Bruxelles, 20/11/2006 (Agence Europe) - Les ministres de la Pêche des Etats membres de l'UE ont examiné, lundi 20 novembre, un premier texte de compromis de la Présidence finlandaise sur les quotas de pêche des espèces d'eau profonde pour les deux prochaines années (2007 et 2008). Malgré les quelques concessions acceptées par Joe Borg, le Commissaire européen à la Pêche, en particulier sur le sabre noir, la dorade rose ou encore la mostelle de fond, les Etats membres les plus impliqués dans cette activité (France, Espagne, Portugal, Pologne) ont estimé que les réductions de totaux admissibles de captures (TAC) et quotas étaient encore trop importantes, notamment pour le grenadier de roche, la lingue bleue, les requins des grands fonds et l'empereur.
Alors que la Commission avait proposé, initialement, des réductions de plus de 30% par an (2007 et 2008) pour la plupart des espèces dont le stock est jugé inquiétant (EUROPE n°9275), le premier texte de compromis présenté aux ministres dans la matinée prévoyait, notamment, une reconduction des TAC actuels (2005-2006) pour les stocks suivants: - le sabre noir (3042 tonnes en 2007 et autant en 2008, dont 2433 t par an pour la France, et 173 t par an pour l'Espagne et le Royaume-Uni, pour le stock du nord situé à l'ouest des îles britanniques) ; - la dorade rose (toutes zones confondues, soit des TAC de plus de 2000 t, surtout pour l'Espagne et le Portugal) ; - la mostelle de fond (tous les stocks de cette espèce capturée par des navires surtout britanniques, espagnols, français et irlandais). En outre, le projet modifié prévoit des réductions moindres (-30% au lieu de -45% dans la proposition initiale) pour le stock sud de grenadier (péninsule ibérique). Par contre, la Commission n'avait pas fait de concessions ni sur la lingue bleue (plus de 30% de réduction par an), ni sur le stock nord de grenadier (elle propose toujours -15%) ni sur l'empereur ni sur le requin des grands fonds.
Lors d'un premier tour de table, la France (le pays le plus concerné par cette pêche), l'Espagne, le Portugal et le Pologne ont estimé que cette nouvelle mouture du texte allait dans la bonne direction, mais n'était pas suffisante. La France a demandé des réductions ne dépassant pas 15% pour la lingue bleue (la Commission en reste à - 30% par an). L'Espagne a défendu des quotas moins réduits pour le grenadier et le requin. Le Portugal aussi aurait insisté sur la nécessité de proroger certains quotas de requins. A l'opposé, certains des Etats membres qui soutenaient les propositions initiales de la Commission, comme le Royaume-Uni, l'Allemagne, ou encore la Suède, auraient averti qu'ils n'apprécieraient pas trop un affaiblissement supplémentaire des mesures qui s'imposent pour sauvegarder ces espèces.
Après l'examen en séance de ce texte, la présidence et la Commission ont organisé, durant toute l'après-midi du 20 novembre, des réunions « en tête à tête » avec chacune des délégations. La réunion du Conseil devait se terminer vers 21 heures, après l'exercice des bilatérales, pour reprendre ce mardi 21 novembre en vue d'un accord sur les quotas des espèces d'eau profonde. Les ministres doivent aussi, le 21 novembre, tenter d'aboutir à un accord politique sur les mesures techniques d'exploitation des ressources halieutiques en Méditerranée ainsi que sur la création du journal de bord électronique (EUROPE n° 9309). (lc)