Bruxelles, 18/07/2007 (Agence Europe) - La Commission européenne a approuvé, mercredi 18 juillet, une communication intitulée « Combattre l'écart de rémunération entre les femmes et les hommes » qui couvre toutes les discriminations directes, indirectes et toutes les inégalités qui affectent les femmes sur le marché du travail et influencent leur rémunération. Dans l'UE, force est de constater que les femmes continuent à gagner 15% de moins que les hommes, et cette situation ne s'est guère améliorée au cours des dix dernières années. Et cela malgré que, depuis 1957, le principe de l'égalité de traitement est inscrit dans le Traité de Rome et qu'une directive de 1975 en assure l'application. Pour le Commissaire Vladimir Spidla, il n'y a qu'une seule solution: « passer à la vitesse supérieure en mobilisant les hommes et les femmes, les ONG, les partenaires sociaux et les pouvoirs publics pour combattre ce problème ».
A cette fin, la communication propose de: (1) mieux appliquer la législation existante (en examinant aussi les possibilités d'adaptation des législations actuelles et en lançant des actions de sensibilisation) ; (2) lutter contre l'écart salarial dans le cadre des politiques de l'emploi des Etats membres (avec l'aide financière européenne sous toutes ses formes, dont le Fonds social européen, FSE) ; (3) promouvoir l'égalité salariale auprès des employeurs en faisant appel à la responsabilité sociale de ces derniers ; (4) soutenir l'échange de bonnes pratiques au niveau communautaire et associer les partenaires sociaux.
« La situation est difficilement acceptable, si l'on considère que 59% des diplômés de l'enseignement supérieur dans l'UE sont des femmes », a déclaré le Commissaire Vladimir Spidla devant la presse. Les statistiques montrent en effet que l'écart salarial se creuse avec l'âge, le niveau d'études et les années de services: les différences de salaire dépassent les 30% dans la tranche d'âge des 50-59 ans alors qu'elles n'atteignent que 7% chez les moins de 30 ans. L'écart salarial excède les 30% chez les diplômés de l'enseignement supérieur contre 13% chez les travailleurs ayant achevé le cycle inférieur de l'enseignement secondaire. Enfin, l'écart peut atteindre 32% chez les travailleurs comptant plus de 30 années de service dans une entreprise alors qu'il est seulement de 22% chez les salariés dont l'ancienneté dans l'entreprise va de 1 à 5 ans. Et Vladimir Spidla d'ajouter, outré: « dans certains pays, les bonnes d'enfants gagnent moins que les mécaniciens, les caissières de supermarchés moins que les manutentionnaires, les infirmières moins que les policiers ! ». Le Commissaire explique notamment cette différence par le fait que les emplois qui exigent une expérience ou des qualifications semblables sont habituellement moins bien rémunérés lorsqu'ils sont occupés majoritairement par des femmes. Il en va ainsi pour tous les secteurs professionnels qui se féminisent, comme c'est le cas dans la presse, par exemple, a noté M. Spidla. Ainsi, l'écart salarial entre hommes et femmes représente la différence entre la rémunération horaire moyenne brute des premiers et celle des secondes dans l'ensemble de l'économie, et reflète les inégalités du marché du travail dont les femmes sont, dans la pratique, les principales victimes, entre autres parce qu'elles ont des difficultés à concilier vie familiale et vie professionnelle et qu'elles ont souvent une carrière plus fragmentée (entrecoupée de naissances, par exemple).
La Commission note quelques tendances générales en matière de variations d'écart de rémunération entre hommes et femmes: (1) dans la plupart des Etats membres où le taux d'activité des femmes est peu élevé (Malte, Italie, Grèce, Pologne par exemple), l'écart de rémunération est inférieur à la moyenne, conséquence d'une faible proportion de femmes peu qualifiées ou non qualifiées dans la population active ; (2) un écart de rémunération important dénote généralement un marché du travail fortement cloisonné (Chypre, Estonie, Slovénie, Finlande, par exemple) où la participation des femmes est plus concentrée autour d'un nombre restreint de secteurs ou de professions ; (3) les pays où une proportion notable de femmes travaillent à temps partiel (Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Autriche, Suède par exemple) tendent à afficher un écart de rémunération plus important. M. Spidla a fait remarquer que c'est dans le secteur des services financiers que l'écart de rémunération entre hommes et femmes est le plus large: « beaucoup de femmes y travaillent ; on ne peut pas en dire autant pour le secteur du bâtiment où il n'y a quasi pas de femmes et donc l'écart de rémunération est quasi zéro », mais aussi dans l'industrie manufacturière et les services en entreprises.
Réagissant à cette communication, John Monks, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), et Zita Gurmai , présidente des femmes PSE au Parlement européen, se sont félicités du fait que M. Spidla ait proposé une nouvelle action pour combattre l'écart de rémunération entre les hommes et les femmes et pour renforcer la législation européenne datant de 1975 en matière d'égalité des chances.
Le texte de la communication est disponible:
http: //ec.europa.eu/employment_social/news/2007/jul/genderpaygap_en.pdf (gb)