Bruxelles, 19/12/2006 (Agence Europe) - La Commission européenne et la Présidence finlandaise ont condamné mardi le verdict de la justice libyenne prononçant la condamnation à mort des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien, jugés coupables d'avoir délibérément inoculé le virus du sida à des enfants. « La Commission ne peut accepter ce verdict », a indiqué le porte-parole de José Manuel Barroso, qui se déclare « choqué ». La Commission et la Présidence du Conseil de l'UE réitèrent leurs « préoccupations sérieuses » sur le fond de la décision, ainsi que sur le traitement des prisonniers détenus depuis sept ans. Un précédent jugement, rendu il y a deux ans, avait en effet été annulé par la Cour suprême, qui avait ordonné un nouveau procès sur cette affaire remontant à la fin des années 90. Dans une déclaration, à laquelle s'est ralliée la Commission, la Présidence finlandaise espère que la procédure d'appel de ce jugement permettra « une solution juste, équitable et humanitaire », de nombreux observateurs indiquant que des rapports d'experts qui démontrent l'innocence des condamnés n'ont pas été pris en compte. Pour Franco Frattini, cette décision constitue quoi qu'il en soit un « obstacle » à la coopération entre l'UE et la Libye. Il s'agit d'un « geste dangereux », d'« un message négatif pas seulement pour les Bulgares mais aussi pour l'UE », a précisé le vice-président de la Commission, qui souhaite que la Libye revoie ce jugement et examine « toutes les possibilités d'annuler la décision ». Le ministre des Affaires étrangères bulgare, Ivailo Kalfin, a pour sa part trouvé ce jugement « profondément décevant » et le Président du Parlement bulgare, Guéorgui Pirinski, a appelé la Libye à empêcher l'exécution de la sentence. « Des peines pareilles ne peuvent et ne doivent pas être exécutées », a-t-il souligné. (ab)