Bruxelles, 25/05/2007 (Agence Europe) - Réunis cette semaine en Congrès à Séville, les syndicalistes européens sont passés « à l'offensive » pour une Europe sociale forte et solidaire, en se prononçant contre « un mini Traité européen sans volet social » et en adoptant le « Manifeste de Séville » qui résume la stratégie et le plan d'action de la CES pour la période 2007-2011, ainsi que la Charte sur le « Gender mainstreaming » qui vise à intégrer la problématique de l'égalité hommes-femmes à la vie et à la lutte des syndicats.
Au cours de ces journées, les syndicalistes ont également été saisis d'un thème « très à la mode », comme l'a qualifié la nouvelle Présidente de la CES Wanja Lundby-Wedin, à savoir la flexicurité (flexibilité pour l'entreprise, sécurité pour le travailleur). Le Président de la Commission, José Manuel Barroso, a appelé à mettre en place un tel système qui, a-t-il dit, « peut fonctionner en Europe si nous voulons maintenir notre ambition sociale ». Pour le Président, il est nécessaire d'« adapter les modèles sociaux européens tout en gardant les valeurs qui ont fait de l'Europe un tel succès ». Pour atteindre la flexicurité, il faut également une adaptation du dialogue social, « essentiel pour l'Europe, pour le progrès et la prospérité », a encore estimé M. Barroso en concluant: « Comme représentants des travailleurs, vous devez être comme des pionniers de la nouvelle Europe que nous construisons ensemble, une Europe de la prospérité, de la solidarité, de l'équité et du partenariat ». « Nos modèles doivent être assez solides pour offrir la sécurité, mais aussi assez souples pour répondre à l'évolution rapide de l'économie », a affirmé John Monks qui, en rétorquant au Président Barroso, a déploré que sur le plan européen la flexicurité soit devenue « un menu à la carte dont les choix les plus prisés par les hommes politiques seraient la fin des contrats sécurisés, la réduction de la protection de l'emploi et des droits aux allocations de chômage ». Le Président de Businesseurope, Ernest-Antoine Seillière, a pressé les congressistes de négocier la flexicurité et réclamé l'adaptation du modèle européen avec plus de flexibilité, instaurant « un lien positif entre compétitivité et protection sociale ». Message repris par le Commissaire Vladimir Spidla pour qui « cette flexicurité peut apporter une réponse cohérente aux défis de l'emploi et de la précarité ». L'intention de la Commission « n'est pas d'imposer une recette mais de partager des expériences et d'en tirer les éléments qui peuvent aider les Etats membres et leurs partenaires sociaux à créer les solutions adaptées aux situations nationales spécifiques dont tout le monde tire profit. La confiance et le dialogue sont essentiels dans ce contexte », a ajouté M. Spidla en annonçant une communication de la Commission sur ce thème pour fin juin. Et de conclure que « l'Union a besoin d'une Confédération européenne des syndicats forte, influente, imaginative et tournée vers l'avenir, qui nous pousse et nous aide à dessiner une Europe ouverte et confiante ». Le Premier ministre espagnol José Luis Rodrigues Zapatero a déclaré quant à lui qu'il était possible d'« innover avec flexibilité et de protéger les droits des travailleurs ». Il est bon de réformer mais il est obligatoire de le faire avec l'accord des partenaires sociaux. Le vice-chancelier et ministre du Travail allemand Franz Müntefering a jugé inacceptable que l'on s'accorde sur la flexibilité sans assurer la sécurité. « Il faut façonner le changement (…) même si la sécurité totale n'existe pas », a-t-il ajouté. Une position qui rejoint celles exprimées par les congressistes au cours de leurs travaux à Séville. (gb)