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Bulletin Quotidien Europe N° 9433
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/social/constitution

Les syndicats européens refusent un « mini Traité » européen sans volet social

Bruxelles, 25/05/2007 (Agence Europe) - Lors du débat qu'ils ont eu jeudi au congrès à Séville sur le Traité constitutionnel, les syndicalistes européens ont fermement condamné « tous les changements du Traité proposés par des dirigeants européens qui viseraient à réduire ou supprimer la Charte des droits fondamentaux ». Ils se sont aussi prononcés contre l'idée d'un « mini Traité européen » - initialement proposé par le nouveau Président français Nicolas Sarkozy qui parle cependant aujourd'hui d'un « traité simplifié » (EUROPE n°9432) - qui ne maintiendrait pas intégralement le volet social prévu par le Traité constitutionnel européen. Les syndicalistes s'inquiètent par conséquent des déclarations faites mercredi par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui a affirmé lors de sa conférence de presse avec M. Sarkozy qu'un consensus était en train de se former autour de l'idée d'un « traité simplifié » (EUROPE n° 9432).

« Nous ne pouvons accepter cela », a martelé John Monks en réitérant sa mise en garde faite à Bruxelles la veille du Congrès (EUROPE n° 9429). « Nous demandons que la Charte soit incluse - pas de si, pas de mais, mais la pleine inclusion pour une Charte juridiquement contraignante. Et nous voulons aller à l'offensive pour assurer cela », a-t-il ajouté. La Confédération européenne des syndicats (CES) a appelé à une manifestation à Bruxelles lors du Conseil européen des 21/22 juin, pour que la Charte des droits fondamentaux soit incluse en tant que partie juridiquement contraignante dans le futur traité.

Dans leur « Manifeste de Séville », adopté jeudi 24 mai, la CES plaide « pour la défense de l'essence du Traité constitutionnel, y compris la Charte des droits fondamentaux et les droits syndicaux à s'organiser et à faire grève ». Au cours du débat, Michael Sommer, leader du syndicat allemand DGB, a jugé la position d'Angela Merkel « ambiguë » car « il n'est pas du tout sûr qu'elle va s'engager pour inclure cette Charte dans le mini Traité », rapporte l'AFP. John Monks a affirmé quant à lui que la France et le Royaume-Uni allaient « mettre la pression sur la Présidence allemande pour aller vers un mini Traité qui n'inclurait pas la Charte des droits fondamentaux ». Le ministre espagnol du Travail Jesus Caldera a souligné que l'Espagne « est partisane de l'inclusion de la Charte dans un mini Traité ». Pour Judit Czuglerne Ivany (syndicat hongrois MOSz), la Charte des droits fondamentaux est très importante pour les nouveaux Etats membres de l'UE. « C'est la pierre angulaire, non négociable », a enchaîné José Javier Cubillo (UGT, Espagne).

Ce débat ne recueille toutefois pas l'adhésion de tous les syndicalistes. Ainsi, M. Le Duigou (CGT, France) a affirmé (toujours selon l'AFP) que la CES « s'accroche à l'idée que la Constitution est un point de passage pour l'Europe sociale, mais tout va être remis en cause dès le Sommet européen de juin ! ». Et de poser la question: « Faut-il que préexiste un pouvoir politique européen pour que se construise l'Europe sociale ? C'est le syndicalisme qui doit commencer lui-même à bâtir l'Europe sociale, ce qui permettra l'avènement d'une Europe politique ».

Le « Manifeste de Séville » définit une nouvelle stratégie d'action ambitieuse en matière sociale, économique et environnementale (voir EUROPE n° 9429 et le site http: //sevilla.etuc.org). (gb)

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