Bruxelles, 18/07/2007 (Agence Europe) - En présentant mardi, devant la commission des Affaires étrangères du PE, les enjeux des six prochains mois de la Présidence, Luis Amado a souhaité un « rôle plus vigoureux » pour l'UE dans les dossiers internationaux. Sur le réchauffement de la planète, les migrations, le conflit des cultures ou la prolifération nucléaire, « il faut que l'UE ait un rôle de premier plan », a estimé le ministre des Affaires étrangères portugais. Etroitement lié aux responsabilités de l'UE sur la scène internationale, le programme de la Présidence portugaise pour les relations extérieures est aussi marqué par les Sommets prévus avec plusieurs partenaires (EUROPE n° 9457). Celui avec le Brésil a déjà eu lieu (EUROPE n° 9462), mais c'est surtout le rendez vous de décembre avec les Africains qui mobilise les énergies et les commentaires. Plus généralement, sans tourner le dos aux frontières Est de l'Europe, le Portugal regarde vers le Sud.
Dans nos relations avec le continent africain, « nous avons besoin d'une véritable Union Africaine (UA) avec les institutions qui s'imposent pour organiser cette intégration », a poursuivi le ministre. « Lors du Sommet, il faudra mettre en avant le cadre multilatéral et ne pas les mélanger avec nos relations bilatérales avec le Zimbabwe », a-t-il répété, sans préciser les intentions de la Présidence à l'égard du Président Robert Mugabe. Nous n'allons pas nous laisser bloquer par cette question, mais je ne suis « pas en mesure de répondre » à ce stade sur une éventuelle invitation de M. Mugabe, a répondu M. Amado à Geoffrey van Orden (PPE-DE, Britannique). « Je ne tiens pas à ce que Mugabe vienne absolument assister à ce sommet, mais bien sûr il faut que l'UA s'en tienne à ses propres règles », qui prévoient que les différents pays soient traités sur un pied d'égalité, a-t-il insisté, assurant Ana Maria Gomes (PSE, Portugaise) que le partenariat comportera un chapitre sur les droits de l'Homme.
Nous avons affaire à une nouvelle réalité stratégique autour du bassin méditerranéen, où « nous voulons agir » (surtout dans le cadre d'Euromed) pour garantir la stabilité, a souligné M. Amado, en souhaitant que ces pays parviennent à une intégration économique. C'est un « défi peut être plus grand encore que ne l'était celui de la chute du bloc soviétique », a-t-il jugé. Et d'ajouter: « Il va falloir que notre action soit visible au Moyen-Orient » où la crise ne fait qu'empirer les relations entre monde arabe et monde occidental.
Sur la Turquie et la définition des frontières de l'Europe, la Présidence portugaise ne souhaite pas précipiter le débat préconisé par Paris. « Notre attitude est différente de celle de la France », a déclaré
M. Amado, indiquant qu'un rapport d'évaluation sera présenté au Conseil européen de décembre et que l'on fera le point sur la position des différents Etats membres à ce moment-là. (ab)