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Bulletin Quotidien Europe N° 9439
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/g8/climat

à la veille du G8, la Présidente Angela Merkel et José Manuel Barroso gardent le cap - Pas question de renoncer à des objectifs contraignants et ambitieux, dans le cadre de l'ONU

Bruxelles, 05/06/2007 (Agence Europe) - A la veille du sommet du G8, élargi aux cinq grands pays émergents (Heiligendamm, 6-8 juin), l'éventualité que la Présidence allemande, du G8 et de l'UE, parvienne à rallier les Etats-Unis à des objectifs ambitieux et contraignants pour l'intensification de la lutte contre le changement climatique après 2012 (quand aura expiré la première période d'engagements du Protocole de Kyoto), relève du miracle. Mais il n'est pas sûr non plus que les Etats-Unis réussissent à convaincre la Chine et l'Inde de s'engager dans un processus de négociations en marge du cadre multilatéral des Nations Unies, ces deux pays n'ayant pas, pour l'heure, réagi à l'alternative offerte par George Bush. La Chine, qui doit dévoiler sa stratégie climatique au G8, a au contraire fait savoir que « le gouvernement chinois prend la question très au sérieux », selon le ministre délégué aux Affaires étrangères Cui Tiankai, cité le 5 juin par la presse chinoise.

Déterminés à faire bande à part, les Etats-Unis, opposés à tout objectif contraignant, n'entendent pas faire cavalier seul. Leur initiative pour le climat, présentée le 31 mai, vise à entraîner dans leur sillage les quinze pays émettant le plus de gaz à effet de serre - y compris les pays émergents qui ne sont pas liés par le Protocole de Kyoto - pour s'entendre, d'ici à la fin de 2008 sur « un objectif global à long terme » de réductions des émissions de gaz à effet de serre, non chiffré (EUROPE n° 9437 et 9436).

Qu'à cela ne tienne, la chancelière allemande et présidente du G8, Angela Merkel, comme José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, gardent le cap. L'UE se battra pour un consensus sur une réduction de moitié des émissions globales à l'horizon 2050 pour maintenir la hausse moyenne des températures à 2 degrés Celcius au-dessus du niveau atteint à l'ère préindustrielle, en s'appuyant sur un marché mondial du carbone. Angela Merkel a répété le 3 juin, à l'issue de son entretien avec Tony Blair, que l'obtention d'un accord international dans le cadre des Nations Unies n'était « pas négociable ». Dans l'esprit de la Présidente, le G8 doit précisément préparer le terrain pour que les négociations internationales visant cet accord international sur un régime global de lutte contre le réchauffement puissent débuter en décembre, lors de la prochaine conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (Bali, 3 -14 décembre).

Convaincue que la lutte contre le changement climatique nécessite que « tous les acteurs majeurs soient à bord », la chancelière a estimé que la proposition américaine constituait « un pas en avant » et que toutes les propositions étaient les bienvenues, pourvu qu'elles conduisent à un processus des Nations unies conduisant à des réductions supplémentaires pour succéder au Protocole de Kyoto quant il expirera.

Pour Tony Blair, il ne fait « pas de doute que nous devons atteindre un accord sur la protection du climat dans le cadre des Nations Unies ». Et si le Premier ministre britannique se réjouit que les Etats-Unis acceptent désormais l'idée d'objectifs de réductions substantielles, il ajoute: « mais il faut aller plus loin. Et nous devons dire clairement comment nous entendons atteindre ces objectifs ».

Même s'il choisit de voir, lui aussi, une évolution positive dans la position américaine, José Manuel Barroso, qui représentera la Commission européenne au G8, ne cède en rien sur le fond. « Nous assistons à des positions qui évoluent de la part des Etats-Unis et de la Chine, les deux plus gros émetteurs au monde. Ce sont deux pas en avant. Au niveau global, nous avons franchi le Rubicon. La question n'est plus de savoir si le monde devrait agir, mais bien, quand et comment il agira. Le système communautaire d'échanges de quotas d'émission est de loin le progrès concret le plus significatif dans la lutte globale contre le changement climatique. Le cadre pour ce faire existe: c'est la Conférence des Nations unies sur le changement climatique qui débutera en décembre 2007 pour négocier un accord post-Kyoto pour la période après 2012. La nature de ce nouvel accord doit bien sûr être négocié, mais pour moi - comme pour tous les Etats membres de l'UE, il est clair que nous devons viser et nous entendre sur des mesures et objectifs contraignants, mesurables et exécutoires », a déclaré le Président devant le groupe d'experts de haut niveau sur l'énergie et le climat, le 4 juin, à Berlin.

Stavros Dimas, Commissaire à l'Environnement, n'a pas dit autre chose, en déclarant, le 5 juin, à l'occasion de la journée mondiale de l'environnement: « La bataille (contre le changement climatique: NDLR) peut encore être gagnée. Pour cela, il faut des réductions obligatoires des gaz à effet de serre avec des objectifs et un calendrier impliquant toute la communauté internationale dans le cadre des Nations Unies ». (an)

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