Bruxelles, 05/06/2007 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté, lundi 4 juin, une proposition visant à interdire totalement l'utilisation de l'œstradiol 17 bêta pour soigner les animaux producteurs d'aliments. Cette substance hormonale est actuellement encore autorisée, dans des cas très précis et sous contrôle vétérinaire, pour le traitement des troubles de la reproduction de certains animaux d'élevage. La Commission estime que le retrait des produits contenant de l'œstradiol 17 bêta « n'aura pas d'effet négatif ou seulement un effet négligeable » sur les exploitants, les médecins vétérinaires et l'industrie pharmaceutique vétérinaire ». Certains vétérinaires et exploitants devront s'habituer à de nouveaux médicaments de substitution qui existent déjà sur le marché (comme les prostaglandines).
En 1981, l'Union européenne avait interdit l'utilisation de substances à effet hormonal pour stimuler la croissance des animaux d'exploitation. En 1999, en 2000 et en 2002, le Comité scientifique des mesures vétérinaires en rapport avec la santé publique (CSMVSP) avait conclu que l'œstradiol 17 béta doit être considéré comme totalement cancérogène, dans la mesure où il exerce à la fois des effets de formation et d'activation des tumeurs.
Pour la Commission, l'interdiction de cette substance aura l'avantage de rendre la position de l'UE contre l'utilisation des hormones de croissance plus cohérente et donc plus défendable au niveau international.
Par ailleurs, la Commission propose une législation spécifique autorisant l'utilisation de certaines substances hormonales destinées à améliorer la santé des animaux de compagnie (traitement de l'hyperthyroïdie chez les chiens et les chats). Le recours à ces produits avait été interdit dans le passé afin d'éviter des détournements vers les animaux d'élevage. Or, selon la Commission, il est économiquement sans attrait d'utiliser des produits destinés aux animaux de compagnie par exemple chez les bovins. (lc)