login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9465
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

La France sous étroite surveillance

Bruxelles, 10/07/2007 (Agence Europe) - Venu expliquer la politique économique et les réformes qui seront mises en œuvre en France, Nicolas Sarkozy a « rassuré » l'Eurogroupe, selon son Président Jean-Claude Juncker, qui veut croire en l'engagement du Président français de tout faire pour rétablir, si la croissance est au rendez-vous, l'équilibre des comptes publics à l'horizon 2010. La date convenue lors de la réunion informelle de Berlin en avril reste donc l'objectif affiché, mais si la croissance qui doit découler des réformes ne permet pas de mener l'assainissement budgétaire, l'échéance sera repoussée de deux ans, à 2012, a prévenu M. Sarkozy, qui s'exprimait lundi soir devant la presse à l'issue de sa rencontre avec les Treize ministres des Finances de la zone euro. « Il faut de l'argent pour accompagner un processus de réformes » or « on ne peut pas me demander des résultats tout de suite avec des réformes faites tout de suite », a expliqué M. Sarkozy, qui s'est dit « dans la logique » du Pacte de stabilité et de croissance révisé (PSC). Mais pour bénéficier de la souplesse de son volet préventif, Paris s'est engagé à détailler de manière exhaustive les réformes envisagées dans une version actualisée du programme de stabilité, qui sera remise dès septembre (au lieu de décembre).

Lorsqu'il définit la trajectoire d'ajustement qui doit conduire à la réalisation de l'objectif budgétaire à moyen terme pour les États membres, « le Conseil tient compte de la mise en œuvre de réformes structurelles majeures qui entraînent des économies directes de coûts à long terme - y compris en renforçant la croissance potentielle - et qui ont donc une incidence vérifiable sur la viabilité à long terme des finances publiques », prévoit en effet le PSC. « Une analyse coûts/bénéfices détaillée des réformes structurelles » doit néanmoins être fournie pour qu'elles soient prises en compte dans la définition de la trajectoire d'ajustement. Parmi l'imposant paquet de mesures en France, certaines auront un coût immédiat pour les comptes publics et leur impact positif à long terme ou pour la croissance reste à vérifier. La déduction fiscale des emprunts immobiliers, la suppression des droits de succession et l'exonération des charges sociales pour les heures supplémentaires représenteraient ainsi 0,6% du PIB.

Lundi soir à l'Eurogroupe, M. Sarkozy a assuré que la France parviendrait à ramener son déficit à 2,4% du PIB en 2007 et « en deçà » de ce niveau en 2008. Le pays n'atteindra donc pas l'objectif de 1,8% qu'il s'était fixé dans son dernier programme de stabilité, mais « ceux qui à l'époque avaient pris cet engagement n'étaient pas davantage sûrs d'y être ». Sur cette base, le rythme de l'assainissement budgétaire pourrait néanmoins prendre un peu plus de temps. Officiellement, 2010 reste l'objectif, mais si nous n'y arrivons pas à cette date, « je demanderai d'être au rendez-vous en 2012 », a déclaré M. Sarkozy. « Il faut un peu de temps pour que les réformes génèrent des économies », a jugé le Président français, qui ne « demande pas un délai pour différer l'effort d'assainissement budgétaire mais une application intelligente et dynamique du Pacte ».

La France fera les réformes et poursuivra donc son effort de consolidation budgétaire avec « pragmatisme ». Elle profitera certes de toute la latitude offerte par le volet préventif du Pacte de stabilité et de croissance, mais restera sous surveillance, comme n'a pas manqué de le souligner un Jean-Claude Juncker vigilant. « Nous sommes contents de voir que la France s'engage dans une phase de réformes profondes et de substance », a déclaré le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois, se félicitant de ce que Paris « restera profondément ancré dans la philosophie de réduction de déficits ». S'il a surtout « retenu l'engagement de tout faire pour arriver à l'objectif à moyen terme en 2010 », il attend de voir le programme de stabilité actualisé pour se faire une idée exacte de cette intention. Un document qui contiendra donc une liste exhaustive des réformes mises en œuvre et qui prévoira deux scénarios, selon M. Sarkozy, l'un envisageant un niveau de croissance tel qu'il permettra de réaliser l'objectif d'équilibre en 2010 et l'autre, avec une croissance moindre, peut être plus réaliste, qui portera l'objectif à 2012. Conformément aux orientations exprimées à Berlin, la France s'est engagée à affecter toutes les recettes conjoncturelles supplémentaires à la réduction des déficits ou de la dette, a aussi constaté M. Juncker.

Estimant mardi que M. Sarkozy avait été « entendu, compromis et encouragé » sur ce chemin de réformes par ses homologues de l'Eurogroupe, la ministre des Finances française, Christine Lagarde, a confirmé qu'elle espérait dégager un point de croissance supplémentaire, « le plus tôt possible», pour alors tout faire afin de respecter l'engagement de 2010. Tenue par le PSC de réaliser un ajustement minimal de 0,5% du PIB par an, elle a reconnu qu'il s'agissait d'un élément qui restait à aborder avec le Commissaire chargé des affaires économiques et monétaires, Joaquín Almunia. « On va rester dans le cadre du Pacte », a souligné ce dernier mardi, après l'Ecofin, constatant que la veille « tout le monde a rappelé que les réformes et la rigueur budgétaire ne sont pas contradictoires mais complémentaires ». A ce stade, on a une « opinion positive » dont il faut attendre confirmation à la lumière du programme de stabilité actualisé, a précisé le Commissaire avant de conclure: « On pouvait croire que le pacte courait un risque, mais il a été renforcé hier ». (ab)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES