Bruxelles, 04/10/2006 (Agence Europe) - Eurydice, le réseau d'information sur l'éducation en Europe, a publié avec le soutien de la Commission européenne une étude sur l'enseignement des sciences dans les établissements scolaires européens. L'information, récoltée suite à un questionnaire commun distribué par les unités nationales d'Eurydice, porte sur l'année 2004/2005 et couvre les niveaux d'enseignement primaire et secondaire général. Il s'agit du premier rapport paneuropéen sur l'enseignement des sciences dans les 31 pays participant au réseau (les 25 Etats membres plus la Bulgarie, la Roumanie, la Turquie, la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein). Une étude particulièrement intéressante dans le sens où les sciences figurent parmi les huit compétences clés déterminées par la Commission pour définir les connaissances que tout Européen devrait avoir pour réussir sa vie professionnelle et sociale.
Dans ce rapport, Eurydice propose un état des lieux des réglementations existantes en matière d'enseignement des matières scientifiques dans les différents pays européens (formation des enseignants, programmes scolaires et évaluation des élèves). Trois grands traits caractéristiques ont été soulignés: 1) les raisonnements spontanés des élèves et les différences entre filles et garçons sont souvent pris en compte dans les réglementations de la formation initiale des enseignants : au niveau primaire, les enseignants sont généralistes et l'enseignement des sciences est intégré (sauf aux Pays-Bas). Au niveau secondaire, les enseignants sont le plus souvent spécialisés et l'enseignement est dispensé dans différentes matières différenciées (biologie, chimie, physique, etc.). La plupart des pays européens (sauf la République tchèque, la Grèce, l'Irlande et les Pays-Bas) réglementent, le plus souvent sous forme de lignes directrices ou standards de qualification, le contenu de la formation initiale des enseignants. La connaissance des programmes d'études et certaines compétences spécifiques aux sciences sont presque partout présentes dans le programme de formation des futurs enseignants, quel que soit le niveau éducatif concerné. Par ailleurs, trois éléments-clés ont été identifiés pour permettre aux élèves de construire une démarche scientifique: prise en compte des différences d'attitude et de centres d'intérêt entre filles et garçons ; importance de la familiarité de l'enseignant avec la mise en œuvre d'expérimentations complexes ; et nécessité de partir des conceptions et raisonnements spontanés des élèves (« sens commun »). Eurydice relève qu'une dizaine de systèmes éducatifs n'ont pas intégré l'une ou l'autre de ces dimensions dans leurs recommandations. Enfin, la plupart des pays requièrent une formation en sciences de la part des formateurs des futurs enseignants alors que deux tiers des systèmes éducatifs exigent des qualifications pédagogiques ; 2) l'initiation à la démarche scientifique dans toutes ses dimensions est intégrée dans les programmes d'études de nombreux pays : les activités exigeant un ensemble de savoir-faire, des connaissances complexes et les compétences de communication sont plus fréquentes au niveau du secondaire (proposer des protocoles expérimentaux et les discuter, vérifier expérimentalement une loi scientifique, etc.). L'utilisation des TIC (technologies de l'information et de la communication) est en outre recommandée presque partout au niveau du secondaire pour la saisie et la présentation de données ainsi que la recherche d'information ; 3) l'évaluation standardisée des élèves est une pratique qui se développe: elle existe dans 14 systèmes éducatifs et dans six d'entre eux, exclusivement au niveau secondaire. Aux deux niveaux éducatifs (primaire et secondaire), là où elle existe, l'évaluation standardisée porte systématiquement sur les connaissances des concepts et théories scientifiques et s'étend très souvent aux compétences pratiques et au raisonnement scientifique. Des débats et des réformes sur le développement de ce type d'évaluation sont en cours dans une dizaine de pays.
« Nous avons tous besoin de jeunes scientifiques capables d'innovation dans une société compétitive fondée sur la connaissance. Accroître le recrutement dans les filières scientifiques et techniques constitue l'un des objectifs que se sont fixés les ministres de l'éducation en 2001 dans le cadre de leur contribution au processus de Lisbonne », indique le commissaire Jan Figel, en charge de l'éducation, dans la préface. « Cette étude s'intègre pleinement dans le débat sur le développement de cet enseignement en Europe », ajoute-t-il. L'étude Eurydice est disponible en anglais, français et allemand sur le site http: //http://www.eurydice.org (il)