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Bulletin Quotidien Europe N° 9153
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/reunion ministerielle gymnich

Pour certains députés, le message de Salzbourg aux Balkans n'était pas assez encourageant, ce qu'Ursula Plassnik nie - Appels à poursuivre l'effort diplomatique avec l'Iran

Strasbourg, 16/03/2006 (Agence Europe) - Le message donné aux pays des Balkans dans la Déclaration de Salzbourg à l'issue de la rencontre ministérielle de type Gymnich le week-end dernier (voir EUROPE N.9150) était mercredi après-midi au centre du débat du Parlement européen sur cette réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE. La Présidente du Conseil Ursula Plassnik a lancé à ceux qui parlent de « lassitude de l'élargissement »: à Salzbourg, nous avons donné à ces pays « un message d'espoir et d'optimisme (…). Nous voulons continuer à avancer pas par pas, thème par thème, solution par solution ». Et elle a décrit aussi le « moment particulièrement symbolique » lorsque, « réunis tous ensemble autour de la même table », ministres des Affaires étrangères de l'UE et des pays des Balkans ont évoqué les conséquences de la mort de Slobodan Milosevic: c'était important de savoir, en ce moment précis, que nous pouvons travailler ensemble, a-t-elle estimé. A Salzbourg, pour la première fois, le président de la commission des Affaires étrangères du PE, Elmar Brok, a participé à nos travaux, a tenu à rappeler la Présidente du Conseil. Au cours du débat, cependant, plusieurs députés se sont dits déçus de la Déclaration de Salzbourg, et Mme Plassnik les a exhortés à la lire attentivement. L'Europe ne sera pas plus forte si elle éloigne la perspective d'adhésion des pays des Balkans, a prévenu le social-démocrate autrichien Hannes Swoboda, pour qui le mot d'ordre du jour pour certains, la « capacité d'absorption » de l'UE elle-même, signifie que l'Europe doit se préparer elle aussi à de nouveaux élargissements (en travaillant, par exemple sur la Constitution et les perspectives financières). Pour la libérale belge Annemie Neyts-Uyttebroeck, la Déclaration de Salzbourg est « faible » et « décevante », pour la verte allemande Angelika Beer, elle n'est qu'un « faible compromis ». En anticipant sur le débat du rapport Brok sur l'élargissement (voir autre nouvelle), la verte allemande a lancé à son collègue: vous parlez d'une « troisième voix, le colonel Kadhafi en parlait aussi, et on connaît les résultats ». L'élu de la CSU Bernd Posselt, au contraire, a félicité Ursula Plassnik pour avoir eu le courage de débattre des frontières de l'Europele silence, c'est la pire des choses, car il alimente la méfiance », a commenté la ministre autrichienne des Affaires étrangères). Les élus de l'UMP, a indiqué Margie Sudre (PPE-DE, française), partagent la vision selon laquelle sans les Balkans, l'unité européenne n'est pas achevée, mais ils estiment que les véritables problèmes doivent être posés, notamment celui de la capacité d'absorption de l'UE (elle a rappelé que la Constitution française prévoit dorénavant des référendums pour tous les élargissements, après ceux de Roumanie, Bulgarie et Croatie). Nous devons donner aux pays des Balkans « une perspective crédible d'adhésion, qui est le moteur des réformes », a répété le Commissaire Olli Rehn, en demandant à l'UE de ne pas « enlever de la main gauche ce qu'elle a donné de la droite ». M. Rehn a rappelé qu'à Salzbourg il avait présenté les idées de la Commission concernant notamment la conclusion d'un accord commercial remplaçant « le patchwork d'accords bilatéraux », « l'européisation de la prochaine ou de l'actuelle génération » aux Balkans, notamment en ouvrant l'Europe aux chercheurs et aux étudiants (Mme Plassnik a relevé le travail que devront faire les ministres de l'Intérieur en matière de visas). Quant au Kosovo, il a exhorté à la « patience et à la détermination ».

A propos de la situation en Palestine après l'assaut à la prison de Jéricho et les prises d'otages qui ont suivi (voir EUROPE n° 9152), Mme Plassnik s'est limitée à dire que la Présidence a appelé les deux parties à la « retenue »: ils devront maintenant voir quelles sont les conséquences de leurs actes, a-t-elle remarqué. Et elle a aussi averti que l'aide humanitaire aux Palestiniens peut être délivrée seulement dans un « environnement pacifique ». Hier à Vienne, j'ai rencontré le Président Abbas (avant que la situation sur le terrain ne dégénère: NDLR) et je lui ai confirmé notre soutien, a-t-elle noté. Elmar Brok (CDU) a demandé que le « dialogue des cultures » se concrétise réellement, pour empêcher aux fondamentalistes d'étouffer les modérés, et Hannes Swoboda a mis en garde: « Le Hamas doit reconnaître la réalité », mais nous ne devons pas donner de « chèque en blanc à la violence de la part d'Israël ». Le social-démocrate autrichien a aussi invité l'UE et les Etats-Unis à convenir une position plus cohérente sur le nucléaire, mise à mal par le comportement contradictoire de Washington à l'égard de l'Iran et de l'Inde (lors du récent voyage du président Bush à New Delhi). L'Iran « n'est pas monolithique, c'est un des plus anciens pays du monde et est quelque chose de plus que son président », a enchaîné Bernd Posselt (PPE-DE, allemand).

Interrogée par Elmar Brok sur la mission que l'UE envisage au Congo en vue des prochaines élections, Ursula Plassnik a simplement indiqué que le Conseil continue d'examiner la question avec Javier Solana (la prochaine occasion sera le Conseil de lundi prochain: NDLR), en contact avec les autorités congolaises.

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