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Bulletin Quotidien Europe N° 9439
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

MM. Juncker et Almunia insistent sur le respect des engagements d'assainissement budgétaire en période économique favorable

Luxembourg, 05/06/2007 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro ont réitéré, lundi soir, leur engagement en faveur de la consolidation des finances publiques en période de bonne croissance. L'enjeu est d'actualité si, comme le prévoient les perspectives de printemps, la croissance atteint cette année 2,6% du PIB et 2,5% l'année prochaine (EUROPE n° 9421). Des prévisions confirmées par le Fonds monétaire international (FMI), dont le directeur chargé de l'Europe, Michael Deppler, assistait à la réunion à l'issue de laquelle Jean-Claude Juncker s'est félicité des « toujours favorables » perspectives de croissance à moyen terme. Ne voyant « pas de risques majeurs à court et moyen terme pour la stabilité des prix », le Président de l'Eurogroupe a souligné devant la presse que « les développements très positifs sur le marché du travail montrent que les réformes structurelles commencent à porter leurs fruits ». La satisfaction est réelle, mais M. Juncker enfonce le clou des exigences budgétaires. « Tous les Etats membres à part une ou deux exceptions ont utilisé les recettes budgétaires inattendues pour réduire leurs niveaux de déficit ou de dette », mais « pour l'avenir, nous devons utiliser davantage les bonnes conditions économiques », a-t-il plaidé.

Abordant les orientations pour 2008 des budgets nationaux de neuf Etats membres, les ministres s'en tiennent donc à la ligne définie à Berlin en vue d'atteindre leur objectif à moyen terme d'ici 2010 au plus tard (EUROPE n° 9411). Préconisées par le Pacte de stabilité et de croissance et réaffirmées en avril lors de l'Ecofin informel, ces orientations sont « très importantes » et devraient être transposées dans les budgets, a soutenu M. Almunia, qui reconnaît que « cette transposition n'est pas aisée » mais espère que la « pression et le soutien des pairs » joueront à plein. Si les projets de budget allemand et néerlandais ont été examinés en avril, ceux de la France et de l'Irlande le seront en juillet.

A ce stade donc, le nouveau ministre des Finances français, Jean-Louis Borloo, n'a pas précisé les intentions de son gouvernement. Alors que, pendant la campagne électorale présidentielle, Nicolas Sarkozy laissait entendre qu'il souhaitait repousser l'objectif d'équilibre des comptes au-delà de l'échéance prévue en 2010, l'Eurogroupe a rappelé les obligations auxquelles l'ensemble des pays de la zone euro ont souscrit. « Je n'ai noté dans aucune prise de parole de mon collègue français des propos qui me feraient croire que les engagements pris à Berlin étaient remis en cause », a souligné M. Juncker, qui insiste: « Je ne doute pas un seul instant que la France saura satisfaire aux exigences du PSC ». Comme c'est le cas dans tous les autres pays, il faut « profiter des périodes économiques favorables pour réduire le déficit public », a aussi martelé Joaquín Almunia. L'Italie, dont le Président du Conseil, Romano Prodi, avait pour sa part évoqué la possibilité d'utiliser les recettes budgétaires supplémentaires à d'autres fins, a reçu lundi des précisions du Commissaire, qui autorise une certaine souplesse selon la nature des recettes additionnelles disponibles. La partie de recettes supplémentaires de nature cyclique, la plus conséquente, doit être destinée à l'assainissement des finances publiques, alors que celle de nature structurelle, qui continuera d'affluer si la situation économique s'obscurcit, peut être affectée à un autre objectif, a expliqué le Commissaire.

« Les discussions ont été très faciles » sur la proposition de la Commission d'élargir la zone euro à Chypre et Malte dès le premier janvier 2008, s'est par ailleurs félicité M. Almunia, avant que la décision ne soit formalisée à Vingt-sept (EUROPE n° 9428). Contrairement à l'année dernière, lorsqu'ils avaient repoussé l'entrée de la Lituanie, les ministres ont cette fois avalisé les candidatures des deux prétendants, qui seront officiellement invités à rejoindre les Treize par le Conseil européen des 21 et 22 juin. A partir de septembre, les ministres maltais et chypriotes seront invités aux travaux de l'Eurogroupe, qui se dérouleront donc à quinze, a indiqué M. Juncker.

Anticipant la décision qui devait être prise le lendemain par le Conseil, et comme la Commission l'avait recommandé (EUROPE n° 9428), l'Eurogroupe s'est également prononcé pour l'abrogation des procédures de déficit excessif contre l'Allemagne et la Grèce. Dans le cas allemand, la correction a été « impressionnante », a convenu M. Almunia, qui insiste pour que l'effort se poursuive en 2008, année où le gouvernement prévoit une réforme de l'impôt sur les sociétés. Pour la Grèce, la situation n'est « pas aussi facile », l'assainissement structurel pouvant être plus ambitieux, a-t-il observé. Le PIB du pays doit par ailleurs être révisé à la hausse (Eurostat validera la correction à l'automne), ce qui devrait entraîner une augmentation de la contribution grecque au budget communautaire (d'environ 0,5% du PIB a priori). Cet impact ne devrait toutefois pas faire replonger le déficit au-delà du seuil de 3%, a jugé M. Almunia, qui estime que la fiabilité des statistiques « s'est améliorée » et qu'Athènes offre désormais des chiffres de qualité similaire à ceux des autres Etats membres. (ab)

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