Strasbourg, 16/03/2006 (Agence Europe) - Le Parlement européen, en adoptant jeudi une résolution des groupes PPE-DE, PSE, ALDE, Verts/ALE et UEN, a salué la décision des Nations Unies de créer un Conseil des droits de l'Homme destiné à remplacer sa Commission des droits de l'Homme, et a demandé à tous les membres de l'ONU d'assurer que le Conseil sera réellement en mesure de protéger et promouvoir les droits de l'Homme, et à l'UE de jouer un rôle de chef de file dans ce nouvel organe.
L'Assemblée générale de l'ONU a approuvé mercredi à une majorité écrasante la création du Conseil des droits de l'Homme, malgré une forte opposition des Etats-Unis, mécontents de la structure du nouvel organe. En séance plénière à New York, 170 Etats membres ont voté pour la résolution, quatre contre (Etats-Unis, Israël, îles Marshall et Palau) et trois pays (Bélarus, Iran, Venezuela) se sont abstenus. Le projet crée un Conseil de 47 Etats membres élus à bulletins secrets et à la majorité absolue de l'Assemblée générale (et non plus désignés comme avant par chaque groupe régional). Washington insistait sur un organe restreint aux membres élus à la majorité des deux tiers. Le nouveau Conseil se réunira plus souvent (au moins trois fois par an pour dix semaines et non plus seulement pour six semaines au printemps, comme c'est le cas pour la Commission des droits de l'Homme à Genève) et créera un système pour revoir régulièrement l'état des droits de l'Homme dans chaque pays. L'Assemblée générale pourra, par un vote aux 2/3, suspendre un membre qui commettrait d'importantes violations.
Dans sa résolution, le Parlement européen invite les Etats membres de l'ONU à veiller à élire comme membres du Conseil des droits de l'Homme des pays présentant les normes les plus rigoureuses en matière de droits de l'Homme, et demande à l'UE d'insister pour que les candidatures soient présentées trente jours au moins avant l'élection, afin de permettre un contrôle public des engagements et du bilan de ces pays en ce qui concerne le respect des droits humains. L'élection des membres du nouveau Conseil aura lieu le 9 mai prochain et sa première réunion se tiendra le 19 juin.
Quant à la 62ème session de la Commission des droits de l'Homme à Genève, le Parlement souligne qu'il doit s'agir d'une session de transition, consacrée à la procédure et abrégée, mais que la Commission devrait néanmoins s'acquitter de son mandat en matière de protection des droits humains dans le monde, et qu'elle devrait en particulier examiner le rapport du Secrétaire général de l'ONU sur la coopération avec les représentants des organismes des Nations Unies chargés des droits de l'Homme et veiller au renouvellement des mandats qui viennent à expiration, notamment celui du représentant spécial du Secrétaire général chargé des défenseurs des droits de l'Homme.
Le Haut représentant de l'UE pour la Pesc, Javier Solana, s'est félicité de la décision de l'Assemblée générale de l'ONU. « La création du Conseil est essentielle pour renforcer davantage la machinerie des droits de l'Homme des Nations Unies. C'est aussi un pas important en avant dans le processus de réforme de l'ONU », a-t-il dit dans une déclaration. L'essentiel est maintenant de « faire fonctionner » ce nouvel organe, a souligné M.Solana. Au nom de la présidence de l'UE, la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Ursula Plassnik, a parlé d'un « grand succès pour l'Union européenne ». Le nouveau Conseil des droits de l'Homme, même s'il ne correspond pas entièrement aux espoirs initiaux de l'UE, « a le potentiel d'empêcher des tragédies comme celles de Srebrenica et du Rwanda », a-t-elle affirmé.