaincre de se reporter aux données du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) selon lesquelles une augmentation des températures de 2 à 3 degrés Celsius conduirait 1,1 à 3,2 milliards de personnes à souffrir du manque d'eau.

Ces éléments suffisent à convaincre de l'opportunité de prévenir les sécheresses et les pénuries pour en réduire l'impact. « L'approche retenue par la Commission est similaire à celle adoptée pour l'électricité, une ressource que l'on utilise à toutes fins et dans tous les secteurs. Seul un éventail de mesures peut permettre d'en assurer l'utilisation durable », souligne Peter Gammeltoft, chef d'Unité « Protection des eaux et des mers » à la Direction générale de l'Environnement de la Commission, qui a présenté les grands axes de la communication à la presse. Au nombre de ces mesures, la Commission préconise:

l'évolution de l'UE vers une économie de l'eau durable fondée sur l'efficacité et les économies ;

la mise en œuvre complète de la directive cadre sur l'eau qui fournit des outils pour améliorer la gestion de l'eau (les Etats membres n'ont hélas pas beaucoup progressé dans les mesures d'analyse économique et de tarification de l'eau qui devront être adoptées d'ici à 2010) ;

une attention toute particulière à la fixation du « juste prix de l'eau » reflétant la rareté de cette ressource: le principe du pollueur payeur doit devenir la règle, quelle que soit la provenance de l'eau ;

la garantie que les ménages privés aient accès à des ressources appropriées, ce qui suppose que les Etats membres trouvent un compromis entre un système de tarification encourageant les économies d'eau tout en assurant la couverture d'un besoin social ;

l'exploration de toutes les mesures possibles pour réaliser des économies d'eau - priorité numéro Un lorsque l'on sait que dans l'UE, 20% des ressources disponibles sont gaspillées et que ce chiffre pourrait atteindre 40%, selon certaines estimations - par la gestion de la demande et l'efficacité de l'utilisation de l'eau. La Commission suggère à cet égard que soit envisagée une répartition adéquate de l'eau entre les secteurs économiques et des mesures économiquement avantageuses pour améliorer la gestion des besoins en eau avant d'opter pour la mise en place d'infrastructures d'approvisionnement en eau supplémentaires. « Dans certains cas, il sera possible d'accroître l'offre pour venir en aide à certaines régions souffrant de désertification, mais cette option n'est à envisager que lorsque toutes les options visant les économies et l'efficacité auront été exploitées. Il faut créer une culture de l'économie de l'eau comme nous l'avons fait pour l'énergie », précise M. Gammeltoft ;

la poursuite de l'intégration de la préoccupation de l'eau dans tous les secteurs gros consommateurs sous l'effet de certains facteurs, individuels ou conjugués (dans certaines régions, ce sera l'irrigation pour l'agriculture, dans d'autres, la forte densité démographique, dans d'autres encore, le secteur tertiaire);

la prise en compte du facteur eau et de l'utilisation durable des sols dans la planification urbanistique ;

la prise en compte du financement de l'efficacité de l'utilisation de l'eau dans les fonds communautaires de cohésion et agricoles ;

la mise en place de plans de gestion des sécheresses par les Etats membres ;

la création, au Centre commun de recherche (CCR), d'un observatoire des risques de sécheresse pour aider les Etats membres.

Cette communication fournira à la Présidence portugaise un canevas pour le débat qu'elle entend lancer sur le sujet, lors du Conseil Environnement informel de Lisbonne (31 août - 1er septembre). A la fin de 2008, la Commission rendra compte des progrès accomplis. (an)

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