Vienne, 20/02/2006 (Agence Europe) - Ouvrant lundi matin les travaux de la conférence de Vienne sur la recherche en matière de sécurité (Security Research Conference, SRC'06) qui réunit les 20 et 21 février plus de 1000 représentants des gouvernements des Etats membres, de l'industrie et de la recherche en Europe pour discuter des défis que l'Union doit relever dans les secteurs de la recherche et des nouvelles technologies face aux nouvelles menaces à la sécurité, le ministre autrichien des Transports et de l'Innovation et Président du Conseil de l'UE, Hubert Gorbach et le Commissaire à l'Industrie Günter Verheugen ont souligné la nécessité de renforcer la coopération entre les Etats membres pour répondre aux besoins des citoyens en matière de sécurité. « Les dates du 11 septembre (2001) et du 11 mars (2004), le Tsunami (fin décembre 2004) et le ravage de la Nouvelle-Orléans (août 2005) ont marqué nos consciences de manière indélébile. Ces événements demandent une gestion efficace des crises. Qu'ils soient volontaires - attentats terroristes - ou non - catastrophes naturelles - ces événements représentent une menace pour nos citoyens qui attendent aujourd'hui davantage de la part des décideurs politiques en matière de sécurité. Or, des menaces transfrontalières exigent des réponses transfrontalières », a souligné Hubert Gorbach avant d'évoquer les attentes de la Présidence autrichienne concernant la SRC'06. La présidence, a-t-il dit, veut: - donner « un signal politique clair » que l'Union prend au sérieux les préoccupations légitimes de ses citoyens en matière de sécurité, et que la recherche et la technologie constituent une base essentielle pour étayer une politique européenne de sécurité ; - renforcer le dialogue entre les « utilisateurs » des résultats de la recherche en sécurité (les administrations en particulier, qui sont responsables de la sécurité de leurs citoyens) et les chercheurs, qui doivent être mieux informés des exigences des « utilisateurs » ; - contribuer au débat sur les priorités à établir au niveau communautaire en matière de recherche dans le contexte du 7ème programme cadre pour la recherche-développement (PCRD) ; - renforcer la coopération en matière de recherche et sécurité pour atteindre des masses critiques et des synergies à l'échelle communautaire ; - construire une communauté d'intérêts entre la recherche, l'industrie, les administrations et les opérateurs infrastructurels via une discussion continue, afin d'obtenir la meilleure allocation des ressources à affecter aux projets visant la sécurité des citoyens. « Nous devons trouver des réponses politiques à des problèmes politiques, et la recherche et la technologie peuvent contribuer à trouver de bonnes réponses », a conclu le vice-chancelier autrichien.
« Face à la criminalité organisée - traite de personnes, trafic d'armes - et au terrorisme international, il faut faire tout ce qui est en notre pouvoir pour rejeter les menaces et assurer la coexistence pacifique de nos citoyens », a renchéri le vice-président de la Commission européenne, Günter Verheugen, avertissant que, « seul, aucun pays européen ne pourrait maîtriser une telle tâche ». « Lorsqu'il s'agit de défendre notre sécurité intérieure face à des menaces extérieures, il faut trouver le juste équilibre entre recherche de sécurité et liberté des individus », a-t-il mis en garde. Selon lui, en termes technologiques, l'Europe serait capable de devenir « une forteresse » aboutissant à « une société totalement contrôlée », mais il faut en même temps « se demander comment accorder une sécurité totale aux citoyens sans menacer leur liberté individuelle ». « La recherche en matière de sécurité et ses résultats ne doivent être qu'un complément » de l'action politique, insiste M. Verheugen, pour qui l'Union doit « garantir que dans leurs efforts conjoints, gouvernements nationaux et institutions communautaires assurent une plus-value que, seul, aucun Etat membre ne pourrait produire ». Pour le Commissaire à l'Industrie, les Etats membres doivent donc, en priorité: - renforcer leur coopération douanière et la protection des moyens de communication et des infrastructures critiques ; - réaliser d'importants investissements pour assurer la sécurité de frontières extérieures de l'Union ; - donner la priorité à la recherche en matière de sécurité dans le cadre du 7ème PCRD. Dans ce contexte, M. Verheugen a notamment rappelé que la Commission avait initialement proposé une dotation financière de 250 millions d'euros pour la recherche en sécurité. « Mais il n'est pas tout à fait clair que se sera le budget dont sera finalement dotée la recherche en matière de sécurité, vu les coupes budgétaires dont a été victime le 7ème PCRD dans les négociations sur le budget de l'Union », a regretté M. Verheugen avant de poursuivre: « s'il y a consensus pour dire que la recherche en matière de sécurité est une priorité, les gestes souvent ne suivent pas les paroles ». Pour M. Verheugen, ceux qui veulent faire des économies dans le budget de l'UE « se trompent » car, face à la demande croissante de sécurité émanant des citoyens, des dépenses au niveau national seront inévitables et coûteront encore plus cher aux gouvernements qui préfèrent faire cavalier seul. Donc, il faut « davantage de coopération pour éviter (…) les doublons », a insisté le Commissaire. Les « chevauchements et duplications inutiles » entre actions nationales et communautaires, voire de l'OTAN, en matière de sécurité ont été évoqués aussi par le président de la sous-commission
« Défense et sécurité » du Parlement européen, Karl von Wogau. M. Verheugen avertit: « La fragmentation dans la défense classique (…) ne doit pas se produire dans la recherche en matière de sécurité », étant donné l'importance de ce secteur pour une politique industrielle moderne de l'Union.
« La principale obligation de tout gouvernement est d'offrir le plus haut degré de sécurité à ses citoyens », a estimé quant à lui le coordinateur anti-terroriste de l'Union, Gijs de Vries, en appelant les Etats membres à « investir de manière coordonnée dans les moyens permettant de renforcer la coopération transfrontalière et la prévention d'actes terroristes ». « La menace du terrorisme n'est pas stable et évolue rapidement car les terroristes apprennent vite, s'adaptent aux stratégies des Etats et utilisent les TIC. Nous devons donc adapter la science et la recherche au service de la sécurité des citoyens », a insisté M. de Vries, en soulignant la nécessité d'attaquer « le mal à la racine », d'empêcher des terroristes à avoir accès à des matériaux dangereux et de renforcer la sécurité des infrastructures critiques et la coordination de la réponse à la menace terroriste. « De la prévention à la gestion, la recherche a un rôle à jouer. Les TIC, la biométrie peuvent nous aider », a poursuivi le coordinateur anti-terroriste de l'Union, avant d'insister sur l'importance d'une plus grande collaboration entre tous les acteurs participants à la recherche en sécurité - administrations, polices, secteur privé, centres de recherche universitaires. Et d'insister également sur la nécessité que la recherche en matière de sécurité dispose de fonds adéquats. « Des investissements importants sont essentiels pour assurer la sécurité de demain », a-t-il affirmé, avant de déplorer l'insuffisance du budget de 45 millions sur 3 ans (2004-2006) accordé à l'Action préparatoire pour la recherche et la sécurité (Preparatory Action for Security Research, action précédant le programme prévu en matière de recherche en sécurité dans le 7ème PCRD) qui a permis à la Commission européenne d'accepter seulement un nombre limité de projets parmi ceux qui ont été sélectionnés.