Bruxelles, 05/06/2007 (Agence Europe) - S'exprimant mardi devant les membres de la commission Commerce international du Parlement européen, présidée par l'Allemand Helmuth Markov (GUE), le Commissaire au Commerce Peter Mandelson a lancé un vibrant appel mardi aux dirigeants du « G8 + 5 » (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni et Russie plus les 5 grands pays émergents que sont l'Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l'Inde et le Mexique), qui se retrouveront du 6 au 8 juin à Heiligendamm, à accepter des compromis pour permettre la conclusion des négociations de Doha dans les deux mois à venir et éviter ainsi que le round ne prenne encore des années de retard. « Les enjeux politiques sont très grands. Il semble que des négociateurs parmi les plus importants, alors que le moment décisif approche, durcissent leurs positions plutôt que de proposer des compromis et de la souplesse », a-t-il estimé devant les membres de la commission INTA. « Je crois que nous avons besoin d'un engagement personnel et actif des dirigeants des grandes économies mondiales afin de permettre les compromis que toutes les parties seront amenées à faire pour pouvoir parvenir à un accord équilibré, ambitieux et équitable », a poursuivi le Commissaire au Commerce, avant d'ajouter: « Si nous ne parvenons pas à trouver un accord sur le commerce aujourd'hui, quelles chances avons-nous de parvenir à un accord sur une question encore plus délicate qui est celle du changement climatique ? ». « Je ne peux exposer une flexibilité à sens unique dans ces négociations », a poursuivi M. Mandelson, rappelant qu'il est « essentiel que les Etats-Unis acceptent des disciplines sur les soutiens internes, que les économies émergentes, le Brésil, l'Inde et la Chine, ouvrent leurs marchés industriels même si leurs efforts devront être moins que proportionnels aux nôtres ». « L'Union est prête à faire beaucoup mais pas à aller jusqu'aux limites de ses ambitions si les autres partenaires ne sont pas prêts à le faire. Si nos partenaires font des contributions raisonnables, nous devrons être prêts à déployer la flexibilité que nous avons montrée depuis juillet 2006, notamment sur les tarifs agricoles. Mais s'ils ne le font pas, nous devrons revoir notre position », a-t-il averti, avant de répéter une nouvelle fois que « l'Union ne sera pas le seul banquier du round ». Le Commissaire au Commerce s'est également montré pessimiste quant à la possibilité de conclure le round une fois que la fenêtre d'opportunité des mois de juin et juillet sera refermée. « Passé cette période, les attentions vont se concentrer aux Etats-Unis sur l'élection du futur président américain et je pense qu'il faudra attendre jusqu'en 2010 pour voir reprendre des négociations qui auront échoué cet été », a conclu M. Mandelson. (eh)