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Bulletin Quotidien Europe N° 9077
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/bce

Selon M. Juncker, la hausse des taux qui se profile ne s'impose pas

Bruxelles, 28/11/2005 (Agence Europe) - Après deux ans et demi de stabilité des taux dans la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) devrait décider cette semaine d'augmenter son principal taux directeur. Le Conseil des gouverneurs, qui se réunit jeudi prochain, devrait annoncer une hausse d'un quart de point du taux de refinancement, qui était maintenu à 2% depuis le 5 juin 2003.Un durcissement de la politique monétaire que la BCE a progressivement préparé depuis sa réunion d'Athènes, mais que son Président, Jean-Claude Trichet, n'envisage pas comme le début d'un cycle d'ajustements successifs à la hausse. Expliquant au Parlement européen, la semaine dernière, que le Conseil des gouverneurs était « prêt à prendre une décision pour augmenter modérément le niveau des taux », M. Trichet avait toutefois souligné que ce « ne serait pas une bonne hypothèse de considérer ex-ante que nous sommes au départ d'une série d'augmentations » (EUROPE n° 9072). En annonçant que la BCE reverra également ses prévisions d'inflation à la hausse, M. Trichet a justifié encore un peu plus la nécessité d'un ajustement monétaire pour répondre aux risques qui se profilent pour la stabilité des prix. Deux éléments poussent la BCE à agir: d'une part, le niveau de l'inflation (2,5%) qui est largement supérieur à la définition de la BCE de 2% par an, d'autre part le niveau élevé des liquidités dans la zone euro et le rythme du crédit qui alimente les prix de l'immobilier à la hausse dans certains pays. Difficile, dans ses conditions, d'imaginer que la BCE ne décide pas le 1er décembre ce qu'elle considère nécessaire pour remplir son mandat, même si le moment choisi pour une telle hausse ne paraît pas approprié pour bon nombre d'hommes politiques européens. Inquiets des répercussions pour la croissance de la zone euro, qui repart mais reste encore fragile, ils ne voient pas de justification à un tel frein, qu'ils jugent inopportun. Les effets de second tour sur les salaires ne sont pas manifestes et l'inflation sous-jacente (hors énergie, tabac, alcool et alimentation) n'est que de 1,5%, ont souligné à plusieurs reprises les ministres des Finances de la zone euro ou le Commissaire Almunia. Pour la BCE en revanche, c'est le niveau global de l'inflation qui compte ; en outre, elle estime que le prix du pétrole continuera d'être élevé. « L'impact des prix de l'énergie sur les prix globaux devrait durer plus longtemps que par le passé », avait déclaré M. Trichet devant la commission parlementaire des affaires économiques et monétaires.

Dans un entretien publié le 28 novembre par Le Figaro, Jean-Claude Juncker expose les vues de l'Eurogroupe, qu'il préside, sans remettre en cause l'indépendance de la BCE. « Au sein de l'Eurogroupe, nous pensons que cette hausse des taux ne s'impose pas », déclare-t-il, en expliquant que « nous n'observons pas de résurgence de l'inflation, ni d'effets de second tour, c'est-à-dire que la modération salariale prédomine et que le niveau des salaires ne sont pas affectés par la hausse des prix du pétrole ». Le moment d'une hausse n'est pas venu, car « nous faisons face à un manque de confiance des consommateurs et le fait de tirer dès aujourd'hui ce signal d'alarme monétaire risque d'entamer davantage cette confiance et peut apparaître comme prématuré », explique M. Juncker. Et d'ajouter que si la BCE ne peut pas résoudre ce problème de confiance, « elle partage néanmoins une responsabilité ». En tout état de cause, « ne dramatisons pas ce conflit », car « le fait que je n'applaudisse pas frénétiquement à la perspective d'une telle opération ne doit pas surprendre », insiste M. Juncker, qui attend de voir le résultat d'une hausse des taux. Dès lors, « si la BCE parvient à nous convaincre qu'une hausse des taux aura un impact imperceptible sur la croissance, nous ne critiquerons pas sa décision, dans le cas contraire, nous dirons notre mot », annonce-t-il. Soulignant que la BCE a « conduit jusqu'à présent une politique monétaire adéquate », M. Juncker rappelle qu'il a « toujours été soucieux de l'indépendance de la Banque », en particulier lorsqu'il a « défendu son statut lors des récentes négociations sur la Constitution européenne ». L'objectif premier de la BCE reste le maintien de la stabilité des prix, mais il faut « aussi prendre en compte les politiques économiques de la zone euro », prévient M. Juncker pour souligner l'importance du « dialogue vertueux » mais parfois « controversé » instauré entre la Banque et l'Eurogroupe.

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