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Bulletin Quotidien Europe N° 9302
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/turquie

Si on est finalement obligé de « geler » certains chapitres de négociation, quid des autres ? demande Joost Lagendijk - Pour Camiel Eurlings, si la Turquie respecte le Protocole d'Ankara, cela doit aller de pair avec des avantages pour les Chypriotes turcs

Bruxelles, 08/11/2006 (Agence Europe) - Le rapport de la Commission européenne sur la Turquie (voir autre nouvelle) est « honnête et objectif », et ne justifie pas « la panique » ni des appels à la suspension des négociations d'adhésion, a dit mercredi après-midi à la presse le vert néerlandais Joost Lagendijk, président de la Délégation du PE pour les relations avec la Grande Assemblée turque. Les chances de parvenir à une solution sur l'affaire de Chypre sont « plus ou moins de 50%, certainement pas plus », et il faudra « un petit miracle » pour y arriver, a-t-il averti, en rappelant « l'obstination des deux parties » concernées. S'il faut quand même geler certains chapitres de la négociation, il devra s'agir de ceux qui concernent la libre circulation des biens, estime le député européen, qui note: si on écoute Chypre, il pourrait s'agir de 32 chapitres, le Royaume-Uni seulement 3, et j'espère qu'ils seraient seulement 8 ou 9. Dans une telle hypothèse, selon lui, il sera « crucial » de savoir ce qui se passe avec les autres chapitres: Va-t-on en fermer ? Va-t-on en ouvrir de nouveaux ? A part la « patate chaude » qu'est le Protocole d'Ankara, M. Lagendijk a estimé que le problème « de loin le plus important » est l'absence de liberté d'expression en Turquie. A ce sujet, Camiel Eurlings (PPE-DE, néerlandais), rapporteur du PE sur la Turquie, a salué les propos du Premier ministre Erdogan sur l'intention d'amender l'article 301 du Code pénal, tout en rappelant que le Parlement a souhaité qu'il soit aboli. Autre difficulté mise en exergue par les deux députés: la tendance des militaires, au cours des derniers mois, à se prononcer de plus en plus sur des questions politiques qui ne sont pas de leur compétence. A propos de la situation socio-économique dans le Sud-Est de la Turquie, M. Lagendijk s'est félicité que, pour la première fois, la Commission européenne cite explicitement la nécessité d'améliorer le sort des Kurdes.

Tant la Commission que le Parlement insistent sur « l'équité », or être « fair » signifie que « Pacte sunt servanda » et qu'« un accord est un accord », a martelé M. Eurlings, qui a salué la proposition de la Présidence finlandaise et a estimé qu'il faut établir « un lien clair » entre le respect du Protocole d'Ankara exigé de la part de la Turquie et des avantages concrets pour la communauté chypriote turque (par exemple, l'ouverture du port de Famagouste). Un peu plus inquiet que son collègue, M. Eurlings a mis en garde contre les conséquences d'une suspension ne fût-ce que de quelques chapitres: même si les négociations ne sont pas gelées et si on se limite à bloquer « un tas de chapitres », ce serait « de facto une suspension des négociations », a-t-il averti. (mg)

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