Strasbourg, 16/03/2006 (Agence Europe) - A l'initiative d'Emine Bozkurt (PSE, Néerlandaise), Claude Moraes (PSE, Britannique), Christopher Heaton-Harris (PPE-DE, Britannique), Cem Özdemir (Verts, Allemand) et Alexander Nuño Alvaro (ADLE, Allemand), le Parlement européen a adopté mardi à une large majorité une résolution sur la lutte contre le racisme dans le football, condamnant toute forme de xénophobie tant sur le terrain qu'en dehors. Les députés rappellent, suite à des incidents racistes intervenus récemment lors de matchs en Europe, que l'un des objectifs de l'Union européenne, stipulés dans le Traité, concerne la protection contre la discrimination fondée sur l'origine ethnique et la nationalité. « Les joueurs de football, comme les autres travailleurs, ont le droit de travailler dans un environnement sans racisme », soulignent les députés européens, en évoquant la jurisprudence de la Cour de justice européenne. Ils saluent, par la même occasion, « l'excellent travail » accompli par l'UEFA et le réseau FARE (Footballl Against Racism) et invitent tous ceux qui jouissent d'une forte notoriété dans le monde du football à s'exprimer régulièrement contre le racisme, à l'instar du défenseur du Manchester United, Rio Ferdinand, qui a manifesté son soutien à l'initiative. Les députés demandent aux fédérations et organisations sportives, mais aussi aux groupes de supporters de mettre en œuvre les bonnes pratiques de l'UEFA et d'interrompre les matches, en cas d'actes racistes graves. Selon les députés, il faut envisager des sanctions pour les fédérations nationales et les clubs dont les supporters ou les joueurs commettent de tels actes, y compris la possibilité d'exclure les récidivistes des compétitions.
Lors d'une conférence de presse, mardi soir, Emine Bozkurt a constaté que ce texte avait obtenu 423 signatures, le nombre le plus élevé jamais obtenu lors d'une initiative de ce type: il s'agit maintenant d'une résolution officielle du Parlement, et la balle est dans le camp du secteur du football, a-t-elle lancé. Le racisme dans le sport est « un crime avec des millions de témoins », a renchéri la sociale-démocrate néerlandaise qui, tout en estimant que la Coupe du monde de football en Allemagne sera « un test », a dit vouloir « célébrer ce premier but ». Elle a remis une coupe au Président Borrell, qui a salué l'initiative des députés. Si nous avions la Constitution européenne, nous pourrions faire davantage, parce qu'elle donne plus de compétences de l'UE dans le sport, mais nous pouvons travailler même sans Constitution (en particulier, il a rappelé qu'il y a déjà une directive de l'UE contre la discrimination raciale). La déclaration du Parlement n'est pas une simple affirmation de valeurs, mais elle suggère des mesures concrètes, a noté Josep Borrell. Le directeur « communications » de l'UEFA, William Gaillard, a estimé que le football peut apporter une contribution positive à l'UE, en rappelant que l'UEFA avait interdit à un important club roumain, le Steana Bucarest, de jouer sur son propre stade à cause de ses proclamations antisémites et anti-Roma, et que, il y a quelques jours, le parlement roumain a adopté une loi contre le racisme. L'ancien champion Paul Elliott du Chelsea a jugé « historique » l'adoption de ce texte, en plaidant pour la « tolérance zéro » face aux crimes racistes: le racisme, a-t-il dit, est le plus sérieux problème du football aujourd'hui.