Bruxelles, 28/11/2005 (Agence Europe) - La Présidence britannique envisagerait de réduire de près de 30 milliards d'euros la proposition de compromis présentée en juin dernier par la Présidence luxembourgeoise sur les perspectives financières 2007-2013. Dans la perspective d'un accord au Conseil européen des 15 et 16 décembre, la présidence présentera officiellement une proposition chiffrée de compromis avant le conclave des ministres des Affaires étrangères du 7 décembre. Les réductions proposées, selon certaines sources, concerneraient surtout les fonds structurels, mais aussi les dépenses agricoles, en augmentant (comme le suggère la Commission) le mécanisme de modulation qui permet de réduire les aides aux agriculteurs au profit des programmes de développement rural. Ces réductions permettraient en même temps d'éviter une hausse du chèque britannique (il risque de doubler vers 2010-2011 à situation inchangée) et de réduire les contributions de certains pays, dont les Pays-Bas et la Suède, qui se plaignent de verser trop au budget de l'UE. Le compromis prévoirait un budget total pour l'UE à 27 de 846 milliards d'euros en crédits d'engagements (2007-2013), soit 1,03% du revenu national brut (RNB) de l'UE. Le compromis, qui avait été rejeté au Conseil européen de juin dernier par Royaume-Uni, Pays-Bas, Suède, Finlande et Espagne, tablait sur 871,5 milliards d'euros de crédits d'engagements (1,06 % du RNB de l'UE), dont 309,6 milliards pour les fonds structurels et le Fonds de cohésion (soit 0,376 % du RNB de l'UE).
La Pologne a protesté contre les intentions de la Présidence britannique: « tous les nouveaux membres de l'UE ont d'énormes besoins (…). On a besoin d'investissements dans les infrastructures, l'innovation technique, l'éducation », a affirmé lundi la ministre du développement régional Grazyna Gesicka. Elle a ajouté que « couper ces fonds à la Pologne et à d'autres nouveaux membres serait une erreur pour l'ensemble de l'UE ». Selon elle, la Pologne « est capable de dépenser les 60 milliards d'euros qui lui étaient destinés dans la proposition luxembourgeoise ».
« Le plus urgent, c'est de parvenir à un accord en décembre », a commenté lundi le porte-parole de la Commission, Johannes Laitenberger, pour qui tout le monde « doit partager le fardeau », alors qu'il est « clair que ce ne sont pas ceux qui sont le plus dans le besoin qui doivent faire les plus gros sacrifices ».
Après s'être entretenu dimanche soir (en marge du Sommet EuroMed) avec le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, Tony Blair a prévu de se rendre jeudi à Tallinn pour y rencontrer ses homologues des trois pays baltes et vendredi à Budapest pour des discussions avec les Premiers ministres des pays du groupe informel de Visegrad: Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie.