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Bulletin Quotidien Europe N° 9135
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/iran

Téhéran ne cherche pas à fabriquer l'arme nucléaire, mais revendique le droit à l'utilisation civile de la technologie nucléaire, affirme M. Mottaki à Bruxelles - « Les activités de recherche nucléaire se poursuivront »

Bruxelles, 20/02/2006 (Agence Europe) - Le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a réitéré le 20 février à Bruxelles que l'Iran est prêt à coopérer avec l'UE (notamment par le biais de l'UE-3) pour trouver une solution diplomatique au problème nucléaire iranien, mais seulement si les Européens changent leur position et reconnaissent le droit de Téhéran à développer la technologie nucléaire à des fins exclusivement civiles et économiques. M. Mottaki était à Bruxelles pour des entretiens avec le Haut Représentant pour la Pesc, Javier Solana, la Commissaire aux relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, et le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht. Lundi soir, le ministre iranien devait parler devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen (EUROPE y reviendra).

L'Iran ne cherche pas à obtenir l'arme nucléaire mais exige d'avoir le droit, « comme tout autre pays », d'utiliser la technologie nucléaire à des fins purement civiles et pacifiques, a déclaré M. Mottaki lors d'une conférence de presse à l'ambassade iranienne. Pour rassurer tout le monde sur ses « intentions pacifiques », l'Iran est prêt à accepter « toute forme de contrôle international sur son territoire », y compris par l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA), afin de garantir que rien ne puisse être détourné vers une utilisation militaire. « Si nos amis européens acceptent le droit de l'Iran au nucléaire civil, nous sommes disposés à voir comment cela pourra être contrôlé », a dit le ministre. La proposition de Moscou, soutenue par l'UE-3, de délocaliser les activités iraniennes d'enrichissement d'uranium vers la Russie, est une idée qui vaut la peine d'être examinée, mais deux éléments devront d'abord être clarifiés, indique M. Mottaki: le calendrier (durée) du projet et le(s) lieu(x) où l'enrichissement devrait avoir lieu en Russie. Des pourparlers directs entre Russes et Iraniens se sont d'ailleurs tenus le 20 février à Moscou à ce propos, et M. Mottaki s'est montré optimiste sur la possibilité de parvenir à un compromis, à condition cependant que l'on permette à Téhéran de poursuivre ses activités de recherche nucléaire civile à l'intérieur de ses frontières. « Les activités de recherche (en Iran) se poursuivront, mais nous sommes prêts à négocier toute forme de compromis » sur l'enrichissement de l'uranium en Russie, a-t-il précisé. « Si les autres parties, y compris l'UE-3, acceptent cela, alors nous avons une chance d'aboutir à quelque chose » dans ces négociations, a estimé M. Mottaki. La porte-parole de la Commissaire Ferrero-Waldner a dit à la presse que l'UE peut envisager une solution négociée, mais seulement si l'Iran suspend à nouveau ses activités de recherche (ce qui, selon M. Mottaki, ne sera pas le cas). « Un compromis est une chose souhaitable, mais on ne peut parvenir à une telle solution que si on revient aux mesures mises en place par l'accord de Paris (de novembre 2004), au moratoire pour l'enrichissement de l'uranium », a-t-elle précisé. Un nouveau moratoire permettrait de rétablir « la confiance et de reprendre le dialogue que nous souhaitons », a-t-elle ajouté.

La crainte de voir l'Iran développer l'arme nucléaire est complètement injustifiée, a insisté
M. Mottaki. « En raison de nos croyances religieuses, nous nous sommes engagés à ne pas essayer d'obtenir l'arme nucléaire. L'arme nucléaire ne fait pas partie de la doctrine de défense de l'Iran. Cependant, nous voulons avoir le droit de posséder et de développer des technologies nucléaires à des fins pacifiques », a souligné M. Mottaki. Tous les pays européens ont le droit d'utiliser la technologie et la recherche nucléaire pour soutenir leur développement économique, pourquoi pas l'Iran ? s'est interrogé le ministre, en faisant valoir: « Nous ne pouvons pas accepter cette approche discriminatoire ». M. Mottaki a beaucoup insisté sur la nécessité de créer une relation de confiance entre l'Iran et l'Europe. « L'Iran a toujours respecté ses engagements, en particulier vis-à-vis de l'Europe », a-t-il noté. La coopération de l'Iran avec l'AIEA, elle aussi, a toujours été « correcte et honnête », et l'Iran s'est engagé à la poursuivre, a-t-il assuré, en remarquant: « Nous avons accepté plus de 1 400 inspecteurs qui ont visité plusieurs sites en Iran. Nous avons transmis à Vienne (au siège de l'AIEA) un document de plus de 1 000 pages sur nos activités nucléaires. Dans aucun des rapports de l'AIEA, il y a une preuve ou même une indication que l'Iran a détourné des éléments de son programme nucléaire pacifique vers des activités militaires ».

M. Mottaki a aussi été interrogé sur l'affaire des caricatures du prophète Mahomet. « Nous devrions essayer de calmer le jeu. Nous ne soutenons aucune forme de violence », a-t-il affirmé, soulignant que la liberté d'expression doit être exercée avec sensibilité et respect des valeurs et des croyances des autres peuples et pays. « Nous sommes confrontés (...) à des musulmans en colère » dans l'ensemble du monde, « nous devons faire de notre mieux pour prévenir toute violence. C'est ce que nous tentons de faire en Iran », a-t-il assuré.

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