Bruxelles, 08/11/2006 (Agence Europe) - L'organisation internationale pour la protection des zones marines, « Oceana », prend très au sérieux les conclusions de l'étude menée par une équipe d'océanographes et d'économistes - nord-américains pour la plupart - annonçant que si la pression humaine (surpêche, pollutions et destruction des milieux) continue au rythme actuel, les poissons et crustacés les plus couramment pêchés aujourd'hui auront entièrement disparu en 2048. Oceana demande à l'UE (mais aussi aux Etats-Unis et aux pays asiatiques) de ne plus verser de subventions pour le développement des flottes de pêche, sauf pour la destruction des navires, et de mettre un terme aux pratiques de pêche destructrices des habitats sensibles, comme le chalutage de fond. Selon Oceana, la flotte de ces pays devrait être réduite « d'au moins 50% ».
Pour la première fois, cette étude publiée début novembre dans la revue « Science » s'efforce de dresser un bilan de l'évolution à venir de la faune et de la flore du milieu marin. Les scientifiques estiment que 29 % des espèces marines sont d'ores et déjà en train de s'effondrer. Les modèles mathématiques des chercheurs révèlent que, si aucune mesure de restriction de pêche et de conservation n'est prise, les pêcheurs auront vidé en 2048 les océans de toutes les espèces consommées aujourd'hui. Et le rythme de disparition devrait s'accélérer avec la diminution progressive des espèces pêchées. En effet, en éliminant les poissons carnivores - les plus recherchés par l'homme - situés en haut de la chaîne trophique (chaîne alimentaire), la surpêche perturbe tout le système biologique et diminue sa productivité. (lc)