Bruxelles, 16/03/2006 (Agence Europe) - La célébration de la journée mondiale des consommateurs, le 15 mars, a fourni l'occasion à Markos Kyprianou, Commissaire européen à la politique de la santé et la protection des consommateurs, de rappeler les priorités d'action de la Commission en faveur des consommateurs, à savoir revoir l'acquis communautaire pour le rendre plus cohérent et passer de la protection des consommateurs au renforcement de l'exercice de leurs droits, ce qui suppose l'amélioration de la connaissance qu'ils en ont pour en faire meilleur usage. Dans une déclaration publiée mercredi, le Commissaire commente: « On compte à présent 450 millions de consommateurs en Europe. Leurs dépenses représentent plus de la moitié du PIB de l'UE. Ils sont un facteur clé pour la croissance économique et la création d'emplois. Et pourtant on constate partout dans l'UE un manque de confiance de leur part à l'égard des transactions transfrontalières. Il importe qu'un solide cadre législatif soit complété par une information et une éducation plus poussées ».
Interrogé par la presse sur les inquiétudes du Bureau européen des Unions de consommateurs (BEUC) selon qui les coupes sombres prévues dans les perspectives financières de l'UE réduiraient par quatre les montants affectés à la politique des consommateurs, le porte-parole de M. Kyprianou a répondu: « Nous sommes conscients de ces critiques. La Commission européenne a écrit au Parlement pour demander des fonds additionnels pour deux secteurs: la santé et la protection des consommateurs, et l'éducation, afin que l'autorité budgétaire en tienne compte dans les discussions sur les perspectives financières ».
Sachant que la commission de l'environnement du Parlement européen se prononcera en deuxième lecture, le 21 mars, sur la proposition de règlement relatif aux allégations nutritionnelles et de santé se rapportant aux aliments, le BEUC a choisi la journée du 15 mars pour remettre au Commissaire Kyprianou son « Livre noir sur les allégations de santé », qui dénonce les innombrables allégations commerciales fantaisistes et trompeuses qu'arborent les aliments pour vanter leurs vertus supposées pour la santé. Par cette initiative, le BEUC entend encourager le Commissaire Kyprianou à rester ferme dans la défense du concept de profil nutritionnel des aliments et de la procédure d'autorisation des allégations, et inciter les eurodéputés à rétablir dans le texte « ces deux éléments essentiels », que le Parlement avait biffés lors de son vote en première lecture en mai 2005 (EUROPE n°8941).
« Une étude du BEUC montre que plus de 70% des consommateurs souhaitent suivre un régime alimentaire sain, et la plupart d'entre eux se fient aux allégations commerciales lorsqu'ils choisissent leurs aliments. Les consommateurs considèrent les allégations comme un moyen simple, fiable et rapide d'identifier les aliments sains. Malheureusement, les allégations ne sont pas un bon guide pour de meilleurs choix, notamment parce qu'elles ont tendance à se focaliser sur un seul aspect du produit (…). Si la proposition était adoptée sans profils nutritionnels, un yaourt « sans matières grasses » pourrait encore être promu comme tel, même s'il contenait 100 grammes de sucre », souligne le BEUC.