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Bulletin Quotidien Europe N° 9135
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/transports

La sécurité routière progresse mais demeure insuffisante pour réduire de moitié le nombre de tués sur les routes européennes d'ici à 2010

Bruxelles, 20/02/2006 (Agence Europe) - C'est un bilan en demi-teinte sur l'amélioration de la sécurité routière au sein de l'UE que la Commission européenne doit présenter mercredi. Si, globalement, la sécurité routière progresse sur le territoire communautaire, cette amélioration est insuffisante pour atteindre l'objectif que l'UE s'est fixé en 2001: réduire de moitié le nombre de tués sur les routes européennes d'ici 2010. Dans sa communication, qui dresse un bilan à mi-parcours du programme d'action européen de 2003 visant à améliorer la sécurité routière, la Commission ne fait pas de nouvelles propositions législatives. Mais elle indique qu'elle « étudiera des mesures complémentaires dans le cadre de la révision à mi-parcours du Livre blanc sur les transports », prévue fin avril, touchant tous les domaines: la sécurité des infrastructures routières, le comportement des conducteurs et la technologie des véhicules. Cette communication sera discutée lors de la réunion informelle des ministres des Transports de l'UE, les 2 et 3 mars à Bregenz.

Dans son Livre blanc publié en 2001, la Commission européenne s'était fixé comme objectif de réduire de moitié le nombre de tués sur les routes de l'UE, soit de passer de 50.000 à 25.000 à l'horizon 2010. Or, en 2005, quelque 41.600 tués ont été recensés, soit une réduction de 17,5% en quatre ans. A ce rythme, « l'Union pourrait encore compter 32 500 tués en 2010, et non pas 25.000 au maximum comme prévu ». Les données reprises par la Commission montrent des évolutions différentes en fonction des catégories d'usagers ou de véhicules: 1) le nombre de motocyclistes tués a augmenté de 5,6% entre 2000 et 2003, alors que le nombre total de tués sur les routes a diminué de 12%. La situation est particulièrement inquiétante en Italie, Belgique, Suède et au Royaume-Uni, où le nombre de motocyclistes tués sur les routes a augmenté respectivement de 40%, 39%, 21% et 15% ; 2) les jeunes de 18 à 25 ans représentent 21% de tous les tués en 2003 et 4/5 de ces tués sont des hommes ; 3) les cyclistes (2.000 tués) et les piétons (5.400 tués) sont particulièrement vulnérables et, parmi ces derniers, les plus de 65 ans représentent environ 27% de l'ensemble des tués ; 4) les poids lourds sont impliqués dans seulement 6% des accidents, mais dans 16% des accidents mortels. En revanche, l'implication des poids lourds dans les accidents diminue plus rapidement que le nombre d'accidents en général ; 5) les accidents hors agglomération sont les plus graves: ne représentent que 28% de l'ensemble des accidents, mais 60% victimes de la route. Les accidents en agglomération représentent 67% de l'ensemble des accidents et 31% des victimes. Les proportions sont de 5% des accidents et 9% des tués pour les autoroutes. La communication note que la performance des nouveaux Etats membres en matière de sécurité routière « est moins bonne que la situation moyenne de l'Union d'avant 2004 ». Il existe toutefois de grandes disparités entre les 25: le nombre annuel de victimes par million d'habitants varie de 50 à 60 (Malte, Pays-Bas, Suède et Royaume-Uni) à plus de 200 (Lettonie et Lituanie) alors que la moyenne de l'UE à 25 est de 95. En termes d'évolution du nombre de tués depuis 2001, onze États ont connu une réduction plus rapide que la moyenne (Danemark, Allemagne, Estonie, Espagne, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Autriche, Portugal, Suède), six des progrès limités (Belgique, Grèce, Lettonie, Slovaquie, Finlande, Royaume-Uni) ; cinq de faibles progrès (République tchèque, Irlande, Hongrie, Pologne, Slovénie), et la situation s'est détériorée en Lituanie, à Chypre et à Malte.

De nombreuses mesures ont été prises pour améliorer la sécurité routière allant de la législation à des soutiens à la recherche, en passant par des campagnes de sensibilisation. Mais des améliorations sont nécessaires notamment pour mettre fin à l'impunité des mauvais conducteurs. Actuellement, « un grand nombre d'infractions routières commises par des non-résidents ne donne pas lieu à poursuite en raison du manque de coopération systématique entre les autorités administratives et policières » des États membres, indique la Commission pour qui cela « montre que même les meilleurs résultats souffrent de lacunes en l'absence de coopération transnationale sur le contrôle et les sanctions. La dimension européenne de ce problème est évidente, et il faudra s'y attaquer ». Il y a aussi « un potentiel d'amélioration de la protection des usagers vulnérables en cas de collision avec un véhicule à moteur ». Même chose pour la sécurité des infrastructures où « l'acquis législatif est pour le moment limité à la directive 2004/54/CE, qui fait suite notamment aux incendies graves des tunnels du Mont Blanc, du Tauern et du Saint Gothard en 1999 et 2001 ». Des initiatives doivent être prises aussi pour améliorer la sécurité des motocyclistes et cyclomotoristes car, au vu de la tendance actuelle, « il n'est pas impossible d'observer en 2010 le phénomène suivant: le nombre de tués sur les routes aura été divisé par deux, mais un tué sur trois sera un motard, au lieu d'un sur six aujourd'hui ». C'est pourquoi l'industrie devrait prendre d'autres initiatives, notamment en matière de développement technologique. Quant à la règle imposant le port obligatoire du casque pour tous les deux roues motorisées, son respect « demeure un sujet de préoccupation ».

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